Prochain scandale : traitements anti-alzheimer


Source : mediapart.fr

La couverture de l’affaire du Mediator, ce médicament des laboratoires Servier rendu responsable de la mort de 500 à 2.000 personnes, explore l’univers opaque del’industrie pharmaceutique, ses liens avec les agences de santé et le systèmede soins. Mais elle nous fait parfois oublier que la responsabilité de prescrire ou non duMediator est avant tout celle des médecins face à leurs patients. D’où l’enviede demander son point de vue à unmédecin généraliste qui fait l’effort deréfléchir sur sa pratique. Christian Lehmann exerce en grande banlieue parisienne depuis le milieudes années 1980. C’est son activité principale. Le reste du temps, il écrit desromans ou des essais sur la santé, parmi lesquels on peut citer Patients sivous saviez et LesFossoyeurs.Entretien.

Avez-vousdéjà eu l’occasion de prescrire du Mediator ?

Christian Lehmann

Je suis médecin généraliste depuis 1984, et je suis lecteur de larevue Prescrire depuis cette même année 1984, ce qui fait que je n’ai jamais prescrit deMediator – j’ai vérifié dans mon dossier médical informatique. Je n’ai jamaisinitié une prescription de Mediator, je me suis même battu avec deux patientspour essayer de leur faire arrêter ce traitement. Sans succès. Pour les autres, j’ai réussi àleur faire cesser la prise de ce médicament.

Quand j’ai vu arriverl’ordonnance, au début des années 1990, je leur ai dit : «Ecoutez,c’est ce que vous preniez avant mais les informations dont nous disposons mefont penser qu’il vaudrait mieux que je vous donne autre chose.» Cespatients-là ont accepté, sauf deux qui avaient des prescriptions débutées àl’hôpital, et qui ont pris du Mediator l’un pendant quatre mois, l’autrependant cinq mois. Je ne parvenais pas à lesconvaincre, à l’époque déjà, du faible intérêt de la molécule. On neconnaissait pas encore bien les risques cardiaques. Il peut êtredifficile pour un médecin généraliste, s’il est jeune ou s’il n’est pasextrêmement rigoureux, d’arrêter une prescription hospitalière ou celle d’unspécialiste. Des collègues m’ont montré des lettres qu’ils ont reçues despécialistes furieux parce qu’un médicament dangereux avait été arrêté.

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