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Le Tribunal Administratif de Toulouse par sa décision du 17 décembre 2020 a condamné le CHU de Toulouse à verser une indemnité à une agente administrative du pôle ressource matérielle qui avait subit de graves agissements de harcèlement sexuel de la part d’un responsable sous forme de mails très nombreux et très explicites mais aussi des avances allant jusqu’au contact physique et des « bisous » malgré des refus clairs et répétés de sa part.

La direction avait été alertée de la situation à de nombreuses reprises par l’agente et la CGT du CHU de Toulouse notamment dans les instances comme le CHSCT qui a voté une expertise indépendante du cabinet Socio-scoop. Leur rapport a indiqué avoir constaté sur le pôle ressources matérielles des « pratiques professionnelles et managériales sur le registre sexuel » comme : la construction de relations avec une certaine familiarité voire des formes de drague ; Lancés de papier sur le corps et des zones érotisées du corps ; Dénigrement du métier de secrétaire et injonctions à se taire : « Toi, tu es là pour prendre des notes et pas prendre la parole » ; Poursuite d’éléments de séduction en dehors du cadre du travail  Exacerbation du registre sexuel et commentaires vestimentaires ; Multiplication des allusions et de blagues ; Contacts physiques (dos, fesses) ; Demande de transmission de coordonnées téléphoniques, rôle d’entremetteur privé par le Directeur du pôle ; Sentiment de persécution jusque dans la vie privée, sentiment d’envahissement.

L’alerte de cette agente en particulier n’a pas été prise au sérieux par la direction du CHU. Une représentante de la DRH à la cellule harcèlement lui a même dit « des bisous, c’est pas un crime » …!!! De plus, le directeur général n’a pas accordé la protection fonctionnelle à cette agente qui a dû payer elle-même son avocate. (Pour info, il s’agit du même droit à la protection fonctionnelle qui a été accordé par le préfet de Paris aux agresseurs de Michel Zecler…). Cette agente est encore en recours contre le CHU car le directeur général n’a pas reconnu ses arrêts maladies liés à la situation comme des accidents de travail.

Nous ne savons pas encore si le CHU va faire appel de ce jugement mais dans tous les cas il s’agit d’une victoire pour toutes les victimes de harcèlement au CHU de Toulouse et ailleurs et nous espérons que la parole va encore se libérer au CHU de Toulouse et surtout que la direction cessera à l’avenir de protéger les harceleurs et de dénigrer la parole des victimes. Un employeur à l’obligation de protéger ses agent.e.s de toutes violences subies sur le lieu de travail, c’est ce qu’a rappelé le Tribunal Administratif de Toulouse.

Par ailleurs, le CHU continu des restructurations que l’on peut qualifier de sexistes comme le démantèlement du service de radiologie dédié aux femmes du CHU et le transfert des hystérographies dans le service des urgences (sic!), ce qui n’est pas du tout adapté à ces examens souvent réalisés dans le cadre de procréation médicalement assistée ou endométriose. Nous saluons le courage de cette agente d’avoir affronté son agresseur et sa hiérarchie, c’est par la libération de la parole et la mobilisation des femmes hospitalières ou usagères que l’on en finira avec les violences sexistes dans les hôpitaux. N’hésitez pas à contacter notre syndicat si vous subissez des violences sexistes.

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