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Alter summit : La santé, un droit pour tou-te-s ! | La CGT pour un Hôpital humain, d'accès universel et 100% public

Alter summit : La santé, un droit pour tou-te-s !

lundi 10 juin 2013, par Christian Lefaure.

En Grèce, suite au mémorandum de la Troika (FMI, Commission Européenne et Banque Centrale Européenne) et aux réductions drastiques des ressources, le système de santé publique s’est rapidement et très fortement dégradé.

Le nombre d’hôpitaux publics a été réduit en deux ans de 137 à moins de 80, la sécurité sociale étant liée à l’emploi, et plus d’1,5 million de personnes étant sans emploi, c’est près du tiers de la population qui n’a plus aucune ressource, aucune couverture sociale, aucun accès aux soins qu’ils soient public ou privés. Et ceux qui ont accès aux soins publics ne sont pas sûrs du tout d’être « vraiment » soignés, les laboratoires pharmaceutiques ne fournissent plus ni médicaments, ni compresses aux hôpitaux surendettés et incapables de les payer ; les effectifs des soignants diminuent en permanence, des chimiothérapies sont stoppées en plein traitement, des opérations chirurgicales ne peuvent être réalisées. Près de 600 000 enfants seraient en état de famine au Portugal. Des études, que l’Europe se garde bien d’effectuer, montrent que les taux de morbidité (tuberculose, malaria, HIV,…), de mortalité, de suicides augmentent, que l’espérance de vie décroit dans les pays qui mettent en œuvre des mesures d’ajustement suite aux injonctions de la Troïka. La situation Portugaise, suit de près celle de la Grèce, le manque d’accès aux soins y est d’autant plus crucial que face à la crise, de nombreux jeunes émigrent et que la population restante y est âgée et donc requiert plus de soins.
On peut donc dire que les injonctions de l’Europe pour la réduction de la dette ont un effet quasi génocidaire sur la partie des populations touchées de plein fouet par la crise et ces populations ne sont pas marginales loin de là quand il s’agit du tiers ou plus de la population d’un pays.

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Alors que faire ?

Créer des structures de solidarité locales que l’on voudrait éphémères.

Au niveau local, en Grèce la solidarité s’organise, depuis deux ans plus de trente cliniques et pharmacies solidaires se sont créées, tous les médecins, pharmaciens, aide soignants, assistants sociaux, et membres de la société civile qui les font vivre sont totalement bénévoles. Elles accueillent gratuitement tous ceux qui sont exclus des systèmes de santé, ainsi la Metropolitan Community clinique à Helleniko près d’Athènes a soigné plus de 9500 personnes depuis sa création il y a un an et demi. Ces centres de santé sont totalement hors système monétaire (et veulent absolument y rester) : les médicaments qu’elles procurent proviennent de surplus dont des patients (ou des patients décédés) n’ont plus besoin, et lorsque cela ne suffit pas les technologies modernes de communication jouent un rôle essentiel : la clinique lance un appel sur facebook ou sur son blog et la plupart du temps obtient ce qu’elle réclame. Mais bien sûr ces centres ne peuvent répondre qu’à des soins primaires ; lorsque quelqu’un a une maladie longue durée, comme un cancer, la clinique ne peut pas le soigner. Alors à côté de leur rôle d’accès aux soins, toutes ces cliniques et pharmacies sensibilisent leurs patients à l’aspect inacceptable de la situation et les incitent à lutter pour que l’accès aux soins redevienne un droit.
Toutes ces structures s’espèrent éphémères et il faut souhaiter qu’elles le soient.

Faire reculer l’Europe sur la marchandisation de la Santé

Au niveau national, de nombreuses mobilisations ont lieu, à la limite parfois de l’insurrectionnel, mais elles n’empêchent pas la poursuite de la destruction des systèmes de santé imposée par l’Europe.
Reste donc le niveau Européen, il faut frapper à la source du mal. L’Europe prépare une nouvelle Directive (qui va être publiée en Septembre 2013) qui vise à mettre toute les structures et systèmes de santé sous la coupe des appels d’offre, de la concurrence, du marché. La santé en Europe ne devrait plus alors du tout être un « bien commun » cad hors marché, elle ne serait plus qu’un bien marchand si cette Directive était appliquée. Il faut amener l’Europe à faire marche arrière. Les associations de l’Altersommet ont lancé un appel dans ce sens (voir ci-dessous), elles le compléteront avec un livre noir de la santé en Europe avant les élections des députés européens de 2014 ; mais convaincre les députés n’est pas suffisant, cet appel sera transformé en pétition européenne sur le droit à la santé demandant qu’un référendum soit organisé pour faire sortir la santé du seul domaine marchand !
A coup sûr la santé est un domaine où une majorité d’Européens sont prêts à réclamer leurs droits. La réussite de cette initiative pourrait devenir un premier coin enfoncé par les peuples européens dans la politique ultra néolibérale de la Commission.

Christian Lefaure, membre de la délégation d’Attac France à l’Altersommet.

Appel de l’Alter Summit pour le droit à la Santé pour tous

Des centaines de représentant-e-s d’associations, d’organisations et de mouvements émanant de toute l’Europe, réunies dans le cadre de l’Alter Summit à Athènes ont, à partir de la situation dramatique en matière de santé en Grèce, et dans plusieurs pays du Sud, ont pu constater que les mêmes dégâts et les mêmes mécanismes sont en œuvre dans tous les pays européens.

Ils tiennent à dénoncer, notamment :
- l’austérité et ses conséquences en matière de santé, telles que l’exclusion des soins de santé, la déterioration des conditions de travail et des conditions de vie, de la protection sociale….
- la privatisation et la commercialisation de la santé, favorisées par l’Europe, qui coûtent très cher, n’apporte aucune plus value en matière de santé t de surcroit est excluante

L’Union européenne doit changer radicalement d’orientation en matière de Santé : nous exigeons qu’elle affirme que la Santé- comme la protection sociale- est pour tou-te-s un droit fondamental qui doit être garanti à tou-te-s, et qui ne doit en aucun cas être soumis aux logiques marchandes.
Dans l’urgence, nous exigeons l’abandon du projet de modification de la directive européenne sur les marchés publics, qui amènerait une accélération détestable de la privatisation et de la commercialisation de la Santé.
Ces représentants s’engagent à développer une mobilisation d’ampleur, dans une coordination internationale, incluant une pétition européenne, pour soutenir ces exigences. De même, ils déposeront un cahier de revendications auprès des autorités européennes et des candidats aux prochaines élections européennes afin que rapidement,

LA SANTE SOIT UN DROIT POUR TOU-TE-S !!

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