Jacques Giron nous a quitté

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Notre Camarade et Ami Jacques Giron nous a quittés à 77 ans, 54 ans jour pour jour après le début de la grève générale du 13 mai 1968 dans laquelle il a eu un rôle actif.

La CGT du CHU de Toulouse s’associe à la douleur de sa famille, de ses proches et de toutes celles et ceux qui se sont reconnus dans les combats qu’il a menés.

Infatigable adhérent et militant de la CGT, il n’aura rien lâché et n’aura pas cédé à la pression du « ça te passera avec l’âge ».

Jacques n’a jamais renoncé à ses engagements de jeunesse débutés dans les années soixante en tant que défenseur passionné de la Santé Publique et de la Sécurité Sociale comme étudiant en médecine puis en tant que médecin radiologue.

Il est l’auteur déjà dans les années 1970 d’un ouvrage « la médecine confisquée » et s’engagera dans le MLAC (Mouvement pour la Liberté l’Avortement et la Contraception) et pratiquera les premiers avortements militants en sa qualité de médecin.

Son engagement internationaliste est aussi exemplaire, parcourant l’Amérique Latine et surtout en souhaitant aider les militants de l’Etat Espagnol sous Franco, il a été emprisonné avec deux autres camarades, grâce à un grand mouvement de solidarité qui a largement circulé au CHU de Toulouse organisé par à nos camarades de l’époque, il a pu être libéré.

Même militant acharné, il a consacré beaucoup de son temps à faire évoluer la pratique de la radiologie thoracique, à enseigner à la faculté de médecine comme à l’école de manipulateurs en radiologie, profession qu’il a toujours défendu face à la direction du CHU ou face à des collègues condescendants envers les « ouvriers de la radiologie ».

En 1995, après la victoire de la grève générale, son militantisme va reprendre de l’ampleur, il a toujours prôné depuis un syndicalisme unitaire avec les syndicats qui sont prêts à ne rien lâcher face à « l’air du temps ». Nous tâcherons de toujours être à la hauteur de ces pratiques.

Jacques était franchement « ouvrieriste » mais critique des dérives productivistes qui peuvent exister dans le syndicalisme et il nous poussait régulièrement à réfléchir aux revendications écologistes notamment pour la réduction du temps de travail et contre le nucléaire, cause pour laquelle il était investi également dans le réseau Sortir du Nucléaire.

Il s’emploiera à imposer une médecine publique débarrassée de tout profit et à la mise en place de politiques de santé publique sur les conditions de vie et de travail des salariés.

Radiologue spécialiste en radiologie thoracique, il faisait le lien entre ses préoccupations scientifiques et les aspects politiques de la médecine si essentielles en ces temps, notamment sur l’amiante qu’il a contribué à faire interdire et à faire reconnaître la responsabilité patronale de ce scandale sanitaire.

Ayant acquis une renommée nationale sur cette problématique, il sera de toutes les luttes pour la défense de toutes les victimes notamment dans l’Association Nationale Des Victimes de Amiante (ANDEVA).

II refusera toute sa vie, comme quelques-uns de ses collègues de s’inscrire et de souscrire à l’ordre des médecins dans le Cadre de l’UNANDOR. L’ordre des médecins créée sous Pétain en 1940. Il a toujours combattu une médecine antisociale, antidémocratique, sexiste et totalement corrompue par les laboratoires pharmaceutiques.

Dans les années 2000, Il fut l’un des fondateurs du comité de défense de l’Hôpital Public en Haute Garonne et participera activement à la structuration des comités de défense au niveau national. Il a activement participé à la promotion de la Sécurité Sociale et du Salaire Socialisé en participant activement aussi au Réseau Salariat avec notre Camarade Bernard Friot qui nous confiait dernièrement que toute son aventure avait commencé à Toulouse quand nous l’avons invité…

Dans le cadre du comité de défense on peut lui dire un grand merci dans le maintien des soins sur La Grave et sur le maintien de deux services d’urgences sur Toulouse.

Dernièrement, même affaibli notamment depuis le décès de Janine sa compagne, il a continué à soutenir les luttes hospitalières et continuait à s’investir dans la formation des nouveaux adhérents du syndicat, il était un excellent formateur et passeur.

Salut Camarade et merci pour tout,

Tes interventions, ta fougue et aussi tes colères mémorables font encore vibrer les murs de nos locaux et toujours encore nos coeurs.

Ton histoire est la nôtre, ton départ est notre tristesse,

On continu le combat, jusqu’au bout.

Jacques Giron “Presente, Presente, Presente !“.

Ses obsèques auront lieu jeudi 19 mai 14h30 au crématorium de Cornebarrieu.


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