Pocket

LETTRE OUVERTE DU SYNDICAT CGT CONCERNANT L’ACCES AUX SOINS AU CHU DE TOULOUSE

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Ministre des solidarités et de la santé,

Monsieur le Directeur de l’Ars,

Monsieur le Président du Conseil de Surveillance,

Monsieur le Directeur Général du CHUT,

Monsieur le Président de la CME du CHUT,

Monsieur le Président du CCM du CHU de Rangueil,

Monsieur le Conseiller Départemental,

Nous souhaitons vous faire part de notre indignation concernant la gestion de l’accès aux soins pour les patients du CHUT, nommément sur le site de Rangueil ce matin.

Ce jour mercredi 15 septembre 2021, une patiente (religieuse de son état) de 87 ans, handicapée, s’est présentée dans le hall principal de l’hôpital Rangueil, elle avait RV en cardiologie à 9h20, elle avait oublié son QR code, elle était vaccinée. L’étudiante habilitée par le CHUT pour contrôler l’accès a appliqué stricto sensu la procédure qui lui a été demandée, sans discernement : contrôle des QR codes, appel du médecin consulté pour valider un accès sans QR code, orientation vers le Shelter mis en place pour réaliser les tests antigéniques avant accès aux soins si nécessaire ou refus d’accès au CHUT.

Pour information, tous les accès ne sont pas contrôlés, l’entrée du H2 est régulièrement dépourvue de contrôle (ce qui était encore le cas ce matin) et aucun contrôle n’est organisé à l’IUCT, les contrôles peuvent être suspendus durant les temps de pause.

Devant le refus du cardiologue d’accepter l’accès aux soins sans passe sanitaire valide (sans doute que l’étudiante n’étant pas formée aux métiers du soin ne lui a pas donné les éléments pour apprécier la situation), il lui a été demandé d’aller faire un test antigénique. Pour information, le Shelter mis en place sur le site de Rangueil pour réaliser ces tests est situé à environ 200 m de l’entrée, avec une pente extrêmement raide pour y accéder. Il n’est pas prévu dans leur protocole disent les personnels de venir en aide à un patient, fut-il vulnérable.

Heureusement dans notre établissement des agents hospitaliers n’ont pas oublié pourquoi ils avaient choisi de travailler dans une belle institution comme l’hôpital public et ont gardé leur humanité. Devant le désarroi de cette vieille dame en grande difficulté pour marcher, un agent technique l’a conduite, avec peut-être une problématique cardiaque, et sous une pluie diluvienne faire son test antigénique, l’a raccompagnée à l’entrée pour montrer patte blanche et la conduite dans le service de consultation tant elle était en difficulté pour se déplacer. A 11 heures ce matin elle attendait toujours d’être prise en charge, retard oblige, dans la salle d’attente.

Nous voulons dire combien nous sommes témoins de situations inédites dans une institution de soins depuis le début de la crise sanitaire en général et depuis la stigmatisation des non vaccinés en particulier, combien les hospitaliers perdent le sens de leurs actions dans la gestion incohérente d’une crise sanitaire mondiale, combien la destruction de l’hôpital public découvre un visage navrant des technocrates qui déroulent des décisions politiques hors sol, justes préoccupés de faire des parts de marché et d’asseoir des carrières politiques ou professionnelles.

L’hôpital public perd son âme, mesurons-nous ce que la privatisation d’un outil de santé publique aura comme conséquences sociales dans un contexte de crises virologiques encore à venir ?

Nous refusons le tri de patient dans un hôpital de public, chargé de prendre soins de la population et notamment des personnes vulnérables.

Nous vous demandons de faire cesser des procédures inhumaines dont la finalité reste à vérifier.

Nous vous adressons vos salutations les meilleures.

TOULOUSE, le 15 septembre 2021

Le syndicat CGT de RANGUEIL/LARREY

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.