Au CHU de Toulouse, le triomphe du bullshit management.
Après la venue au CHU de Toulouse de Raphael Einthoven, éditorialiste de plateau télé qui niait le génocide des palestiniens pour une conférence sur l’innovation, la direction de l’Hôpital invite Silvia Garcia, ex Responsable marketing et directrice Mondiale de l’institut du bonheur Coca-Cola pour intervenir lors d’un séminaire consacré à la prévention.
Une nouvelle fois, la direction du CHU fait preuve au travers de cette invitation d’un cynisme qui n’a d’égal que la toxicité du management qu’elle déploie au sein de l’établissement.
En 2024, la publication d’un rapport d’expertise pour risques graves voté par le CHSCT en lien avec le management pathogène décrivait au sein du CHU les mécanismes d’un management par le stress et par la violence et ses effets délétères sur la santé des agent.e.s du CHU.
En effet, le rapport relate que 45% du personnel de l’établissement estime que son état de santéì est dégradéì avec une prévalence très importante des symptômes anxiodépressifs. Ce sont surtout les 27,3% des effectifs du CHU de Toulouse qui vivent actuellement une dépression modérée aÌ sévère qui alertent. Ce chiffre est particulièrement alarmant et constitue un précieux indicateur de l’état de santéì du personnel du CHU. Plus encore 10,8% des effectifs du CHU de Toulouse sont exposés aÌ une dépression plus grave (sévère- modérée ou sévère).
Nul doute que « l’expertise » de Silvia Garcia qui « mesure scientifiquement le bien être émotionnel en entreprise » saura être utile à des personnels toujours plus impactés par une contrainte budgétaire écrasante et qui dégrade toujours plus les conditions de travail.
Nul doute également que l’avis éclairé et éclairant de Madame Garcia sur la lutte contre le diabète et l’obésité, dont Coca cola est un des grands pourvoyeurs, soit des plus pertinents. Rappelons que ces deux affections chroniques, étroitement liées, sont considérées comme urgence sanitaire mondiale par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Mais au CHU du Toulouse, l’expertise de Coca Cola et des multinationales prévaut visiblement à celle de L’OMS. Après l’intervention d’un « facilitateur de bonheur » pour aider les agents à gérer leur stress avec le yoga du rire, la multiplication des conférences dont les invités font la promotion d’un bullshit management inquiète.
La présence du Directeur Général du CHU de Toulouse à la « REF Santé et the Top Eco Tonight Show » organisé par le MEDEF 31 interroge. Alors que le dialogue social entre direction du CHU et représentants du personnel est fortement dégradé, il semble que le patronat peut tranquillement dicter sa vision du monde de la santé et du travail.
Aujourd’hui, alors que des députés d’un parti créé par d’anciens SS et miliciens déclarent que « le travail rend libre », célèbre et funeste devise managériale, la direction du CHU de Toulouse doit prendre la mesure du mangement qu’elle promeut, celui où les mots n’ont plus de sens et qui met en œuvre des organisations du travail dans lesquelles les personnels, éprouvés, sont libres d’obéir.
