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Les echos.fr : Public-privé  : l’écart n’est pas aussi grand qu’on le pense | La CGT pour un Hôpital humain, d'accès universel et 100% public

Les echos.fr : Public-privé  : l’écart n’est pas aussi grand qu’on le pense

Par Vincent Collen | 09/06 | 17:53

Le mode de calcul des pensions de retraite, différent pour les salariés du privé et les fonctionnaires, ne provoque pas d’écart flagrant à niveau de revenu équivalent.

Si François Hollande hésite à modifier la façon dont sont calculées les pensions des fonctionnaires, ce n’est pas sans raison. Les chiffres montrent que les inégalités entre le public et le privé en matière de retraite sont loin d’être évidentes. C’est le cas en particulier si l’on compare le niveau de pension et le dernier salaire. Ce taux de remplacement est regardé de près par les futurs pensionnés, qui veulent savoir quelle perte de pouvoir d’achat ils subiront en passant de la vie active à la retraite.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a examiné des cas types pour éclairer le débat  : un cadre supérieur du privé, un non-cadre et plusieurs profils de fonctionnaires  : policier, enseignant, haut fonctionnaire, agent de catégorie B… Le résultat  ? De fortes disparités, mais pas tant entre les salariés du privé et les fonctionnaires qu’entre les différents niveaux de revenus.

Taux de remplacement décroissant en fonction du salaire, dans le privé

Au sein du secteur privé d’abord. Un cadre né en 1950, gagnant 7.400 euros brut par mois en fin de carrière, parti à la retraite en 2010, jouit d’un taux de remplacement de 56%. Autrement dit, il touche une pension d’un peu plus de 4.000 euros. Un non-cadre de la même génération, gagnant 2.400 euros à la fin de sa vie active, bénéficie d’un taux de remplacement beaucoup plus élevé (75%), ce qui lui donne une retraite de 1.800 euros.

Pourquoi un tel écart  ? « Le taux de remplacement décroît en fonction du niveau de salaire », explique le COR. D’abord parce que les carrières des cadres sont ascendantes. Comme la pension est calculée sur une période longue – les 25 meilleures années –, l’écart est grand entre la retraite et le dernier salaire. Les non-cadres ayant des carrières plus plates – leurs salaires progressent moins vite –, l’effet est atténué pour eux. Autre explication, les cotisations sont plus importantes sur la part du salaire inférieure au plafond de la Sécurité sociale. Plus le salaire est élevé, plus le taux de cotisation est faible.

Peu de cotisations sur les primes, dans le public

Au sein de la fonction publique, les taux de remplacement sont eux aussi très différents. Toujours pour la génération née en 1950, il atteint environ 75% pour un enseignant ou un policier, mais il tombe à 68% pour un agent de catégorie B et à 54% pour un haut fonctionnaire gagnant 7.400 euros en fin de carrière. Dans la fonction publique, les différences s’expliquent essentiellement par le fait que les agents ne cotisent pas, ou très peu, sur leurs primes. En conséquence, plus la part des primes dans la rémunération est forte, ce qui est le cas des hauts fonctionnaires, plus le taux de remplacement est faible. Les enseignants, qui ne touchent pratiquement pas de primes, ont ainsi d’un taux de remplacement élevé.

Les cas types du COR tendent donc à montrer que la différence de mode de calcul entre le public et le privé ne conduit pas toujours à des taux de remplacement différents, à niveau de revenu équivalent. Et que les réformes engagées ne feront pas chuter le taux de remplacement, en tout cas, pas à moyen terme. Ils montrent aussi la limite de la notion de taux de remplacement, qui varie fortement selon le profil des carrières

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