Communiqué de presse

Les infirmières et aides-soignantes du service de néphrologie/transplantation d’organes de l’hôpital Rangueil disent NON aux conditions de travail qui leurs sont imposées dans le cadre de la réorganisation du service.

Comment soigner et respecter des patients quand on poste une infirmière et un aide soignant pour prendre en charge 12 patients chroniques et fragiles (au lieu de 8 actuellement) et 21 patients la nuit ? Pourquoi en arrivons-nous là ? La marchandisation de la santé selon une logique financière, qui désormais structure le soin à l’Hôpital, est néfaste à l’esprit du service public. Quels sont les privilèges des soignants qui travaillent dimanche et jours fériés compris ? 365 jours par an ? 24h sur 24h ? Quand les gouvernements nous impose de « réduire les déficits publics », ils nous imposent de réduire les moyens alloués à l’Hôpital Public.  Les personnels soignants veulent avoir les moyens financiers et surtout humains de soigner dignement.

La Direction est restée sourde à la demande d’effectifs supplémentaires des soignants ; ils seront donc en grève lundi 26 octobre 2015 pour protester contre les mesures d’austérité imposées à l’Hôpital Public pour faire entendre leur désarroi et leur colère. Dites non avec eux et soyez nombreux à les soutenir.

Un rassemblement est prévu ce lundi 26 octobre de 11h à 14h dans le hall de Rangueil.

 

«Libération» a eu accès à un texte confidentiel qui prévoit des économies drastiques, des coupes dans les effectifs, et accroît la centralisation.

C’est un document à usage confidentiel. Il répond au nom de «Kit de déploiement régional du plan Ondam à destination des ARS». C’est un plan opérationnel sur trois ans, distribué le mois dernier aux directeurs des agences régionales de santé (ARS), avec mention explicite : «diffusion restreinte». La semaine dernière, le magazine Challenges avait fait état d’une version de ce document qui aurait été débattu avec la ministre de la Santé, Marisol Touraine. En tout cas, voilà un plan global décliné en 69 pages, comportant une succession de tableaux et d’indicateurs de performance, avec un seul objectif : 10 milliards d’économie à l’horizon 2017. Et, dans ce lot, la part des restrictions pour l’hôpital tourne autour de 3 milliards d’euros.

Par Eric Favereau

L’hôpital devra se serrer la ceinture et réduire ses effectifs

Un bouleversement à venir ? Assurément. Et nul ne conteste la nécessité d’une forte évolution du paysage hospitalier. En France, il y a en effet beaucoup d’hôpitaux, voire trop, et ils coûtent cher. L’hôpital représente 45% des dépenses de santé. Avec près de 3 000 établissements, la France est un pays largement doté, avec 6 lits pour 1 000 habitants, le double de la Suède ou de la Grande-Bretagne. Ces hôpitaux sont en outre souvent mal localisés : trop pour les soins de courte durée, pas assez pour les handicapés et les personnes âgées. Et ils sont trop nombreux dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille.

Mais voilà, est-ce que ce «kit» du ministère de la Santé pour mener à bien cette révolution est la bonne façon de procéder ? «Des économies ? C’est possible», réagit Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France. Mais ce responsable, qui rassemble la totalité des hôpitaux de France élève aussitôt le ton : «On a le sentiment d’un double langage. La ministre nous avait promis que ce serait à chaque région, à chaqueétablissement de s’adapter. Et, là, on voit la technostructure du ministère qui prend le pouvoir.» Et d’enfoncer le clou : «Avec ce plan, on assiste à l’étatisation rampante du système hospitalier. Où est la ministre ?»

Pour agir sur la masse budgétaire des hôpitaux, les pouvoirs publics ont un levier fort : l’Ondam hospitalier (objectif national de dépenses de l’assurance maladie), qui fixe d’une année à l’autre l’augmentation des budgets des hôpitaux. Si rien n’est fait, le budget des hôpitaux augmente automatiquement de 2,9%, et cela en particulier avec les hausses automatiques de salaires. Là, l’objectif est clair : en 2015, l’Ondam sera de 2,1% en 2015, de 2% en 2016 et de 1,9% en 2017.

En conséquence, les budgets des hôpitaux vont baisser fortement de plusieurs centaines de millions d’euros. «Si les hôpitaux ne veulent pas augmenter leur déficit, ils doivent faire des économies. Et le premier poste, ce sont les salaires, la masse salariale représentant 65% des charges des établissements de santé, donc de l’emploi», explique sans faux-fuyant un ancien directeur des hôpitaux. Et on arrive à la question sensible de l’emploi. Le chiffre de 22 000 postes supprimés a été évoqué pour les trois années à venir dans les hôpitaux. Mais, voilà, le gouvernement ne veut pas assumer. Mercredi, la ministre de la Santé a assuré à l’Assemblée nationale que son plan de 3 milliards d’euros d’économies pour les hôpitaux d’ici à 2017 n’avait pas vocation à «baisser les effectifs hospitaliers».

Est-ce bien sûr ? Quand on regarde le détail du «kit», c’est pourtant clair : il est prévu 860 millions d’économies sur la masse salariale pour 2015-2017. Afin d’y arriver, il est proposé tout un ensemble d’indicateurs et de pistes, comme : «la mise à plat des protocoles ARTT, le réexamen des avantages extrastatutaires ou non conventionnels, l’optimisation des dépenses de personnel médical, la réduction des coûts liés à l’intérim médical». Les bonnes pratiques sont détaillées : «mettre en place des maquettes organisationnelles par unités en fonction de leur taille et procéder à une harmonisation au sein de l’établissement». Si cela ne veut pas dire… diminuer les effectifs !

L’avenir, c’est l’ambulatoire

Autre axe central de ces économies, la montée en puissance de l’ambulatoire. C’est devenu un refrain ; les hôpitaux de demain ne doivent plus être des lieux de séjour, le patient ne faisant plus que passer. Aujourd’hui, indéniablement l’hôpital public est en retard par rapport au privé dans cette évolution, bien des interventions chirurgicales ne nécessitant pas d’hospitalisations.

Mais la mise en musique de la montée en puissance de l’ambulatoire dans ce plan est purement statistique, sans la moindre référence au coût, ni à l’intérêt en termes de santé publique. Des études indiquent, par exemple, que l’ambulatoire peut engendrer des inégalités d’accès aux soins. Qu’importe, un seul objectif est affiché : économiser un milliard en 3 ans. Et des chiffres : «52,1% en 2015, 54,2% en 2016, 57% en 2017».

8 blocs et 23 actions

Le plan se décline en 8 blocs, avec 23 actions. Certaines sont pleinement justifiées, comme celui concernant la pertinence des actes médicaux. Pourquoi certaines régions font deux fois de plus de césariennes que d’autres ? Et pourquoi il y a-t-il aussi des variations en chirurgie cardiaque ? «La réduction du nombre d’actes non pertinents est un enjeu fort», souligne le document.

Objectif : 140 millions d’euros, dont 50 millions sur les actes hospitaliers. Mais, là, il ne figure aucun conseil pertinent pour y arriver.

Une action forte est prévue, ensuite, sur les médicaments, avec la montée en puissance des génériques et, surtout, «une maîtrise médicalisée de médicaments de spécialités» : ces derniers sont en effet des médicaments extrêmement chers – comme on l’a vu encore récemment avec celui contre le virus de l’hépatite C (45 000 euros, le traitement sur un mois). Comment limiter les prescriptions sans ouvrir la voie à une médecine à plusieurs vitesses ? Pas de réponse. Là encore, juste un objectif économique à atteindre.

Autres économies : des actions sur le transport sanitaire. Et enfin ce qu’ils appellent les GHT, les groupes hospitaliers de territoire, qui visent à regrouper sur un même territoire des hôpitaux. Objectif : 400 millions d’euros d’économies.

D’aucuns voient dans le «kit» un plan désespérément technocratique, sans le moindre volet sanitaire. «Mais c’est un peu la loi du genre. Le problème est que ce sujet soit porté de façon cohérente», tempère un ancien ministre. Et de prendre un exemple récent : «Un jour, pour cause d’épidémie de grippe, le ministère va affirmer qu’il n’y aura pas de fermeture de lits. Et, en même temps, il fait paraître ces instructions. Comment voulez-vous mobiliser de cette façon-là ?»

Eric FAVEREAU

Le service de soins intensifs Mondor de l’Hôpital Purpan en grève.

Les infirmières et aides-soignantes du service de soins intensifs de Mondor de l’Hôpital Purpan ont décidé de se mettre en grève à partir du mercredi 20 juin 2012.

Depuis des années ce service est en souffrance et demande des effectifs supplémentaires. L’effectif est identique depuis 30 ans ! Alors que la technicité et la charge en soins a fortement augmenté. De plus, le pôle n’organise plus le remplacement de l’absentéisme de façon satisfaisante car il n’y a plus d’équipe de remplacement dédiée.

L’Agence Régionale de Santé ne reconnaît pas ce service comme un réel service de soins intensifs alors que certains patients relèveraient même de réanimation selon les médecins.

Récemment, quelques avancées ont été obtenues notamment du matériel et quelques effectifs mais venant d’autres services. Les personnels sont toutefois en demande de régler les dysfonctionnements définitivement en comblant de façon pérenne le sous-effectif infirmier et Aide-soignant.

Les négociations au sein du pôle n’ont pas permis d’obtenir satisfaction. Nous sommes en attente d’une réunion de négociation avec la direction générale. Nous interpellons également l’ARS Midi-Pyrénées pour qu’elle finance les postes manquant dans ce service.

Un rassemblement de soutien aux agents du service Mondor en grève a été décidé pour le vendredi 22 juin 2012 14h place Baylac.

Source : Rue 89

Emilie Brouze | Journaliste Rue89

Problèmes d’effectif et de logement, surmenage : les infirmiers de l’hôpital pour enfants Necker, à Paris, témoignent d’une dérive du système hospitalier.

Parce qu’« on joue avec la vie des enfants », Marc Marlier veut témoigner. Le « petit infirmier » a par moment la voix qui se casse quand il parle des conditions de travail de son service, miné par le manque de personnel. Il œuvre pourtant dans le plus prestigieux hôpital français, référence mondiale pour les enfants malades : Necker, à Paris.

Marc se souvient de son arrivée dans le service de néphrologie pédiatrique (maladies des reins), il y a quatre ans : « C’était génial. » Peu à peu, il a vu les conditions se dégrader. A tel point qu’il sent aujourd’hui qu’une dangereuse limite est franchie : celle de la qualité des soins. « Je ne supporte plus la situation. »

Rue89 a rencontré Marc juste avant son départ pour une année sabbatique.

« On bosse en flux tendu »

Pénurie d’infirmiers

Au 1er janvier 2010, 520 000 infirmiers étaient en activité [PDF] en France. Malgré leur constante augmentation, ils ne sont pas assez nombreux – d’autant que les besoins grandissent car la population vieillit.

Les infirmiers sont inégalement répartis sur le territoire : l’Ile-de-France est l’une des régions à enregistrer la densité la plus faible. Dans les formations, les inscriptions sont encore insuffisantes pour combler le manque. Infirmier fera partie des métiers les plus recherchés en 2015.

Il y a quatre ans, ils étaient trois infirmiers pour douze lits, raconte Marc. Puis ceux qui partaient n’étaient pas souvent remplacés.

Ils sont désormais deux la journée et deux la nuit à courir le long des deux ailes du service :

« On bosse en flux tendu. »

Faute de personnel, l’hôpital est contraint par moment de fermer des lits. Et de faire appel à des intérimaires ou des infirmiers d’autres unités pour former les binômes :

« Quand ils débarquent, ils ont cinq minutes pour s’adapter alors que le temps normal pour connaître les spécificités d’un service, c’est un mois. Alors ils ne peuvent pas suivre. »

Débordés, les infirmiers voient leurs horaires s’allonger. Les vacances d’été se posent jusqu’à octobre. Le personnel travaille trois week-ends sur quatre (au lieu de deux par mois). Marc dit n’avoir plus le temps de prendre ses pauses.

Quand un collègue est malade, il n’y a souvent personne pour le remplacer. Ces dernières semaines, Marc a même été forcé à deux reprises d’enchaîner deux gardes, de 6h30 à 22 heures, en ayant « à peine le temps de boire un verre d’eau ».

« Les enfants ne doivent pas voir notre détresse »

« On est surmenés. Une personne crevée n’est pas dans les conditions optimales pour travailler. Combien de temps on va tenir ? »

Marc cite le cas d’une collègue qui n’a pas eu le temps de déjeuner et qui est tombée dans les pommes à la fin de son service. Ou une autre, à bout, qui se cachait dans la cage d’escaliers pour pleurer, « car les enfants ne doivent pas voir notre détresse ».

« On prend sur nous », assure le jeune homme qui affirme que chacun « se donne à fond » et garde le sourire devant les parents :

« C’est un boulot que vous ne pouvez pas faire à moitié. D’autant qu’il s’agit d’enfants. »

Dans ce service de Necker, médecins et infirmiers traitent de pathologies lourdes et rares (certaines maladies sont soignées une seule fois dans l’année). Les patients viennent de Paris, de province et parfois de l’étranger.

La réponse de Necker

Contacté par Rue89, Eric Roussel, directeur des soins à l’hôpital Necker, se dit « surpris » par le témoignage. « On n’est pas en sous-effectif, on est aujourd’hui au quasi plein emploi. » Il précise : « Le quotidien des infirmiers peut être plus difficile par moment à cause du turnover. » Il décrit des phases de recrutement favorables (au moment de la sortie des écoles) et de nombreux départs qui s’étalent sur l’année.

Le turnover des 1 100 infirmiers est d’environ 20%. La faute au logement, trop cher dans la capitale : « L’hôpital met à disposition des studios à bas pris pour six mois mais c’est sûr que le nombre de logements ne permet pas d’héberger tout le monde. » Mais pas seulement : « Beaucoup de professionnels viennent se faire un CV ici puis partent trouver un poste ailleurs. »

« Peur de tuer un gamin »

A cause du sous-effectif, les infirmiers n’ont plus le temps d’accueillir les petits patients convenablement. Marc s’inquiète de ne « plus avoir de garde-fous » dans son travail :

« Quand les infirmiers ont peur de tuer un gamin à la fin de la journée, c’est qu’il y a un souci. »

Il prend l’exemple d’un soin particulier, qui, une fois prodigué, oblige l’infirmier à rester une heure devant l’enfant. Difficile avec ce rythme, « alors toutes les cinq minutes vous courez pour voir si tout va bien. »

Marc raconte que parfois, les parents prennent conscience du sous-effectif quand ils attendent l’infirmier dix minutes après l’avoir sonné. Certains s’énervent :

« On les comprend. Mais c’est partout pareil. Et là, on prend conscience avec eux que le système de santé est en train de changer. »

A Paris, le gros problème du logement

Comment en est-on arrivé là ? Marc explique :

« L’hôpital nous assure qu’ils ont une politique de recrutement intensif mais qu’ils n’arrivent pas à embaucher… »

Dans le service, le turnover est important. Avec un tel rythme de travail, difficile de convaincre les jeunes stagiaires de rester.

Autre problème important, spécifique à la capitale : le logement. L’Assistance publique n’a pas assez d’appartements pour héberger le personnel. Les salaires d’infirmiers (entre 1 400 et 1 600 euros par mois) permettent difficilement de supporter les loyers parisiens.

Eloignés du centre, certains dans le service font deux heures de RER chaque jour pour venir travailler à Necker. Beaucoup de mères de familles, fatiguées, finissent par quitter l’hôpital comme Anne (le prénom a été changé), une ancienne collègue de Marc.

Contactée par Rue89, elle se souvient du rythme « épuisant » après la naissance de son premier enfant :

« Petit à petit, on s’est éloignés de Paris. J’avais beaucoup de route, ras-le-bol des conditions de travail… Je suis partie travailler en banlieue parisienne. »

Résultat : il reste peu d’infirmiers expérimentés dans le service, qui sont pourtant des éléments importants. Les anciens ont l’habitude d’effectuer certains soins particulièrement techniques, de gérer les urgences et ils forment les jeunes.

L’hôpital rentable est « illusoire »

Making of
Malgré les craintes de son entourage, l’infirmier a tenu à témoigner sans se cacher – « Il faut bien nommer les choses. » Depuis que nous avons rencontré Marc, trois infirmiers ont été recrutés dans le service –- ce qui a amélioré le rythme de travail.

Marc Marlier craint la dérive du système hospitalier. Au delà du problème d’effectif, il pointe les « coupures budgétaires » (relatives aussi à des « problèmes d’organisation ») : l’infirmier explique que parfois, il est obligé d’aller piquer une compresse au service voisin pour faire un soin ou d’ébouillanter chez lui sa blouse, la lingerie ne suivant pas la cadence.

« Il faut faire quelque chose », conclut Marc :

« Je crois que c’est illusoire de rendre l’hôpital rentable. On s’en fout des problèmes d’argent, on sauve des gamins ! »

Marc Marlier pense choisir son candidat à la présidentielle en fonction de son programme santé. Un peu désillusionné, il admet n’espérer qu’un changement politique.

TOUS AU RASSEMBLEMENT !
DEVANT LES URGENCES PURPAN ET RANGUEIL
Le 21 Septembre de 14h à 15h
Un préavis de grève a été déposé avec débrayage possible entre 12h et 17h pour vous permettre d’être nombreux à ces deux rassemblements.

Il y a 10 ans nous écrivions :  « Dans un contexte difficile en matière de personnel, la journée noire du 21 septembre a démontré un élan de mobilisation, de dévouement, de solidarité et de professionnalisme sans précédent de l’ensemble des acteurs hospitaliers dans les différents sites du CHU »

Que ce soit Purpan, qui a fait face à un afflux majeur aux urgences (2500 passages) ou Rangueil qui recevait des victimes tout en étant sinistré, le service public a fait face à une situation d’ampleur exceptionnelle. Il est évident que si une catastrophe de cette ampleur se reproduisait, tout le personnel, se mobiliserait de nouveau pour assurer la meilleure qualité de prise en charge. Continue reading « ACTION LE 21 SEPT : Commémoration offensive ! »

Les services d'urgences sont souvent surchargés et en manque de personnel./Photo DDM, archives, T.B.Les services d’urgences sont souvent surchargés et en manque de personnel./Photo DDM, archives, T.B.

Les hôpitaux sont sous tension. Et cette semaine, on assiste à des accès de fièvre à Toulouse et Montauban, en raison du manque de personnel. Un préavis de grève a été déposé pour ce jeudi après-midi au service de pédopsychiatrie du centre hospitalier de Montauban. Et un autre pour vendredi aux urgences du CHU de Toulouse-Rangueil.

Un service d’urgences rénové, mais où les patients doivent parfois… patienter dans les couloirs. « Lundi en début d’après-midi, on a compté 19 lits dans l’entrée, et 20 en soirée », dénonce Monique Palhol, déléguée CGT au CHU de Toulouse-Rangueil. Continue reading « Coup de fièvre à l’hôpital de Rangueil »

Source : La dépêche du midi

Le personnel de médecine interne et du post-urgences sera en grève ce matin./Photo DDM, archivesLe personnel de médecine interne et du post-urgences sera en grève ce matin./Photo DDM, archives

Aujourd’hui, les personnels de médecine interne et de post-urgences de Purpan observent un mouvement de grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail.

Ce matin, à l’appel de la CGT, syndicat majoritaire, à partir de 8 heures, les personnels des services de médecine interne Le Tallec et du Post urgences médicales du CHU Purpan (50 personnes environ) ont décidé de faire grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. « Il n’y a un grand malaise. Tous les jours, des gens craquent et la situation ne peut plus durer ainsi », explique Didier Bergé, délégué CGT. « Chez les infirmiers et les aides-soignants, il y a un sous-effectif chronique. Et cela dure depuis plusieurs années. Résultat : tous les jours, le personnel effectue une demi-heure ou trois quarts d’heure de travail supplémentaire. Certains n’ont pas le temps de manger, ni à midi ni le soir. Tout se fait à flux tendu avec les conséquences que cela implique », précise Christian Neufcourt, secrétaire du CHSCT des Hôpitaux de Toulouse et délégué CGT. Au-delà des heures supplémentaires non payées et non récupérées, le personnel souligne qu’il ne peut plus garantir la qualité des soins et la sécurité des patients. Continue reading « La colère des infirmiers et aides-soignants »

Source Télérama

Suppression d’effectifs, restriction budgétaire… L’hôpital Avicenne, en Seine-Saint-Denis, est au bord de l’implosion.

Photo : William Daniels pour Télérama

« A l’hôpital Avicenne, nous sommes dans la tranchée, en première ligne, mais avec des pétoires ! » Malgré son air sarcastique, le Pr Jean-François Morère n’a guère envie de plaisanter. Il nous invite dans la grande salle de réunion de son service de cancérologie. Charme désuet, boiseries années 1970 et grand écran plasma pour les visioconférences. Le cancérologue, qui dirige l’important service d’oncologie, à Bobigny, sur les traces de son ancien « patron », le célèbre Pr Lucien Israël, se reprend : « Je ne veux pas paraître trop négatif… Ce qui est sûr, c’est qu’ici le terme de service public prend tout son sens. » L’état sanitaire de la Seine-Saint-Denis est effectivement l’un des plus alarmants de France : « Surmortalité… Taux de cancers supérieur à la moyenne… Obésité… Le tout dans un département où le revenu moyen est inférieur de moitié à celui d’un Parisien. » Ici, à Bobigny, la notion de service public n’est pas une abstraction. Elle signifie soigner tout le monde, en situation régulière ou non (le département compte des dizaines de milliers de sans-papiers), avec ou sans revenu. Offrir à chacun la même qualité de soin.

« Le service public, c’est un idéal », nous ont dit avec conviction les médecins, infirmiers et aides-soignants que nous avons rencontrés tout au long de cette enquête. Sans doute parce qu’ils sentent que l’urgence est grande et que l’hôpital public est en danger. Voilà pour l’engagement, indéniable, de la majorité du personnel, soit 450 médecins et internes, 470 infirmiers, 1 250 employés administratifs et autres. Pour l’exercice au quotidien, c’est une autre histoire : « On a tellement réduit les effectifs qu’on est sur un fil, constate le Pr Morère. Comme on manque dramatiquement de brancardiers, c’est souvent l’étudiant en médecine qui s’y colle. » Son collègue Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses et tropicales (vingt-deux lits dont cinq à six patients, en moyenne, atteints de tuberculose, une maladie extrêmement rare dans notre pays), n’est pas plus rassurant : « Je ne suis pas tranquille quand je quitte l’hôpital, le soir, avec une seule infirmière – parfois intérimaire – pour l’équipe de nuit. » Luc Elyovics, infirmier et militant syndical à Sud, avoue ne plus pouvoir faire son métier comme il le voudrait : « Je n’ai plus le temps de faire du relationnel avec les patients. Je ne suis plus infirmier, je suis maltraitant : « Bonjour, vous allez bien, je vous pique, au revoir ! » » Pas facile, d’ailleurs, de recruter quand on sait qu’un(e) infirmier(e), avec son bac + 3, démarre autour de 1 500 € net par mois, en cumulant week-ends et jours fériés… Continue reading « A Bobigny, radiographie d’un malaise »

Une partie du personnel a manifesté mardi son mécontentement face à la situation de sous-effectif rencontré depuis quelques mois.

Voir le reportage de France3

Photo : PF/Metro

C’est un sentiment de ras-le-bol qui dominait hier dans le hall de l’hôpital des Enfants, où plus d’une centaine d’infirmières et d’aides-soignantes s’étaient donné rendez-vous pour un “pique-nique de la colère”. Au milieu des tartes et des salades, les discussions allaient bon train sur la question récurrente des sous-effectifs. “Près de 40 départs en congé maternité ne seront pas remplacés”, affirme Julien Terrié, du syndicat CGT et membre du Comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT).

Récemment ce dernier s’est fait l’écho de “plusieurs droits d’alerte” sur les risques d’épuisement professionnel. “Cela fait deux ans que la situation se dégrade, les gens n’en peuvent plus”, poursuit le syndicaliste. Assise devant le bureau d’accueil lors de sa pause déjeuner, Stéphanie, une infirmière puéricultrice de 32 ans, ne cache pas son inquiétude.

“L’hôpital va très mal, il y a une recrudescence d’arrêts maladie car des filles ont trop tiré sur la corde”, explique celle qui prodigue des soins au service hématologie de l’hôpital des Enfants depuis huit ans. Une assiette de salade de riz dans les mains, sa collègue abonde dans son sens. “Dans notre service on soigne des enfants qui reçoivent de la chimiothérapie, il faut être concentré et on ne peut pas l’être quand on se trouve en sous-effectif et qu’on travaille à flux tendu.” Quelques plats plus loin, les infirmières et aides- soignantes du bloc opératoire, en grève reconductible, regrettent certaines situations. Continue reading « Toulouse: grogne à l’Hôpital des Enfants »

Mardi 2 Novembre 2010 à 13h dans le Hall de l’Hôpital des Enfants.

Téléchargez et imprimez la pétition pour le personnel de l’Hôpital des Enfants 2010

Téléchargez et imprimez le Communiqué de presse 2 novembre 2010

Téléchargez et imprimez l’Affiche PIQUE NIQUE DE LA COLERE

Suite au préavis de grève reconductible des Aides Soignantes du Bloc de l’Hôpital des Enfants du CHU de Toulouse pour demander la compensation du sous effectif générant des conditions de travail déplorables et l’épuisement des personnels, tout le personnel de l’Hôpital des Enfants s’est associé à leur revendications qui sont communes à tous les services.

Les soignants de l’Hôpital des Enfants ne supportent plus : Continue reading « PIQUE-NIQUE DE LA COLERE !!! »