Après sa première victoire contre sa notation au Tribunal Administratif, Mr Harrat, brancardier du CHU de Toulouse représentant du personnel CGT, vient de faire annuler un blâme que lui avait infligé le DRH du CHU de Toulouse par un jugement de la cours d’appel de Bordeaux.

Le CHU de Toulouse reprochait à Mr Harrat une attitude “menaçante” et “agressive verbalement” envers une cadre et la “détérioration de matériel informatique” sur le piquet de grève organisé par les agents pendant le déménagement de la psychiatrie en 2013.

Le jugement en appel est sans équivoque : “les propos (…) n’ont pas revêtu un caractère injurieux”. “Il ressort également des pièces que la chute du matériel informatique (…) a été causée par le basculement du chariot, dû à une excavation dans le sol (…) à environ 50 mètres des agents participant au piquet de grève”… Le montage de la direction du CHU n’a pas tenu devant le tribunal. Suite à ces évènements Mr Harrat avait été muté dans un service de réanimation de Purpan sans formation préalable, clairement dans le but de le déstabiliser.

Mr Harrat continue son combat contre la discrimination syndicale dont il est victime mais cette fois auprès du Tribunal de Grande Instance. Nous rappelons que Mr Harrat dispose d’un mail d’échange entre sa directrice de pôle et le DRH du CHU de Toulouse comportant les propos suivants : “En arrêt pour 8 jours. (Un de moins dans les couloirs de Putois (bâtiment de Purpan) à ameuter les foules”. Motif de l’arrêt : “stress et insomnie suite à conflit professionnel. Parfait !!!!!! A suivre.”

Extrait du mail de la direction du CHU de Toulouse.

La CGT du CHU de Toulouse soutien aussi six autres représentant.e.s du personnel  victimes de blâmes dans le cadre de montages du même ordre, dont Mme Bouharira (membre CHSCT CGT) aide soignante au bloc pédiatrique de Purpan dont le service était en grève au moment des faits suite à une réorganisation. Elle aussi victime de l’arbitraire de ce même  DRH (sanction déguisée sous la forme d’une mutation dans l’intérêt du service). Nous soutenons aussi 6 agents grévistes du transport de prélèvement 801 blâmés dans le cadre de leur conflits.

 

La CGT du CHU exige au nouveau Directeur Général du CHU de Toulouse de cesser toutes pratiques discriminatoires envers les représentants du personnel et les agents grévistes, le retrait des blâmes reçus dans le cadre de missions CHSCT et des mouvements de grève notamment et la réaffectation dans leur service d’origine des agents mutés arbitrairement. Ces pratiques managériales d’un autre âge doivent cesser au CHU de Toulouse.

 

Nous analysons ce mouvement comme une colère populaire spontanée expliquée par des années de politique de mépris, de casse des droits du travail, de baisse des salaires, des cotisations sociales et de la mise en place d’une fiscalité injuste dont fait parti la Taxe sur les carburants pesant sur les plus pauvres. Nous condamnons tous les propos ou actions à caractère sexiste, raciste ou homophobe qui ont eu lieu sur les blocages et nous sommes persuadé que ce mouvement doit combattre ces agissements qui l’affaiblissent.

Mème si, bien évidemment, nous défendons l’impôt et les services publics en général, nous sommes aussi contre un impôt en particulier : contre la taxe sur les salaires appliquée aux hôpitaux. Au CHU de Toulouse, nous payons 41 millions d’euros d’impôts !!! L’équivalent de 1000 postes d’hospitalier.e.s !!! Voir la déclaration d’impôt du CHU de Toulouse TAXES SUR LES SALAIRES 2017. Il s’agit d’un impôt injuste qui à lui seul met les hôpitaux en difficulté ou en déficit : il représente 5 milliards d’euros par an… (= 125.000 postes d’hospitaliers !) Cet impôt doit être abrogé et compensé par une augmentation des impôts des plus riches, le rétablissement de l’ISF ou des impôt sur les profits.

La seule protection contre les grands risques de la vie (santé, vieillesse, chômage, retraite) de toute la population est la sécurité sociale, ce gouvernement baisse les cotisations sociales qui la financent et qui financent en particulier aussi les hôpitaux, qui casse notre statut et nous précarise et qui prévoit une retraite par point défavorable à l’intérêt des femmes et des hommes de ce pays… Ce sera la lutte et l’action syndicale qui fera cesser les politiques d’austérité contre les plus pauvres et en faveur des riches.

Nous voulons que les hôpitaux aient enfin la possibilité d’embaucher et d’améliorer la prise en charge et notamment améliorant la prévention et l’accès universel aux soins. Nous sommes attachés à une transition écologique juste qui coïncide avec les intérêts des travailleurs, donc anti-profit, notamment en développant les transports collectifs propres et gratuits en particuliers dans les campagnes.

Nous appelons les hospitaliers à manifester samedi 24 novembre 2018 à 9h Place Wilson et nous déposons un préavis de grève illimité à partir du 29 novembre 2018 sur le CHU.

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PLAN « MA SANTE 2022 »

#PERSONNELS/SOIGNANTS et USAGERS OUBLIES

Le président de la République présentait le 18 septembre le plan « Ma santé 2022 ». Elaboré sans bilan partagé ni concertation avec les représentants de plus d’un million d’agents, cet énième plan « techno-élyséen » fait abstraction de nos difficultés. La création envisagée d’un nouveau métier sans qualification (assistant médical), nous laisse perplexe. Ces 4000 postes seront financés par l’État au service des seuls médecins libéraux. Quelle formation diplômante et qualifiante en un délai si court ?

S’agira-t-il d’infirmiers ou d’aide soignants sous-payés ou sous-qualifiés pour des fonctions assez floues, alors même qu’un renforcement des infirmiers de pratiques avancées et de nouvelles compétences pour les aides-soignants sont annoncés ?

Outre les soignants, les grands oubliés de ce plan sont les personnels des filières administrative, logistique et technique de catégories C, salariés les moins rémunérés.

Le 20 novembre, les agents hospitaliers et les médecins doivent rappeler aux tutelles que la réforme du système de santé a été élaborée sans prendre en compte leur avis, sans réelle reconnaissance de leur métier ni valorisation salariale décente est inconcevable ! L’attaque massive sur la sécu doit être stoppée/

LE 20 NOVEMBRE, ENSEMBLE REVENDIQUONS :

Ø L’augmentation du point d’indice et des taux CET honteusement bas (inférieur au SMIC pour les catégories C).

Ø Des effectifs normés en adéquation avec la charge de travail réelle.
Ø La reconnaissance des personnels « usés » par des conditions de travail dégradées en réévaluant les postes aménagés.
Ø La reconnaissance du diplôme d’Aide-Soignant au niveau Bac Pro (niveau IV), avec accès à la catégorie B et conservation de la catégorie active.
Ø La reprise de la réingénierie (master) des diplômes d’IBODE (Infirmier-e de bloc opératoire) et d’IPDE (Infirmier-e puériculteur-trice).
Ø La reconnaissance des compétences IADE (autonomie, ambulatoire, douleur…). Ø La suppression de l’ordre infirmier pour les salariés : les IDE ne veulent toujours pas payer pour travailler !
Ø La reconnaissance de la pénibilité avec un départ anticipé à la retraite.

Ce manque de considération et d’écoute envers les professionnels travaillant dans la difficulté laisse penser que s’il faut traverser la rue pour se faire entendre, ils le feront !