Privatisation des crèches Purpan et Rangueil, ce que l’on sait du projet…


Dans le contexte de la grève du personnel et de campagne contre la privatisation lancée par des parents, une forte désinformation est organisée par la direction concernant ce projet. Grâce à quelques « leaks » nous en savons les grandes lignes.

Quel type de montage ?

La direction souhaite externaliser la « gestion et l’exploitation » de la crèche, c’est à dire ne pas avoir recours à un « marché public » classique pour reconstruire la crèche de Purpan (vétuste)  mais passer par une « délégation de service public » qui équivaut à une privatisation de la gestion et de l’exploitation tout en gardant la mission de service public, et la propriété effective des bâtiments, mais pas dans l’immédiat.

La différence c’est que dans le cadre d’un marché public c’est l’hôpital qui investit dans le bâtiment et il lui appartient tout de suite. Dans le cadre d’une « délégation de service public » c’est le prestataire qui investit, construit et récupère son investissement par les « résultats d’exploitation » c’est à dire en dégageant des marges sur l’activité de la crèche, par une hausse de productivité, de prix ou par la recherche de subventions.

Deux solutions : ou le prestataire est à but lucratif, et là les marges doivent être importantes, ou il est à but non lucratif mais déjà les marges à dégager pour le remboursement de son investissement sont une charge importante qui pèsera sur le bon fonctionnement de la crèche.

Le problème c’est que le projet porte sur Rangueil et Purpan, or la construction du bâtiment concerne Purpan seulement, alors pourquoi privatiser Rangueil aussi ? Peut être parce que le projet à d’autres objectifs…

Le personnel ?

Dans un premier temps, il sera proposé au personnel une « mise à disposition » c’est à dire que les agents qui le souhaite resteront de statut publics, mais les conditions de travail seront soumises au code du travail (enfin ce qu’il en restera si Macron réussit son opération « retour 100 ans en arrière ») c’est à dire des conditions moins bonnes pour les agents et en conséquence pour les enfants.

La direction a déjà décidé de proposer au bout de trois ans aux agents publics leur intégration dans la crèche privée, mais aussi que les nouveaux embauchés auront un statut privé, il s’agit donc bien à long terme d’une privatisation totale dont qu’il est question.

Mais plus fort encore, alors que beaucoup d’agents actuels veulent rester en crèche, la médecine du travail propose aux agents de  Rangueil, des consultations dans le cadre de « la prévention des risques de désinsertion professionnelle » (sic!) ce qui ne présage rien de bon… Nous pensons que le prestataire doit poser ses exigences en terme de reprise de personnel public (nombre et ancienneté…) … Rappelez vous ! Il faudra faire des marges !!! Sur le dos des agents et des enfants…

Quel prestataire ?

Nous n’avons pas d’information officielle mais nous savons que ce n’est pas la MNH (qui un temps était sur le projet) mais un prestataire  à but lucratif, (On a entendu parlé des « petits chaperons rouges », tristement célèbre pour son activité assez intéressée !

Les conditions d’accueil ?

La direction prétend imposer un cahier des charges équivalent aux conditions actuelles, voire même moins cher… Déjà, au vu de ce que demande les grévistes, les conditions actuelles déjà ne sont pas idéales. Ceci étant dit, la situation actuelle : l’amplitude de 6h-22h, le nombre de berceau par rapport au nombre d’enfants, l’ouverture partielle le samedi,  le même taux d’encadrement, le conseil technique des crèches, l’accueil d’enfants malades, avec un long traitement ou avec un handicap mais aussi le prix actuel… Il nous semble… Ne seront pas des conditions acceptables pour un prestataire qui veut récupérer son investissement et/ou faire du profit. Ou alors avec un accord à court terme pour pouvoir récupérer la gestion et restructurer ensuite…

Comment résister ?

Évidemment pour toutes ces raisons, un projet de privatisation est INACCEPTABLE pour les agents et pour les enfants. Nous sommes bien sûr POUR la reconstruction de la crèche de Purpan, l’amélioration du réseau avec les crèches plus proches des domiciles, la baisse du prix, mais dans le cadre d’un « marché public » et pas d’une « délégation de service public ». La direction a conscience du risque juridique (oui un juge peut requalifier le contrat de délégation de service public en marché public) mais aussi de la colère que provoque ce projet.

Il faut continuer à signer la pétition des parents, continuer à soutenir financièrement la grève des agents et surtout mobiliser autour de vous pour que la désinformation de la direction ne marche pas.

Comme pour les autres privatisations du plan « Avenir » du directeur général, brancardage, bionettoyage, parkings, etc. la CGT exige la ré-internalisation et l’abandon des projets de privatisation. Mais aussi que l’hôpital reçoive son investissement de la sécurité sociale (et pas de l’état, encore moins des banques) et ce en augmentant les cotisations sociales, c’est le seul moyen de ne pas générer de dette, et de ne pas tomber dans l’escarcelle d’investisseurs privés.

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Commentaires

  1. BALAGUE Jean-Jacques

    il faut résister la crèche appartient au public il faut amplifier ce mouvement

    Bon courage !!!! UN ANCIEN DE PURPAN et non à l’hopital entreprise!!!!!!!

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