Les infirmiers, infirmières du bloc opératoire de l’hôpital des enfants au CHU de Toulouse sont en grève depuis le 11 Mai 2017.

En Avril, un courrier signé de l’ensemble de l’équipe infirmière a été envoyé au Directeur Général du CHU ainsi qu’à tous les chefs de service médicaux et paramédicaux du Bloc concernant l’ensemble de leurs revendications.

Elles demandent un planning conforme à la réglementation et refusent la mutualisation forcée.

Malgré la nouvelle politique attractive du CHU concernant les salaires des nouveaux CDD embauchés sur les BLOCS, on déplore une fuite du personnel, des agents épuisés physiquement et mentalement.

Il manque actuellement 7 postes Infirmiers sur ce Bloc Opératoire.

Le bloc opératoire de l’hôpital des enfants, centre de référence, est un service pluridisciplinaire qui accueille toutes les spécialités, ainsi que toutes les urgences pédiatriques 24H / 24H 7 jours sur 7. Cela demande au personnel en poste un temps de formation important, d’autant plus pour les infirmiers sortant de l’école.

Un plan de formation immédiat et adapté à notre pluridisciplinarité est donc nécessaire et urgent.

A ce jour, malgré les négociations préalables, une intervention de 14 infirmiers au CHSCT, une entrevue avec la Directrice des Soins et une rencontre avec le Directeur du CHU de Toulouse, aucune décision sur les points importants de leurs revendications n’ont fait l’objet d’un accord signé.

Témoignage d’une auxiliaire en puériculture du CHU de Toulouse persécutée par la direction depuis qu’elle a refusé de changer de service et qu’elle s’est engagée pour la défense de ses collègues.

« 17 ans que je suis dans le milieu hospitalier, entre études, stages et profession, 17 ans que je baigne dans le milieu sanitaire et social, 17 ans de blouses, de pyjamas plus ou moins blanc… Une fierté à l’époque, aujourd’hui je n’arrive même plus à porter ma tenue…

Je me suis toujours demandée si je ne m’étais pas trompée… si vraiment j’étais au bon endroit depuis toutes ces années… Mais si je reste auprès de vous c’est que je sais au fond que j’ai fait le bon choix… Comment peut-on passer autant de temps à vous veiller, à se battre pour vous donner le sourire quit à se rendre ridicule, comment peut-on vous garder dans nos bras jusqu’au tracé plat… Si notre place n’est pas là.

Que s’est-il passé dans ma tête, qu’est ce qu’il m’as pris de vouloir faire plus pour vous mes  petits patients… Rien que de le dire…  Je me  suis prise à rêver en regardant mes collègues, que je pourrais faire plus, que je pourrai préparer de quoi soulager vos douleurs, que je pourrai vous masser jusqu’à ce que vos petits cœurs repartent… Faire plus que ce que j’ai le droit de faire aujourd’hui. Voilà mon projet pour 2017… Pouvoir faire plus pour vous, petits patients de l’hôpital des enfants…

Peut être que ce sont ces mots que j’aurai du lui dire l’hiver dernier… quand j’ai refusé un énième changement de service… Peut être que lui dire que je voulais préparer mon concours d’entrée à l’IFSI dans les meilleures conditions ça n’était pas clair… Il l’as été lui : « il y aura des conséquences »… 8 mois que cette phrase a été prononcée et elle résonne encore, moins que son sourire devant mes larmes… Comment sourire lorsqu’on menace quelqu’un qui pleure… A ce jour je ne maitrise pas encore moi même l’impact que cela aura au final dans ma vie, mais au jour d’aujourd’hui la douleur est intacte et plus vous m’attaquez plus elle se décuple.

Je me rappelle parfaitement du jour où je suis arrivée dans le local de mes délégués syndicaux et que je leur ait dit  » J’ai besoin d’aide » et  8 mois après ils sont toujours là…

Le CHU as tout tenté pour me faire taire, me faire peur, me faire passer à l’acte… Les attaques vont crescendo chaque semaine.

J’ai mis du temps à accepter que c’était moi la malade, que je devais passer de l’autre côté du badge… À répondre aux questions des soignants tout en sachant à quoi ils voulaient en venir, remplir les feuilles que je tenais d’habitude entre mes mains…

Je me suis battue pour sortir la tête de l’eau contre toutes les « conséquences » qu’ils pensaient que je méritais… Je me suis battue et j’ai entendu plus d’une fois, c’est le CHU… je ne peux pas continuer à vous recevoir, je ne peux pas vous faire ce papier, je ne peux pas noter ça…  Mais.. pour qui je travaille au fond…

Un jour une camarade m’a dit, ta place, elle est avec nous… on a besoin de toi…  J’ai mis du temps à me dire que ma place pouvait être ailleurs et au fond il est là mon problème… Alors je me suis lancée, parce qu’au fond, protéger les gens qui prennent soins de vous c’est toujours prendre soin de vous… Alors si c’est comme ça que je serai utile pour vous je le ferai du mieux possible, je vous le promets.

Petits patients je dois vous dire que je gêne… je gêne de plus en plus… c’est dur de prendre soin de vos soignants… Il n’y a pas beaucoup de budget pour des masques à votre taille mais il y en as beaucoup pour les accusés de réceptions qu’ils m’envoient…

Il y a 8 mois je chantais la “reine des neiges” où les “petits poissons”, je dansais sur Kendji Girac ou, au son des “Barbes à papa”…

Aujourd’hui je prononce les mots « procédures, décrets, lois, instances, TGI »; je marche dans les commissariats et je m’assoie dans les tribunaux…

Hier, mes collègues disaient qu’elles prenaient plaisir à travailler avec moi, que j’étais une super soignante, une observatrice fine, une soignante calme malgré les tensions et les situations d’urgences, une personne toujours prête à aider, porter main forte, soutenir et remplacer celle qui en avait besoin, une soignante sur qui on pouvait compter et avec qui on était sûr de rigoler.

Aujourd’hui, j’ai une procédure disciplinaire sur le dos, et mes collègues disent qu’elles n’ont rien osé me dire et faire, que je les mets très mal à l’aise et que je leur fais perdre leurs moyens, qu’elles connaissent mes antécédents…

Aujourd’hui j’ai une, voir deux plaintes déposées contre moi, …

Une pour « Harcèlement moral, agissements répétés ayant pour objet ou effet une dégradation des conditions de travail pouvant porter atteintes aux droits, à la dignité, à la santé ou à l’avenir professionnel d’autrui« ….

Une deuxième où je suis assimilée ainsi que mes camarades, à des vols, dissimulations de matériels ayant entrainé la mise en danger de patients.

On me l’a dit cet après-midi, la prochaine attaque, on vous accusera de la mort d’un enfant, il faut vous préparer à ça…

Aujourd’hui, petits patients j’ai besoin de vous, de vos parents, des vos parrains et marraines, de vos oncles et tantes, de vos cousins et cousines, de vos amis… J’ai… On… a besoin de vous  pour que nous puissions prendre soins de vous… On a besoin d’être entendu, on a besoin de votre aide maintenant, on a beaucoup de chose à vous dire et on a plein d’envies pour vous et vos soignants et on a besoin de votre aide pour être entendu.

Je suis prête à tout pour laver mon honneur car je suis une belle personne et une très bonne soignante.

A ceux qui sont là aujourd’hui à me dire que je les impressionne et que je suis forte, je ne peux que leur dire merci, je ne vois pas encore tout ça mais je suis touchée de vos sourires, de vos mains dans le dos et baisers sur le front.

Je brise le silence, pour vous petits patients, … »

Tract ordre infirmier CHU de Toulouse MODÈLE DE LETTRE DE REFUS D’ADHÉSION

NOM Prénom

Adresse

 

 

 

Monsieur le Directeur Général du CHU de Toulouse

Hôtel Dieu St Jacques

2, rue Viguerie

31059 Toulouse Cedex 9

 

Le ……………………………………………… (date)

Monsieur le Directeur Général,

Dans votre courrier du …………………(date), vous me signifiez que l’exercice de la profession d’infirmier.e est subordonné à l’inscription à l’Ordre Infirmier du département et que faute de satisfaire à cette formalité, je serais en position d’exercice illégal de mon métier.

L’article 63 de la Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires a introduit pour les IDE employé.e.s par les établissements de santé, une inscription automatique de ces derniers, un décret devant préciser les conditions d’application de cette mesure.

A ce jour, le décret prévu par la loi n’est toujours pas paru au Journal Officiel.

Les deux seules conditions exigées aujourd’hui pour exercer la profession d’infirmier.e dans un établissement public de santé sont le diplôme d’État et l’inscription au fichier ADELI. Je remplis parfaitement ces deux obligations et considère donc que je suis en règle par rapport à la réglementation.

Il va de soi qu’en cas d’évolution de cette réglementation, je reconsidérerai ma situation pour être en conformité avec la loi.

Veuillez croire, Madame la Directrice, Monsieur le Directeur, à l’assurance de mon plus profond respect.

 

NOM Prénom

Signature

Face à la dégradation de leurs conditions de travail et au nouveau projet de la direction du CHU de Toulouse, les personnels du bloc opératoire sont entrés en grève ce jeudi 11 mai.

En effet, la direction n’a que faire de la parole des agents. A la réunion du CHSCT, le directeur de Purpan n’a rien trouvé de mieux à dire face aux 14 infirmières présentes que « lui aussi souffrait mais ne pleurait pas devant tout le monde » C’est une honte.
Les conditions de travail se dégradent, les nouveaux planning imposent les congés aux agents, les salaires au vu du travail effectué sont inacceptables!

La conscience professionnelle de ces agents est sans failles mais elles sont à bout, et par cette grève c’est aussi les enfants opérés qu’elles défendent!

Soutenez les!

« Soutien grève bloc opératoire enfants CHU Toulouse »

Face à la dégradation de leurs conditions de travail et au nouveau projet de la direction du CHU de Toulouse, les personnels du bloc opératoire sont entrés en grève ce jeudi 11 mai.

En effet, la direction n’a que faire de la parole des agents. Hier se tenait une réunion du CHSCT ou le directeur de Purpan n’a rien trouvé de mieux à dire face aux 14 infirmières présentes que « lui aussi souffrait mais ne pleurait pas devant tout le monde » C’est une honte.

Les conditions de travail se dégradent, les nouveaux planning imposent les congés aux agents, les salaires au vu du travail effectué sont inacceptables !

La conscience professionnelle de ces agents est sans faille mais elles sont à bout, et par cette grève c’est aussi les enfants opérés qu’elles défendent !

Un rassemblement est organisé à l’hôpital des enfants mardi 16 mai de 10H à 12H.