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Bonjour,

Par cette lettre la CGT et SUD du CHU de Toulouse et les agent.e.s du CHU de Toulouse demandent à vous rencontrer mais se demandent pourquoi nous ne sommes pas convoqués par le ministère de la santé ?

Après les révélations des agents des urgences de Purpan publiées dans Médiacités et reprises par toute la presse, la CGT et SUD du CHU de Toulouse sont décontenancés en découvrant que la direction du CHU de Toulouse déploie une quantité de contre-vérité sur tous les supports possibles et donc n’est pas choquée par le fait qu’un patient ait pu mourir seul et sans assistance sur un brancard du SAS des urgences de Purpan. Nous nous demandons pourquoi votre ministère ne juge pas utile de convoquer et écouter les agents du service et les représentant.e.s élu.e.s récemment par le personnel du CHU de Toulouse, meilleur CHU de France selon le Point

Nous pourrions vous montrer avec des exemples précis les défaillances de la sécurité des prises en charge que révèlent ce décès à quel point la logique austéritaire et marchande de l’hôpital est catastrophique du point de vue de la qualité des soins, de l’accès aux soins, des conditions de travail, de la protection du patrimoine, de l’écologie, de l’enseignement, de la recherche… Comment toutes les missions des hôpitaux sont mises à mal.

Vous pourriez avoir le retour du terrain sans les déformations de ceux qui ont intérêt à ce que les choses se tassent, à ce que les hospitaliers se taisent et se résignent pour préserver leurs carrières ou leurs intérêts.

Nous pourrions vous expliquer que les hôpitaux ne peuvent pas être à l’équilibre financier tant qu’ils sont soumis à la tarification à l’activité, ou endettés par les banques privées qui spéculent sur l’hôpital, ou encore sous l’emprise des laboratoires pharmaceutiques qui y profitent et, de l’état qui y prélève des impôts (Taxe sur les salaires “TSS” et TVA).

Nous pourrions vous rappeler que les CHU ont été créés par des financements 100% issus des cotisations sociales Assurance Maladie prévue par le Conseil National de la Résistance et l’ordonnance du 4 octobre 1945 qui institut une politique réellement « progressiste » que vous avez contribué à supprimer récemment au profit du seul patronat.

A quel point aussi la disparition des Comités d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail entamera la détermination collective et la disparition du statut de la Fonction Publique accentuera la souffrance au travail et enlèvera le concept de fonctionnaire-citoyen nécessaire au quotidien car nous devons pouvoir dire “non” à des consignes absurdes et dangereuses pour protéger nos patients, là aussi nous avons des exemples précis.

Nous pourrions vous montrer précisément qu’à chaque fois que vous vendez du patrimoine hospitalier (financé par la cotisation sociale), que vous privatisez des services ou que vous fermez des lits, vous enlevez du patrimoine à ceux qui n’en ont pas.

Mais nous savons que vous avez ces informations, et que c’est bien consciemment que vous appliquez ce modèle et cela vous rend coupable des dérives actuelles. L’Histoire jugera celle qui a achevé la privatisation des hôpitaux et de la protection sociale. Celle qui, dans la santé, a préféré l’intérêt particulier à l’intérêt général.

#NosViesDabord

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