Les 4 organisations syndicales du CHU de Toulouse CGT, CFDT, FO, SUD condamnent le fait que des directeurs, directrices et des cadres supérieurs du CHU de Toulouse ont eu des propos scandaleux au cours d’un CHSCT qui s’est tenu le 8 avril à l’hôpital Paule de Viguier (Maternité de Purpan). Il a été dit après le témoignage des sages-femmes et d’une aide-soignante expliquant son désarroi de voir le manque de moyen mettre en danger des patientes aux urgences de la maternité, la phrase suivante: “Si cette aide-soignante ne sait pas gérer son stress elle a qu’à faire caissière à Casino”. Nous sommes profondément choqués et révoltés par les propos et les pratiques d’un autre âge dénigrant la souffrance au travail du personnel (hospitalières et caissières) et surtout faisant preuve de mépris ainsi que d’une méconnaissance profonde des métiers du soin (et du commerce) alors que ces services sont en sous-effectif !

De plus, profitant de la suspension de séance où les représentants du personnel étaient à l’extérieur de la salle, plusieurs membres de la direction, ne se rendant pas compte que l’enregistrement de la séance se poursuivait, ont fouillé documents et ordinateurs
Ces pratiques sont inadmissibles ! Et pourtant le directeur général du CHU s’est contenté pour le moment d’une simple condamnation sans aucune suite !
 
Les seules excuses valables sont des sanctions à l’encontre de l’équipe de Direction qui s’est mise en défaut et la satisfaction des revendications des personnels en mouvement sur l’hôpital, tout particulièrement en ce qui concerne l’embauche de personnels à la hauteur des besoins !
 
Il y a deux semaines, nous, organisations syndicales du CHU, avions annoncé la suspension de notre participation à l’ensemble des instances du CHU tant que des mesures réelles n’auraient pas été prises.
 
La direction fait la sourde oreille, et ose même envoyer au tribunal le CHSCT pour empêcher le lancement de l’expertise qui doit se tenir sur les conditions de travail des agents de la maternité ! Nous allons donc passer à l’étape supérieure avec l’organisation d’une première action de débrayage de tout l’ensemble du personnel du CHU mardi 3 mai à 14H30, à Purpan (Arrêt de Tram Purpan)
 
Les syndicats CGT, CFDT, FO, SUD du CHU de Toulouse

LETTRE OUVERTE – AU DIRECTEUR GÉNÉRAL DU CHU DE TOULOUSE- A LA DIRECTRICE DE L’ARS – AU PRÉSIDENT DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL

La fermeture de lits d’Unité de Soins  de Longue Durée à l’Hôpital Garonne dans le cadre du déménagement du site de Junod à Casselardit a été présentée lors des instances CHSCT et CTE de février 2016. Outre un désaccord de fond, le syndicat CGT du CHU  a d’ores et déjà initié différentes actions pour s’opposer aux conditions de cette restructuration.

Ces décisions nous posent de graves interrogations sur les conditions de la prise en charge de la personne âgée malade dans le cadre du service public et de proximité. De 155 lits USLD à l’Hôpital La Grave (convention tripartite de 2007) le nombre de lits a diminué à 140 lits fin 2009. Ces 140 lits ont été transférés à l’Hôpital Garonne en 2010. Après 20 lits supprimés en 2014 pour loger l’UCC (Unité Cognito-Comportementale), ce sont 60 lits supplémentaires qui viennent à leur tour de fermer.

Cette fermeture de lits s’inscrit dans le projet d’établissement soutenu par le projet médical. Dans le projet d’établissement 2013-2017 , le CHU affirme vouloir répondre simultanément à ses deux missions d’excellence et d’offre de proximité de la façon la plus équitable possible. Dans ce dispositif les pathologies du vieillissement font ainsi parties des 8 thématiques de développement prioritaire et la fermeture du site de Junod à Casselardit était envisagée avec un transfert de ses activités en proximité des plateaux techniques. Le Projet Médical réaffirme sa volonté de poursuivre sa mission de prise en charge de personnes âgées polypathologiques dépendantes et/ou en fin de vie et décline son souhait de transformer des lits d’USLD de l’hôpital Garonne en lits de SSR (Soins de Suite et de Réadaptation). Cela devait nécessiter une négociation avec l’ARS et le Conseil Départemental. Aucun document à notre connaissance ne fait mention de cette négociation et de son contenu.

Comment ne pas concevoir qu’une décision brutale de fermeture de lits entraîne un déracinement des personnes âgées de leur lieu de vie et de soins avec toutes les conséquences qu’il sera bon d’évaluer à la fois pour les patients eux-mêmes et pour les établissements d’accueil (EHPAD) déjà confrontés à de graves difficultés de prise en charge par manque de moyens et d’effectifs .

Cette évolution des capacités d’accueil est d’autant plus préoccupante que le schéma gérontologique 2010-2015 actait les difficultés de prise en charge.

En effet, la Haute Garonne est considéré comme un département jeune en raison de la dynamique démographique : la population a augmenté de + 15,4% entre 1999 et 2009. Parallèlement, le nombre de personnes de plus de 60 ans a augmenté de plus 9,9% sur la même période. En conséquence, le Schéma Gérontologique de la Haute Garonne (2010-2015) retenait une croissance forte et continue en besoin de prise en charge pour les personnes âgées en perte d’autonomie avec un déficit constaté de lits en EHPAD et surtout de lits médicalisés. L’autre grave difficulté signalée est le reste à charge important et sans cesse croissant pour les résidents et leur famille. Plus que jamais, les familles sont confrontées à cette importante réalité qui engendre pour la plupart d’énormes difficultés financières.

Le Schéma Gérontologique de notre département doit être réactualisé. Cela est de la responsabilité du Conseil Départemental dont on peut dire qu’il ne brille pas de dynamisme démocratique en ne convoquant pas l’instance de représentation des retraités et personnes âgées, le CODERPA (Comité Départemental des Retraités et Personnes Agées) toujours légitime, tant que la nouvelle instance issue de la Loi sur l’adaptation de la société au vieillissement n’est pas installée. La dernière réunion du CODERPA remonte au 4 mars 2015.

Ce constat nous conduit à interpeller les différentes institutions compétentes pour agir et créer les conditions d’une prise en charge de qualité, respectueuse des personnes âgées et retraitées, en institution ou à domicile. La formation, les effectifs nécessaires, le respect des statuts pour les personnels en sont les conditions incontournables.

Nous demandons à rencontrer les organismes compétents et concernés.

CONTACTS :

P/ le syndicat des retraités CGT du CHU :

Monique PALHOL –

 

P/l’Union Santé Départementale CGT 31 :

Jacques COMMENGE –

 

P/ l’Union Syndicale des Retraités CGT 31 :

Daniel PIC –

Source : La dépêche du Midi
201604221235-fullLe conflit porte sur les conditions de travail/DDM, Thierry Bordas

L’affaire qui oppose depuis août la direction du CHU de Toulouse et son Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) a connu un nouveau rebondissement en début de semaine. Selon le syndicat général CGT CHU, la direction du centre hospitalier aurait déposé un recours en justice pour empêcher une réunion du comité prévue le 29 avril. Cette réunion devrait permettre le lancement d’une expertise extérieure sur les conditions de travail au sein de l’hôpital Paule de Viguier. Expertise contestée par l’exécutif du CHU.

L’affaire remonte à août dernier. Suite à une thèse menée par un médecin dans l’enceinte de l’hôpital démontrant que 36 % du personnel médical est en «burn-out», le CHSCT de l’établissement vote alors une délibération pour «risque grave», ouvrant légalement la voie à une expertise extérieure sur les conditions de travail. Après un premier courrier d’avertissement quelques semaines plus tard, la direction du CHU dépose, début avril, un recours devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse pour contester cette délibération. Le 12 avril dernier, le TGI donne raison au CHSCT en première instance et donc à la conduction d’une expertise. Le CHU a depuis déposé un recours en appel dont l’audience se tiendra au TGI mardi 26 avril.

L’appel n’étant pas suspensif, une réunion avait été programmée le 29 avril pour lancer l’expertise externe. C’est cette réunion que la direction contesterait en justice.

Pour ajouter à cette ambiance délétère entre exécutif et CHSCT, la dernière réunion du comité, le 8 avril dernier a été suspendue après que la directrice déléguée du pôle femmes-mère-couple ait commenté le témoignage d’une aide-soignante en ces termes : «Si elle n’est pas capable de gérer son stress, elle n’a qu’à partir faire caissière à Casino».

«On sait qu’il y a de la souffrance au travail, et notre rôle est d’y apporter une réponse», explique Julien Terrié, secrétaire CGT du CHSCT central du CHU. «Il y a de l’acharnement pour empêcher un expert indépendant d’objectiver la souffrance au travail puisque c’est leur responsabilité pénale qui est en jeu». La direction du CHU n’était pas disponible hier soir pour répondre à nos questions.

 
Julie Guérineau

tract en PDF tract dérapage - copie

Concernant les instances du CHU, ON BLOQUE TOUT jusqu’à ce que la direction générale réagisse : sanction pour les auteur-es du dérapage et satisfaction des revendications du personnel. Nous condamnons le fait que des directeurs/trices et cadres supérieures du CHU de Toulouse ont eu des propos scandaleux au cours d’un CHSCT qui s’est tenu le 8 avril à l’hôpital Paule de Viguier (Maternité de Purpan). Il a été dit après le témoignage des sage-femmes et d’une aide soignante expliquant son désarroi de voir le manque de moyen mettre en danger des patientes aux urgences de la maternité, la phrase suivante: “si cette aide soignante ne sait pas gérer son stress elle a qu’à faire caissière à Casino”. Nous sommes profondément choqué-es et révolté-es par les propos et les pratiques d’un autre âge dénigrant la souffrance au travail du personnel (hospitalières et cais- sières) et surtout faisant preuve de mépris de classe ainsi que d’une mé- connaissance profonde des métiers du soin (et du commerce).

La deuxième partie de l’incident nous fait entrer dans une immense colère car, pendant la suspension de séance, ces mêmes directeurs/trices et cadres supérieur-es ont fouillé dans les affaires et pris des photos des documents des élu-es du CHSCT. On tombe dans l’espionnage pur et simple. Des sanctions exemplaires doivent être prises contre ces personnes. La troisième partie de l’incident vient de nous être communiquée, en plus de la violence, l’incompétence : une demande de financement plus important disponible à l’ARS pour le service d’urgences de PDV n’a jamais été faite alors que l’activité de la maternité explose, que le danger est permanent… C’est à dormir debout…

Ce « dérapage » intervient à l’aube d’un nouveau plan d’austérité au CHU de Toulouse : le Plan “AVENIR” (énorme vague de privatisations, modifications des horaires, précarisation accrue du personnel, augmentation d’activité, paiement du parking pour le personnel…) pour satisfaire aux injonctions du gouvernement à amputer encore les moyens des hôpi- taux (22.000 suppressions de postes et 16.000 suppressions de lits pour 2016) et en plein mouvement pour le retrait du projet de loi El Khomri qui détruira la possibilité de faire valoir ses droits notamment au niveau de la lutte contre la souffrance au travail dans les hôpitaux et ailleurs.

Nous appelons tous les hospitalier-es, et tout ceux/celles que ce scandale a révolté à se réunir le 26 avril 2016 à 14h en Assemblées Générales et à se mettre en grève et manifester le 28 avril 2016 pour le retrait de la loi El khomri et la fin des 22.000 suppressions de postes et 16.000 fermetures de lits dans les hôpitaux français.

Du sous-effectif partout !!!

Les autres services en lutte subissent le même sort sans que cela apparaisse au grand jour, les crèches de Purpan et Rangueil subissent le sous-effectif, risque la privatisation et surtout les auxiliaires puéricultrices voient leur âge de la retraite repoussé par de simples manoeuvres administratives. La gériatrie perd 60 lits de soins longue durée et subit une restructuration dans le but d’augmenter la productivité, il manque de nombreux postes dans ce pôle aussi. Le personnel alerte sur un risque de maltraitance institutionnelle si le sous effectif per- dure. Le bionettoyage du H2 à Rangueil a été sacrifié au privé avec déploiement des ASH sur les blocs de Rangueil/Larrey et au H1, de HE et de PPR pour mettre « la bonne compétence au bon endroit » ce qui à terme signifie la suppression des postes d’AS !!! Suppression d’AS déjà effective aux soins externes des Urgences sans aucun avis des ins- tances et qui devrait se mettre en place la nuit en chirurgie vasculaire au profit des IDE et aux dépens de la prise en charge globale des patient-es. Me- naces et chantage sur les personnels pour avoir signalé un absentéisme récurrent et non compensé ou pour avoir soutenu un collègue malmené, en souffrance mais sommées de se taire. Management pathogène aux transports pédestres. Epuisement des personnels, saturation, démotivation, turn- over…. Notamment à l’IUCT, au chapitre, à Logi- pharma. Où est l’efficience de ces restructurations à marche forcée ? Va-t-on laisser les IDE et AS de la néphrologie, de la dialyse, de l’urologie, du PUG, de la cardiologie, de la CCV… s’étioler faute de les avoir entendu-es défendre des valeurs profession- nelles et des conditions de travail ? Doit-on Laisser faire les modifications d’horaires au GBM ? Que dire de la précarité toujours plus grande des contractuel-les à qui on fait pourtant encore des promesses ? Arrêtons le sacrifice de la filière administrative.

Nous estimons à 1000 ETP les postes nécessaires au CHU de Toulouse pour prendre en compte l’augmentation de la population. (250 ETP étant le cumul des heures travaillées en supplément et repos non pris au CHU, 450 ETP étant les postes supprimés pour payer les intérêts privés de la dette dus à la construction des nouveaux bâtiments et 300 ETP étant le nombre minimum suffisant pour créer des pools de remplacement formés sécurisant les organisations de travail).

POUR LE RESPECT, CONTRE LE SOUS-EFFECTIF !

ASSEMBLéES GéNéRALES !!!

MARDI 26 AVRIL 2016 – 14h

PURPAN HAUT : HALL PPR PURPAN BAs : HALL PDV
RANGUEIL : HALL d’entrée Hôtel Dieu La Grave : Entrée HD Salies : Hall d’entrée

IUCT : Hall D’entrée CHAPITRE : VILLA du Gardien LARREY : Hall d’entrée GRèVE ET MANIFESTATION

appelée par la CGT, FO et SUD DU CHU DE TOULOUSE EN TENUE ET EN cortège commun !!!

JEUDI 28 AVRIL 2016 – 11H – JEANNE d’ARC (rdv des hospitaliers)

Source : Université Populaire Toulouse.

Nous avons interrogé Julien Terrié Secrétaire CGT du CHSCT central du CHU de Toulouse à propos de l’extrême violence qu’a subie une aide soignante du CHU ,ses réponses sont édifiantes sur les nouvelles formes de management à l’hôpital public , la réforme de l’ARS , la loi santé …. la souffrance au travail …Comme il le dit très justement ’ »il y a une différence entre un drame quand nous avions eu les moyens suffisants et un drame quand les moyens manquent. Ce dernier cas est insupportable et la pression managériale décuple le risque car l’échec est sanctionné au lieu d’être étudié pour éviter des catastrophes à venir.  » A lire et à diffuser sans modération.

1-La remarque de la directrice déléguée du pôle femmes-mère-couple sur le mal être d’une aide soignante : «Si cette aide-soignante n’est pas capable de gérer son stress, elle n’a qu’à partir faire caissière à Casino.» est d’une grande brutalité, amplifiée par l’écho médiatique. Cela doit exister plus souvent qu’on ne le pense, entre autre parce que les cadres intermédiaires, comme cette personne ont totalement assimilé ce management brutal. Est-ce que les cadres responsables de services sont « dressés » pour presser,  sélectionner faire partie le cas échéant des personnes qui ne participent pas à la rentabilité de l’hôpital ?

C’est effectivement d’une grande brutalité, de l’ordre de la violence de classe… Pour répondre à ta question : Aujourd’hui, le CHU embauche des anciens cadres de Danone, Carrefour, etc… la violence managériale est assumée et poussée depuis des années, les cadres qui ne veulent pas l’appliquer se retrouvent en grande difficulté. Par exemple, le CHU de Toulouse se lance, dans le cadre du plan « A.V.E.N.I.R. », dans des privatisations de fonctions « support » (brancardage, bionettoyage, stérilisation, blanchisserie, etc…) dans les secteurs qui sont en projet de privatisation totale nous voyons des agents venir se plaindre de « harcèlement », ce ne sont pas réellement des harcèlements dans le sens classique (agissement de pervers narcissique par exemple) mais des directions qui veulent faire fuir les fonctionnaires pour laisser place nette pour le privé. On se retrouve dans une configuration proche de France Télécom et nous sommes très inquiets. Il faut savoir que les directions hospitalières ne sont pas soumises au délit d’entrave au CHSCT alors, ils n’accomplissent pas leur obligation de sécurité sur la santé des agents, ils ont un boulevard pour broyer du fonctionnaire, la situation est très grave. Il y a tous les jours plus de 1000 agents en maladie au CHU de Toulouse 99,99% sont justifiés médicalement et une grande majorité sont liés aux conditions de travail. Le fait de dénigrer le stress au travail par cette directrice est révélateur de ce que pense l’institution. Nous avons envahi en intersyndicale deux conférences managériales au CHU de Toulouse :  une qui s’intitulait « du lean management au lean hospital, le bienfait du management industriel dans les hôpitaux » (voir http://cgtchutoulouse.fr/2013/04/07/conference-sur-le-lean-a-lhopital-cest-du-domaine-de-lhorreur/) et une sur la « communication » faite par un conseillé en com’ de Orange et Renault… Il s’agit d’une politique cohérente. Comme nous, fonctionnaires hospitaliers, avons un salaire à vie, ils nous poussent dehors par tous les moyens, même les plus inhumains.
2-L’hôpital on le sait à travers les luttes qui y sont menées, les articles de presse …tend à devenir une entreprise gérée comme telle avec les règles en vigueur comme à Casino, justement. La santé deviendrait donc une marchandise et le personnel deviendrait une variable d’ajustement, dont on pourrait se débarrasser s’il ne « sait pas gérer son stress ». Au-delà de cet exemple comment se manifeste dans les services la transformation de l’hôpital ?

Très concrètement, le tournant a eu lieu avec la mise en place de la tarification à l’activité. C’est à dire que ne comptent que les actes remboursés pas la sécu dans l’organisation du travail. Tout ce qui relève du prendre soin (temps d’accompagnement, éducation aux soins, même la relève entre professionnel …) est considéré comme temps non productif ou « mort » et doit être combattu. Les protocoles de soins très lourds ou les hospitaliers faisant très bien leur travail sont pourchassés pour « sur-qualité ».

La course est à la productivité car il faut compenser l’augmentation de la population toulousaine et donc ses besoins futurs en « auto financement » c’est à dire sans recette supplémentaire. Toutes les expertises CHSCT que nous avons commandées sur des restructurations on montré un minimum de 30% de gains de productivité (c’est à dire 30% de gains des recettes d’activité par rapport aux « dépenses » de personnel). Souvent les ergonomes qui travaillent pour le CHSCT sont estomaqués : dans aucune entreprise privée on en demande autant, la dégradation de la qualité de soin et des conditions de travail est presque inéluctable, la chasse aux éléments considérés non-productifs ou anti-productifs (agents avec restrictions médicales, syndicalistes, bons professionnels signalant les problèmes…) subissent la pression managériale, nous avons eu d’autres fuites (mails, enregistrements) ou encore les mémoires de défense des avocats du CHU (contre les expertises CHSCT, contre les plaintes pour harcèlement ou pour discrimination syndicale) qui sont tout aussi choquantes et révélatrices que l’épisode du CHSCT de Purpan Plaine, on pourrait écrire un livre…

 

3-Voilà quelques années, un livre d’une médecin a été publié sur la difficulté de travailler à l’hôpital. Le personnel est en danger comme celui de Renault de Orange. Est-ce que les patients sont en danger à l’hôpital?

Il s’agit d’Elisabeth Dess que nous connaissons bien et qui apparaît dans un reportage de Jacques Cotta sur le burn-out (voir https://youtu.be/-moDWTRNWaU). Pour l’instant les agents hospitaliers, les médecins se défoncent, prennent sur leur temps libre, leur santé pour faire fonctionner le service public de santé, supportent tant bien que mal le management mais la rupture est proche. S’il n’y a pas une vague importante d’embauches dans les hôpitaux, la facture va être payée par les patients effectivement. Comment peut-on imaginer que des soignants ou médecins ou internes épuisés, en sous effectifs ou sous pression peuvent éviter les erreurs à 100% ?

L’astuce de la direction est de dire qu’elle prendra la responsabilité en cas de problème, c’est totalement faux, les directions ont assez de conseils juridiques pour se dédouaner et faire porter le chapeau, nous demandons aux agents de se couvrir et de signaler toute situation de sous effectif ou de manque de moyens pour qu’ils ne puissent pas être mis en cause en cas de problème. La vérité est qu’un drame dans un service est un échec personnel ou d’équipe pour nous les soignants et ,dans tous les cas, nous le payons psychologiquement. L’explication de l’augmentation de la souffrance au travail alors que l’on a toujours travaillé en tant qu’hospitaliers dans des situations difficiles, est qu’il y a une différence entre un drame quand nous avions eu les moyens suffisants et un drame quand les moyens manquent. Ce dernier cas est insupportable et la pression managériale décuple le risque car l’échec est sanctionné au lieu d’être étudié pour éviter des catastrophes à venir. Un exemple, les agents qui font des fiches de signalement d’événements indésirables (très utiles pour analyser les problématiques) se prennent des volées de bois vert par la hiérarchie, on marche sur la tête.
4-La revendication des syndicats demandant la démission des 3 directeurs qui ont profité de l’interruption de séance pour fouiller dans les affaires des élus et photographier des documents en dit long sur les méthodes de ces personnes pour arriver à leur fin. Vous ne transigerez pas sur cette revendication ?

Bien évidemment, si aucune sanction n’est prise ou qu’ils n’ont pas la décence de démissionner, cela voudra dire que n’importe qui peut impunément espionner les représentants élus du personnel. Ceci n’est pas négociable, d’autant que nous avons appris que pour les services à qui ils refusent du personnel supplémentaire, les demandes de fonds supplémentaires n’ont pas été faites à l’Agence Régionale de Santé alors que des fonds sont disponibles, méchants et incompétents… Je ne vois pas leur utilité aujourd’hui. De toute façon , l’hôpital d’aujourd’hui transforme ses organigrammes et fait gonfler le nombre de cadres et directeurs alors que les agents auprès des malades, dans les services techniques et dans l’administration manquent cruellement. Nous ne retournerons pas dans des instances tant que des sanctions ne seront pas prises et que les revendications du personnel ne seront pas satisfaites. Cela s’articule avec un mouvement national pour la suppression de la tarification à l’activité (promise par Hollande !!!) et la loi santé qui prépare la privatisation totale des hôpitaux et de la protection sociale sous couvert d’avancée comme le tiers payant généralisé. Pour revenir sur les attaques envers les syndicalistes, la liste est longue : Nous avons plusieurs cas de discrimination syndicale au tribunal, des locaux manquants ou loin de tout, le précédent DG a voulu supprimer des membres CHSCT sur le site de Purpan (8000 agents), heureusement nous avons gagné mais les expertises CHSCT sont systématiquement contestées au TGI, nous gagnons la majorité du temps mais cela coûte une somme folle à l’Hôpital, les instances sont bafouées et perdent de leur sens. Les médecins du travail sont aussi sous pression dès qu’ils font correctement leur travail. L’inspecteur du travail est intervenu très fréquemment et notamment pour recadrer le CHU de Toulouse qui ne respectait pas ses obligations concernant l’amiante, cela a coûté au CHU 7 à 8 millions d’euros… La liste est longue.
5-Cette affaire est connue La Dépêche du Midi en a parlé plusieurs fois, les réseaux sociaux s’en sont emparé…peut-on aller plus loin, par exemple une pétition pour exiger la démission de cadres qui pourraient employer des formules similaires à l’encontre de malades, et de cadres qui utilisent à l’encontre des syndicats des méthodes de voyous ?

Pourquoi pas, mais je pense que l’enjeu est le respect de la participation des agents à la détermination de leurs conditions de travail et aux conditions de soins. Seuls nous les hospitaliers, au travers des représentants du personnel ou pas, pouvons savoir comment faire un bon travail, comment s’adapter aux besoins de la population, c’est à la direction de nous obéir. C’est cela que montre cette affaire, donc ce que nous allons faire est nous battre en priorité pour la satisfaction des revendications des agents des services en lutte, nous savons qu’il faut en urgence 1000 ETP de fonctionnaires supplémentaires au CHU de Toulouse, nous devons faire retirer le plan AVENIR proposé par le directeur général qui va privatiser les fonctions « supports », atteindre les droits des hospitaliers (notamment des horaires et des repos façon El Khomri…) aggraver encore la qualité de prise en charge. C’est un enjeu pour toute la population toulousaine et un enjeu national car le gouvernement veut supprimer 22.000 postes d’hospitaliers et 16.000 lits cette année. Le pacte de responsabilité a coupé cette année 50 milliard d’euros au budget de la sécu celui là même qui paye les hospitaliers, avec cet argent nous aurions pu créer 700.000 postes de fonctionnaires… Ceci est un choix purement idéologique, les moyens ne manquent pas. Nous savons que par la convergence des luttes nous pouvons inverser la tendance… Ils vont nous opposer le fameux « déficit public », tout le monde sait qu’embaucher ou payer des fonctionnaires est une richesse et pas une « dépense » ou une « charge » et bien soigner la population n’a, évidemment, pas de prix. Voir http://cgtchutoulouse.fr/2016/04/16/le-chu-affiche-40-millions-deuros-de-deficit-est-ce-si-grave/

Propos recueillis par l’Université Populaire de Toulouse

affaire casinoNous savons que le déficit du CHU de Toulouse est de 40 millions d’euros… Outre dire que ce déficit est construit par les divers renoncements de l’état envers l’hôpital (tarification à l’activité, endettement privé, paiement de la TVA, privatisations – oui, ça coûte plus cher…) nous pouvons dire qu’il sert encore de prétexte pour supprimer des postes de fonctionnaires, seule catégorie de personnel bénéficiant d’un salaire à vie, en totale contradiction avec les projets du capitalisme. La facture de cette année pour les hôpitaux français c’est 22.000 suppressions de postes, 16.000 suppressions de lits… Et donc les restructurations, les privatisations qui pleuvent au CHU et leurs lots de drames humains évitables pour les agents, les patients, les familles si les moyens étaient adaptés aux besoins. Et encore des annonces de plan d’austérité : le plan « AVENIR »… C’est purement et simplement criminel. Transformer les hospitaliers en travailleurs marchands, de commerce ou d’industrie, en « caissière de Casino » (totale solidarité avec les caissières par ailleurs !) n’est pas seulement dans l’esprit malade d’un de mépris de classe de nos directeurs mais dans le projet de privatisation rampante du gouvernement et de la finance.

Le déficit public serait une catastrophe, une preuve de dysfonctionnement du secteur public, un gouffre abyssal, nous, hospitaliers serions une dépense, une charge (lourde, lourde…) pour la société… On parle d’ailleurs beaucoup du TERRIBLE déficit public français de 93% du PIB : Mais pourquoi ne parle-t-on pas du déficit des entreprises privées ? Pour les seules entreprises non-financières, il s’élève à 130% du PIB, si on inclue les entreprises financières c’est 300% du PIB !!! La CGT a donc raison, le capitalisme n’est pas viable économiquement, il faut exproprier tout ces parasites !!! Car nous sommes, travailleuses et travailleurs, les seuls producteurs de richesses. De quel droit les actionnaires nous les volent ?

Mais à la CGT, on peut voir le déficit public d’une autre manière, c’est, dans le cadre actuel, la bonne conséquence des résistances aux restructurations, des résistances quotidiennes individuelles et collectives de soignants, d’administratifs, de techniques, de médecins qui continuent à faire fonctionner le service public et ses valeurs ou à se battre contre les fermetures de lits et de postes pour continuer à soigner ou prendre soin malgré les injonctions inhumaines, marchandes, violentes et malhonnêtes de la direction du CHU de Toulouse. Plus il y a de résistance, plus il y a de déficit…

Donc, tous ensemble, résistons, luttons, faisons embaucher des fonctionnaires !!! Creusons le déficit public ! Vive le Déficit Public !!! C’est la véritable richesse de notre société !

Le courrier des organisations syndicales lu après annulation de l’instance.
Les organisations syndicales CGT, FO, CFDT et SUD, présentes ce jour pour dénoncer les propos et les actes scandaleux tenus au CHSCT de PDV le 8 avril 2016 par des personnels de direction, ne siègeront plus dans aucune instance du CHU tant que :
 
–          Des mesures réelles n’auront pas été prises contre l’équipe de Direction qui s’est mise en défaut
–         Les revendications des personnels de Junod, PDV et la crèche ne sont pas satisfaites.
 
 
Vous en souhaitant bonne réception
 
Cordialement
 
La Secrétaire CTE

 

Vers l’exclusion des travailleurs salariés immigrés sans papier
des droits à réparation en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle

Communiqué 12 avril 2016

Alertés par l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (http://www.odse.eu.org/REFORME-DE-LA-PROTECTION- MALADIE) concernant la protection sociale des travailleurs étrangers, nous découvrons que le gouvernement s’apprête à confirmer par décret une disposition introduite subrepticement dans la loi sur la protection universelle Maladie (PUMA), qui détruit le droit des travailleurs étrangers dépourvus de titre de séjour à obtenir reconnaissance et indemnisation des accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) dont ils seront victimes. Le projet de décret relatif au contrôle des personnes bénéficiant de prestation de sécurité sociale prévoit de soumettre l’accès à l’indemnisation AT/MP à une condition de séjour. Il s’agit d’une mesure gravissime, qui octroie aux employeurs le droit d’exposer des salariés sans papiers à des dangers graves ou mortels, en sachant que ces travailleurs n’auront plus aucun recours pour obtenir la raparation des préjudices subis. Cette disposition donne aux employeurs toute latitude – en toute impunité – pour accroître le recrutement de travailleurs sans papiers tout en réduisant de façon drastique toute démarche de sécurité dans les « sales boulots » qui leur sont réservés, dans le nettoyage (par exemple : http://www.ulcgt11.fr/?GREVE-DES-SALARIES-DU- NETTOYAGE-DE-PARIS-HABITAT), mais aussi le BTP, la restauration rapide, la manutention, etc….

Depuis leur création en 1898 et 1919, les AT/MP, qui relèvent aussi du code du travail, n’ont jamais été conditionnés à la régularité du séjour. Quand, en 1993, la loi « Pasqua » sur l’immigration a introduit la condition de régularité de séjour à quasiment toutes les dispositions du code de la Sécurité sociale (assurances maladie-maternité, vieillesse, invalidité, décès, AAH, minimum vieillesse…), elle ne l’a pas fait pour les AT-MP. Le confirme la rédaction très claire de l’article L.411-1 CSS qui ne prévoit pas une telle condition (« Est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise »).

La seule condition est le fait d’être en situation de travail salarié, c’est-à-dire exercer une activité pour le compte d’un employeur situé en France en échange d’une rémunaration, y compris si ce travail n’est pas déclaré par l’employeur. D’ailleurs dans la circulaire d’application de la loi Pasqua, ce point était rappelé : « L’irrégularité de la situation d’un ressortissant ne fait pas obstacle au versement des prestations prévues au livre IV du code de la sécurité sociale » (Circulaire ministérielle D.S.S./A.A.F. n¡ 95-11 du 17 février 1995). Il s’agit d’un droit du travailleur, peu importe sa situation au regard de la législation sur le séjour. En outre, de nombreuses règles internationales dont la convention n°19 de l’OIT exigent l’égalité de traitement avec les nationaux et prohibent toute exclusion de travailleurs salariés, au motif de la régularité de leur séjour.

Nous tenons à exprimer notre solidarité à l’égard de tous les travailleurs privés de droits au séjour et victimes du travail. Nous demandons aux organisations syndicales qui siègent dans les instances paritaires du ministère du Travail et de la CNAM, de faire pression sur le gouvernment pour qu’une telle disposition, contraire aux règles internationales, ne soit pas mise en application en France.

Contacts : Annie Thébaud-Mony : 06 76 41 83 46

La dépêche du midi

Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) qui se tenait vendredi 8 avril dernier à l’hôpital Purpan, et qui avait pour thème le projet de restructuration du pôle femmes-mère-couple a dégénéré.La séance était enregistrée -ce qui est légal- par les représentants du personnel, qui nous ont fait parvenir cet enregistrement.

Ce vendredi, trois cadres de l’établissement -le directeur de Purpan, la cadre supérieure du service de gynécologie et la directrice déléguée du pôle- participent à cette instance avec les représentants du personnel, qui ont eux convié des salariés à venir s’exprimer.

Des propos très blessants

Au bout de presque deux heures de discussions plutôt tendues, une aide soignante prend la parole pour raconter ses conditions de travail. « Nous sommes dans un état de stress permanent parce que nous travaillons constamment à flux tendu », raconte-t-elle posément. Elle parle depuis moins de deux minutes lorsque la directrice déléguée du pôle femmes-mère-couple fait à voix basse mais de manière intelligible la remarque suivante : « Si cette aide-soignante n’est pas capable de gérer son stress, elle n’a qu’à partir faire caissière à Casino. »

La déléguée du personnel qui est assise à ses côtés réagit immédiatement et répète à l’assemblée ce qu’elle vient d’entendre. L’aide-soignante incriminée quitte la salle en pleurs tandis que les délégués du personnel alpaguent violemment voire vulgairement la directrice du pôle. « Je m’excuse si mes propos ont été interprétés », plaide-t-elle. Les délégués demandent une suspension de séance. Les trois cadres, eux, restent seuls pendant une dizaine de minutes dans la salle, sans réaliser, visiblement, qu’ils sont toujours enregistrés.

Ils photographient en cachette les documents des syndicalistes

On les entend commenter l’incident de manière très embarrassée. « Ils vont pouvoir l’utiliser », s’inquiète notamment le directeur de Purpan. Mais le pire reste à venir. Les trois cadres fouillent les documents laissés par les élus du personnel sur la table. « Prend une photo, y’a personne», lâche une des cadres en rigolant.

La direction du CHU ne réfute pas ce qui s’est passé ce vendredi. «Le CHSCT est un lieu de débat où les propos peuvent parfois dépasser la pensée. La cadre s’est excusée lors de ce CHSCT et a réitéré ses excuses lors d’une réunion qui s’est tenue aujourd’hui, commente Dominique Soulié, directeur de la communication du CHU. Pour nous l’incident est donc clos. » Les syndicats, eux, ne l’entendent pas de cette oreille : ils ont déposé un préavis de grève pour vendredi et appellent à un rassemblement à 8 heures 30 à l’Hôtel-Dieu, où doit se tenir le Comité technique d’établissement.
CLAIRE RAYNAUD

Le 14 Avril, ensemble pour mettre fin à la solitude de Pierre GATTAZ

Le MEDEF de Haute-Garonne invite le patron des patrons, Pierre Gattaz, à une journée des entre- preneurs, le jeudi 14 avril avec pour thème général : « la solitude du chef d’entreprise ».

OUI, la solitude du patron des patrons est une réalité

1– Il ne partage pas les richesses ou alors pas avec tout le monde. Le salaire du patron de PSA, Carlos Tavares, a doublé entre 2014 et 2015 pour atteindre 5,24 millions d’euros annuels, soit 382 SMIC annuels.

2 – Il ne partage pas le temps de travail : le MEDEF veut permettre la modulation du temps de travail et la flexibilité accrue. C’est pourquoi il n’arrive pas à créer le premier du million d’emploi promis. Depuis le début du quinquennat d’Hollande, on compte 700 000 demandeurs d’emploi supplémentaires.

3 – Il ne partage pas la sécurité des patrons: la loi travail c’est plus d’insécurité pour les salariés et plus de sécurité pour les patrons pour enfreindre la loi.

4 – Il ne partage pas la prise de décision: c’est la finance qui gouverne. Depuis les lois Rebsamen et Macron, les salariés ont encore moins leur mot à dire.

Le 14 avril toutes et tous avec Pierre Gattaz

Rendez-vous à partir 07h30 au Domaine de Preissac, à Castelmourou

RETRAIT DU PROJET DE LOI TRAVAIL

POUR la réduction du temps de travail POUR l’augmentation des salaires POUR le plein emploi

#pierretespastoutseul