Hotel Dieu de Paris : La direction « perd ses nerfs », la lutte persévère


Alors que la direction de 
l’AP-HP a ordonné en catimini le déménagement de plusieurs lits de l’hôpital parisien de l’Hotel-Dieu, 
la mobilisation des personnels, des usagers 
et des élus 
a fait échouer l’opération.

« C’est particulièrement choquant, un coup de force inacceptable  ! » Ian Brossat, président du groupe communiste et Parti de gauche au Conseil de Paris, ne décolère pas. Vendredi au petit matin, à l’initiative de la direction locale avec l’aval de la direction générale de l’AP-HP, une entreprise privée a été mandatée pour vider une unité de médecine interne de l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu. «  En recourant à une entreprise privée, en ne prévenant aucun des services opérationnels, en intervenant à 6 h 45 du matin, Mireille Faugère, directrice générale de l’AP-HP, agit à la manière des patrons voyous  », poursuit l’élu parisien. Un coup de force déjoué par ceux qui s’opposent depuis des mois à la fermeture des urgences hospitalières. Prévenu, le comité de soutien de l’Hôtel-Dieu a en effet mis en échec cette basse manœuvre. «  Le matin, à 7 heures, (nous avons) décidé de bloquer ce déménagement  : une cinquantaine de personnels, militants, usagers et élus ont empêché la société privée de vider cette unité  », rapporte le comité de soutien. Les seize lits du service de médecine interne de l’unité Saint-François, essentiels au fonctionnement du service des urgences, sont restés à leur place.

des méthodes honteuses

Vendredi, le comité de soutien et des représentants CGT de l’hôpital ont interpellé la direction locale de l’AP-HP, exigeant «  l’arrêt de tout déménagement ou de transfert de service ou d’unité d’hospitalisation de l’Hôtel-Dieu  », mais également «  le respect des directives ministérielles du 10 juillet  » dernier, date à laquelle Marisol Touraine, ministre de la Santé, a demandé le report sine die de la fermeture des urgences de l’hôpital parisien. La CGT et le comité de soutien ont réclamé en outre «  la réintégration du docteur Gérald Kerziek  », responsable des urgences de l’Hôtel-Dieu, farouchement opposé à leur démantèlement, licencié le mois dernier.

Couronnée de succès, la mobilisation de vendredi a une nouvelle fois sauvé les services de l’Hôtel-Dieu en obtenant non seulement la garantie de la direction du groupe hospitalier que l’unité Saint-François ne sera pas déménagée durant le mois d’août, mais également qu’aucune autre fermeture d’unité d’hospitalisation ne soit programmée d’ici à la rentrée. En ce qui concerne le docteur Gérald Kerziek, «  une “réflexion médicale” est en cours (…) en lien avec la direction générale  », annonce le comité de soutien. Ian Brossat, qui dénonce vivement des «  méthodes honteuses, révoltantes et inconscientes  », «  en pleine canicule et alors que les urgences de l’Hôtel-Dieu tournent déjà à plein régime  », en appelle, quant à lui, à «  un vrai débat national concernant l’avenir de cet hôpital  », le plus vieux de la capitale. Il demande, «  au nom des élus communistes et du Parti de gauche, au ministère, un moratoire, à effet immédiat, sur l’ensemble des restructurations et réorganisations en cours à l’Hôtel-Dieu  ».

Une bataille de gagnée mais pas la guerre, le comité de soutien promet de poursuivre son action et d’assurer «  une vigilance toute particulière cet été  ».

Marion d’Allard

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