A l’occasion de mouvements de grèves et dans le contexte de la diffusion du reportage d’envoyé spécial « hôpital Public : la loi du marché » 9 membres CGT des CHSCT du CHU de Toulouse ont reçu des mises en garde écrites et blâmes simplement pour avoir mener leurs missions de membres CHSCT. Une Membre CHSCT du bloc pédiatrique en grève Nasahia Bouharira a été mutée sur un autre site de manière arbitraire.

Ces méthodes de direction n’ont pas leur place dans notre service public, la fédération CGT Santé Action Sociale exige le retrait de toutes les sanctions et mises en garde pour les membres CGT du CHSCT au CHU de Toulouse et la réintégration de Nasahia Bouharira dans le bloc pédiatrique. La fédération exige aussi le changement de management au CHU de Toulouse qui ne réagit que par la pression et la désinformation aux véritables problèmes mis en lumière par les représentants du personnel CGT.

Vote unanime des 110 votants du Conseil National Fédéral de la fédération CGT Santé Action Sociale.

Depuis la diffusion du reportage d’envoyé spécial, vous êtes nombreux-ses à nous poser des questions précises sur ce qu’il faut faire pour changer la situation de notre hôpital.

Voilà un document complet d’analyse et de propositions claires pour sortir de « l’Hôstérité » et se libérer des saboteurs de l’hôpital Public !

Bonne lecture.

qui sabote le CHU télécharger en PDF

Comme nous l’avions prévu, la direction du CHU de Toulouse ne s’est pas remise en question depuis le reportage d’envoyé spécial “hôpitaux public, la loi du marché” alors que beaucoup d’agents de l’Hôpital se sont reconnus dans le reportage et ont bien compris que ce n’était pas le service public qui était attaqué mais tous les sabotages du service public menés par le management de la direction, les banques et l’état. Bien au contraire ! La communication de la direction tente de disqualifier le reportage en le regardant par le petit bout de la lorgnette mais surtout en ne répondant pas sur le fond.

Nous constatons que le CHU n’a pas attaqué en diffamation Envoyé Spécial, car, bien sûr, il ne le peut pas, tellement le travail journalistique est documenté de preuves irréfutables. Faute de mieux, la direction attaque sur des détails et entretient la désinformation :

  • Le Dr Giron est à la retraite et met mal à l’aise ses collègues : Passons sur le mépris de la direction du CHU pour un de ces éminents représentants… Le Dr Giron a fait valoir ses droits à la retraite au CHU en 2015 et continue des vacations pour aider l’hôpital de montauban mais surtout est saisi par le CHSCT comme expert sur l’amiante et participe au Staff de pneumologie au CHU de Toulouse tous les mardis à l’Hôpital Larrey (ce qui explique pourquoi il a encore une blouse). Il était bien présent à la réunion sur le lean management, (la preuve ici : ) ce qui était l’objet de son apparition dans le reportage.
  • Il n’y a pas de chambres de 3 lits en gériatrie : Sur le papier c’est vrai mais ponctuellement cela peut arriver.  On prendra toujours en compte la parole d’une infirmière sur le terrain plutôt que celle de la direction déconnectée du terrain…
  • L’expert Jean Claude Vaslet a été licencié de ses précédents cabinets d’expertises : Et alors !!! Il continue de travailler dans un cabinet agréé par le ministère du travail (cabinet CADECO) ce qui prouve bien que ses compétences n’étaient pas en cause.
  • La CGT profite d’évènements dramatiques pour mobiliser : Et si c’était l’inverse… La CGT tente de mobiliser le personnel parce que des évènements dramatiques (voir signalements d’évènements indésirables, accidents de travail,…)  se sont produits ! C’est ça, le rôle d’un syndicat.
  • Les journalistes d’Envoyé Spécial sont de mauvais journalistes, Au Point ce sont des bons : On a la faiblesse de penser qu’une émission du service public menée par Elise Lucet a plus de valeur déontologique qu’un journal appartenant au milliardaire François Pinault… Mais ça ne tient qu’à nous…
  • La CGT s’oppose à la modernisation des organisations de service : Si la modernisation c’est “faire plus avec moins”, “auto-remplacement”, “rentabilité”, “productivité”, “polyvalence sans formation”, “déshumanisation” alors oui, la CGT s’oppose à cette marchandisation de l’hôpital.
  • Les 4 suicides au CHU de Toulouse ne sont pas liés au travail : Nous avons mandaté un cabinet d’expertise Addhoc pour analyser toutes les situations à forte suspicion de lien avec le travail (une a été reconnue en accident de travail), l’expertise n’est pas terminée mais la direction a déjà décidé que ce n’était pas en lien avec le travail… La direction meilleure que les experts !
  • La CGT veut déstabiliser l’hôpital alors que le droit syndical est respecté : Tout le monde connaît la lutte de la CGT avec les personnels contre le sous effectif (voir conflits récents) et pourtant 9 de nos camarades au CHSCT ont reçu des blâmes, mise en gardes pour avoir mener leur missions, une membre de la CGT du bloc de l’hôpital des enfants a été mutée arbitrairement à Rangueil… Oui, l’arbitraire règne au CHU de Toulouse.

Nous préparons une grande mobilisation des hospitaliers contre la tarification à l’acte et pour l’annulation de la dette auprès des banques du CHU de Toulouse qui cette année s’élève à 60 millions d’euros, c’est à dire l’équivalent de 1500 postes d’hospitaliers !!! Patrick Pelloux, en citant le toulousain Bernard Maris, a lancé cette proposition d’annulation des dettes de tous les hôpitaux pour pouvoir humaniser les organisations de travail : c’est ça la vrai modernité !

 

La CGT du CHU de Toulouse salue le travail de fond mené par les journalistes d’Envoyé Spécial pour le reportage « hôpital public, la loi du marché ». En effet, ils ont su pointer les dysfonctionnements engendrés par les politiques de marchandisation de la santé sans remettre en cause les agents dont le professionnalisme, la compétence et l’engagement quotidien maintiennent au contraire nos hôpitaux à flot. On se rend bien compte qu’un travail réel d’enquête et d’analyse a été fait et c’est tellement rare à la télévision qu’il nous faut le souligner.

Nous espérons que ce reportage fera prendre conscience à toutes et tous que pour sauver l’hôpital public et l’accès à des soins de qualité pour l’ensemble de la population, les hospitaliers comme les usagers doivent se mobiliser pour la fin de la tarification à l’acte (la fameuse T2A), la suppression de la dette des hôpitaux et la fin des injonctions « austéritaires » de l’état.

Concernant le CHU de Toulouse, nous pensons, malheureusement, que la direction du CHU de Toulouse ne se remettra pas en question et va continuer la désinformation et la pression, nous n’avons aucune illusion là dessus. Depuis l’enquête, 9 membres CGT des Comités d’Hygiène Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT)  ont reçu des blâmes, menaces pour avoir mené leur mission de prévention et une des représentantes CGT au bloc opératoire cité dans le reportage a été mutée de façon arbitraire sur un autre site.

Comme Patrick Pelloux l’a dit après le reportage : l’hôpital public doit retrouver des moyens financiers en sortant de la dette par son annulation pure et simple car elle est détenue par les banques prospérant ainsi sur la destruction du service public.

La sécurité sociale qui finance majoritairement les hôpitaux (et non l’impôt) doit retrouver des recettes supplémentaires par l’augmentation des cotisations patronales et non par l’augmentation de la CSG comme le voudrait ce gouvernement. L’Etat doit arrêter de faire pression et de ponctionner les hôpitaux notamment par la taxe sur les salaires qui représente 43 millions d’euros par an c’est à dire l’équivalent de 1000 postes par an pour le seul CHU de Toulouse. 1000 embauches dont on aurait bien besoin pour améliorer les conditions de travail et maintenir la qualité des soins.

Pour que cesse le sabotage de l’hôpital Public, la mobilisation commence le 12 septembre pour faire reculer ce gouvernement. Nous appelons tous les services de tous les hôpitaux de France à se mettre en lutte pour obtenir les postes nécessaires pour ré-humaniser et sauver l’Hôpital Public !

 

Nous avons mis en ligne une pétition « Pour le maintien de la gratuité des parking au sein de l’hôpital Purpan » à Toulouse.
 
Vous pouvez être signataire, si vous le souhaitez.
 
Nous avons besoin de tous et toutes pour la signer, la relayer afin d’augmenter le rapport de force avec la direction du CHU et de les faire renoncer à la mise en place de parking payant.
 
Cette lutte concerne l’ensemble des usager-e-s de l’hôpital, que vous soyez toulousain-e-s ou non. Si non arrivons a empêcher la mise en place de cette nouvelle taxe à Toulouse, cela pourra servir de support pour la faire supprimer celle existante dans d’autres villes….
 
Voici le lien: