Urgences psychiatriques du CHU en grève


Le personnel soignant des urgences psychiatriques a manifesté hier devant l'hôpital Purpan. /Photo DDM, Camille CrepySource : ladepêche.fr
Le personnel soignant des urgences psychiatriques a manifesté hier devant l’hôpital Purpan. /Photo DDM, Camille Crepy

Le personnel soignant des urgences psychiatriques du CHU est en grève reconductible depuis hier. Il réclame davantage de moyens humains pour faire face à l’augmentation de l’activité.

Agressivité verbale et physique, fugues des patients… L’équipe des urgences psychiatriques du centre hospitalier de Toulouse (CHU) tire la sonnette d’alarme. En grève depuis hier, le personnel soignant de Rangueil, et surtout de Purpan, réclame une remise à niveau des effectifs pour améliorer ses conditions de travail. « Nous sommes épuisés, certains ont craqué, victimes de burn-out, d’autres demandent à changer de service. La colère gronde depuis un moment », glisse un infirmier du site de Purpan, seul point d’entrée des urgences psychiatriques de l’agglomération toulousaine depuis l’explosion de l’usine AZF en 2001.

« Ils sont tous au bord de la démission. L’activité a considérablement augmenté, en lien avec la forte croissance de la population toulousaine », confirme Julien Terrier, secrétaire général CGT au CHU de Toulouse.

Dans l’agglomération toulousaine, qui accueille près de 15 000 nouveaux arrivants chaque année, les besoins en soins psychiatriques augmentent de 4 à 5 %. « Comme, en aval, les établissements manquent de place, on retrouve des patients qui stagnent chez nous jusqu’à une semaine dans des conditions inadaptées. Résultat, ils s’agacent, sont agressifs et comme on n’est pas assez nombreux pour s’occuper à la fois des urgences et de ceux qui sont là depuis plus longtemps, certains fuguent, quittent le service sans accepter les soins. Bien sûr, on les voit revenir plus tard, c’est sans fin », souffle Christophe Malinowski, infirmier depuis deux ans dans le service.

« En prison »

« Dans l’unité AUP, un service fermé de huit lits créé il y a quatre ans pour les patients les plus violents, j’ai l’impression d’être dans une cocotte-minute toujours sous pression. Les patients restent là plus longtemps que prévu, seuls dans une chambre fermée avec juste un lit scellé au sol, ça ne les calme pas tous, au contraire, ils se disent en prison. Et comme nous manquons aussi de médecins, les patients doivent parfois attendre toute la journée avant d’être examinés », raconte Edmond Girard, aide-soignant.

« Lors des agressions verbales ou physiques, on essaie de calmer le patient en jouant sur l’effet de groupe. Mais comme on est de moins en moins nombreux… » poursuit un infirmier. Il ajoute : « Toutes les personnes alcoolisées sur la voie publique échouent chez nous. J’appelle ça de la sécurisation à outrance et ça nuit à notre fonctionnement. ».

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