Ce 22 septembre 2015, Julien Sanchez, maire d’extrême droite de Beaucaire, a été condamné à une amende de 1500 euros par le Tribunal correctionnel de Nîmes pour délit d’injure à l’encontre d’une syndicaliste CGT enseignante, Sylvie Polinière. Il avait stigmatisé, dans un communiqué, des militant-e-s syndicalistes « sans éducation, aigris, privilégiés et sectaires » et « dont le comportement n’a rien à envier à celui des racailles ». Le maire de Beaucaire a fait appel de sa condamnation. Le jour de l’audience, une cinquantaine de partisans du maire faisaient face, au tribunal, à autant de syndicalistes (CGT et Solidaires). En réaction au jugement, le maire FN a déclaré : « Ils peuvent me faire condamner, installer la guillotine devant le Palais de justice, je continuerai à dire ce que j’ai à dire. »

Injures, pressions et réactions syndicales

L’affaire, qui remonte à l’été 2014, trouve son origine dans le refus de syndicalistes enseignant-e-s de serrer la main du maire FN et de siéger à ses côtés au Conseil d’administration d’un lycée. Le maire a réagi par le communiqué précité, sur un ton violent, puis a porté plainte contre la syndicaliste. Il prétend qu’il y aurait eu « outrage envers personnes dépositaires de l’autorité publique », à son encontre, et des insultes auraient été proférées. L’audience de cette affaire a été renvoyée au 27 janvier 2016.Ce maire  avait également porté plainte contre le journal ‘Midi Libre’ pour ne pas avoir diffusé un ‘droit de réponse’ qu’il lui avait envoyé. Le jugement est mis en délibéré au 24 novembre 2015.

Un autre maire, celui de Béziers (apparenté FN) a traité, le 24 septembre dernier, un enseignant de « petit con » car celui-ci a refusé de lui serrer la main lors d’une visite de l’école George-Sand (l’enseignant l’avait toutefois salué oralement). Et ceci quelques jours après que Robert Ménard se soit plaint de façon ironique, sur le plateau du « Grand journal » de Canal +, d’avoir été traité de « petit con » par l’humoriste Guy Bedos. Non content d’avoir proféré cette insulte dans l’exercice de ses fonctions, Robert Ménard a ajouté qu’il ferait déplacer l’enseignant de « sa » ville, et que ce dernier « mériterait une gifle » (ou « deux » selon certaines sources).

Réagissant à cette injure, la fédération SUD Education a publié un communiqué demandant que le ministère de l’Education active la protection juridique due aux fonctionnaires, pour accompagner l’enseignant victime dans ses démarches. La fédération SUD Education demandait aussi au gouvernement « une mesure disciplinaire de suspension de ses fonctions contre Robert Ménard, sanction prévue dans le Code Général des Collectivités Territoriales ».

De son côté, la fédération UNSA Education a réagi en annonçant « une réaction intersyndicale (…) pour saisir les instances et en appeler à la directrice académique (…), au préfet de l’Hérault et à Mme la ministre de l’Education ». Selon « Le Midi Libre » du 28 septembre, le secrétaire général national de l’UNSA Education, Christian Chevalier, annonce avoir eu un contact avec le cabinet de la ministre de l’Education qui aurait confirmé à cette occasion « que le dispositif de protection juridique du fonctionnaire a été activé par le rectorat de l’académie de Montpellier », et que « l’enseignant victime (…) sera donc accompagné dans ses démarches juridiques par les services du rectorat ».

Deux professeures des Ecoles à Béziers, Lisa Scotto di Fasano et Hélène Penven, ont, par ailleurs, rédigé une « Lettre ouverte citoyenne suite aux insultes du maire de Béziers à un enseignant ». Elles écrivent : « Nous sommes enseignants. Hommes et femmes d’horizons différents, d’âges variés et d’opinions parfois divergentes. Tous, nous avons choisi ce métier pour une raison qui nous est propre. Mais tous, nous œuvrons pour la même chose : l’égalité des chances, la réussite de tous nos élèves et la transmission de valeurs républicaines telles que le respect, la solidarité et l’entraide. Mais aujourd’hui, nous sonnons le signal d’alarme (…) »

Dans un communiqué envoyée à la presse le 28 septembre, le maire de Béziers tente d’ailleurs de rétropédaler quelque peu, tout en se posant en victime : « Se voir refuser devant témoins une main tendue est quelque chose de particulièrement violent pour celui qui en est victime. Celui qui refuse de vous saluer en public, d’un air narquois, vous inflige sciemment une forme d’humiliation. Je me suis senti agressé, et d’une certaine manière, c’est une forme d’agression gratuite. Aurais-je dû m’abstenir de conclure l’échange par ces mots de « petit con » ? Oui, je le concède volontiers. (…) »

Attaques contre la culture

La palme du trimestre revient à la mairie de Cogolin qui a conçue une affiche montrant un coq… mais un coq marchant au pas de l’oie ! Cette affiche devait illustrer la « fête du coq » (traditionnelle) qui s’est tenue les 5 et 6 septembre.

A Villers-Cotterêts (Aisne), la municipalité FN de Franck Briffaut a refusé la présentation d’un recueil de textes, accompagnant des peintures et des sculptures, dans une exposition à la médiathèque de la ville (du 19 septembre au 18 octobre 2015) réunissant les peintures de paysages abstraits de la Néerlandaise Victoria Kloek et des sculptures réalisées par la Française Sophie Verger. Suite à une semaine de travail commun à Zierikzee, aux Pays-Bas, les deux femmes avaient tiré un recueil intitulé « Sur terre en mer », présentant leurs œuvres respectives. Or, ce recueil, financé par le Conseil régional de Picardie, comporte à la page 22 les lignes suivantes  : « Les monstres arrivent comme une montée des eaux » : « C’est un amusement d’atelier. (…) Amusez-vous, cela symbolise ? La montée de l’extrême droite ? » Ces quelques mots ont dû profondément déranger à la mairie FN. Répondant à une question l’hebdomadaire « L’Express » (article du 19 septembre 15), le service de communication de la municipalité a prétendu « ne jamais avoir entendu parlé d’un quelconque recueil ».

A Camaret-sur-Aigues, le maire Philippe de Beauregard (anciennement Ligue du Sud, désormais appartenant au FN) a fait retirer, à la mi-septembre 2015, les affiches du film « La belle saison » de Catherine Corsini de sa ville et du hall de la mairie. Il a aussi fait supprimer toute mention du film, sorti le 19 août, qui raconte l’histoire d’amour d’une Parisienne avec une jeune paysanne au début des années 1970, sur fond de mouvement de libération des femmes, du site Internet de la mairie. Le film a néanmoins pu être projeté dans une salle de cinéma de la ville, à partir du 17 septembre.

Le directeur du cinéma itinérant Cineval, qui a montré ce film dans une vingtaine de communes du Vaucluse, a déclaré : « (Le maire) nous a dit que ce film n’était pas compatible avec ses idées, que certaines scènes étaient choquantes, et qu’il ne voulait pas faire la promotion de ce film. » De son côté, le maire assure que « J’ai vu le film, (qui) est émaillé de scènes érotiques en gros plan, je n’ai pas voulu en faire la promotion avec les moyens municipaux. (…) J’ai utilisé ma liberté d’expression pour avertir les parents qu’à mon sens ce n’est pas un film pour les enfants. L’histoire aurait concerné un couple d’hétérosexuels, j’aurais eu la même réaction. »

Le 18 septembre, la réalisatrice Catherine Corsini lui a répondu par une lettre rendue publique sur le site de la Société des réalisateurs de films : « A vous encroire, Monsieur Philippe de Beauregard, on devrait rhabiller les statues de nues, mettre un voile sur les peintures de Courbet, Manet, Renoir et de tous les peintres qui ont su croquer la nudité avec réalisme. Nous devrions aussi interdire les musées à la jeunesse (…). » La réalisatrice dénonce un « acte autoritaire, intolérable ».

A Fréjus, l’entreprise ‘la patrouille de l’’événement’, dont les dirigeants sont liés au FN ou à d’autres groupes d’extrême droite, continue d’organiser la programmation estivale de la ville, sur délégation de service public. Le 31 juillet dernier, l’entreprise d’évènementiel a particulièrement gâté les mélomanes d’extrême droite en programmant lors d’un concert le groupe ‘In mémoriam’, issu de la scène du rock identitaire français, en première partie de ‘La souris déglinguée’.

Autoritarisme et politiques sécuritaires

A Bollène, une accusation grave pèse sur deux policiers municipaux. ‘Le Dauphiné’ a révélé, le 17 juillet dernier, qu’une plainte avait été récemment déposée contre ces fonctionnaires municipaux qui auraient procédé à l’interpellation musclée d’un père de famille de 22 ans en l’humiliant sur la voie publique. Les faits remontent au 31 mai 2015. Le jeune homme aurait été frappé au visage, puis contraint – sous la menace d’un chien dont la muselière avait été ôtée – d’enlever son pantalon et son caleçon, en pleine rue. La plainte, appuyée par plusieurs témoignages, a été déposée auprès de la gendarmerie de Bollène qui a lancé une enquête. Avant même de connaître les conclusions de cette enquête, la mairie a réagi rapidement, déclarant au journal ‘Le Dauphiné’ : « (…) Tout a été fait selon les règles de la police municipale. En aucun cas, il y a eu agression sexuelle. Les policiers sont restés dans leurs droits. »

A Hayange, lors de la séance du Conseil municipal du 1er septembre, un opposant a été expulsé manu militari et transporté aux urgences. Gilles Wobedo est l’une des figures du collectif citoyen ‘Hayange en résistance’. Le maire, Fabien Engelmann, a lancé des procédures judicaires contre ce collectif, lui reprochant une prétendue diffamation, et faisant facturer des frais de justice de 5000 euros à la municipalité alors qu’il agit en son nom propre. Gilles Wobedo avait répondu au maire qui reprochait au collectif de dire publiquement qu’il agissait à l’encontre de certaines lois, par ces quelques mots : « C’est le cas, Monsieur le maire. » Fabien Engelmann ordonna alors son expulsion, soi-disant pour avoir perturbé la séance, alors que des militants du FN ont pu s’exprimer tout au long de la réunion en gloussant, en ricanant, en vociférant ou en applaudissant. Deux policiers municipaux se sont alors jetés sur le jeune homme et l’ont plaqué par terre avant de l’expulser de la salle, lui occasionnant un œdème et de multiples hématomes. L’un des deux agents municipaux, précédemment en service à Saint-Avold, est poursuivi en justice dans une affaire de violence commise contre une personne vulnérable, en juillet 2015.

Lors de cette même réunion, Fabien Engelmann a fait retirer sa délégation, une fois de plus, à son ex-premier adjoint, Damien Bourgois. Ce dernier avait pris ses distances avec le maire à cause de l’implication de ce dernier dans une affaire de financement de campagne illicite (voir édition précédente de nos Chroniques). C’est la troisième fois depuis son élection, en mars 2014, que le maire FN de Hayange change ainsi de premier adjoint. Sa majorité, initialement de 33 élus, s’est réduite à 18 têtes Et il soupçonnerait Damien Bourgeois de vouloir figurer sur une liste ‘dissidente’ d’extrême droite aux régionales de décembre 2015, composée notamment de partisans de Jean-Marie Le Pen.

Racisme, discrimination, immigration

L’actualité, et notamment les événements autour de ce qui a été appelé la ‘crise des réfugiés et migrants’ dans toute l’Union européenne pendant l’été 2015, a placé les mairies en première ligne.

Celui de Beaucaire, Julien Sanchez s’est présenté à la réunion tenue à la Maison de la chimie, à Paris, le 12 septembre 2015, entre le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et les représentant-e-s de plus de 700 communes. Il s’agissait, lors de cette réunion, de présenter les aides du gouvernement aux municipalités afin de faciliter l’accueil des demandeurs d’asile. Choisissant la provocation délibérée, Julien Sanchez a pris la parole devant l’assistance, pour dénoncer le fait que le gouvernement organise selon lui « l’invasion migratoire ». Si son propos a été vite rendu inaudible par les huées d’autres participant-e-s, son intervention a été en revanche bruyamment célébrée sur plusieurs médias d’extrême droite : ‘Riposte Laïque’, ‘Médias presse info », etc.

Encore plus brutal, le maire de Béziers, Robert Ménard, a choisi de se présenter, le vendredi 11 septembre 2015, devant des familles réfugiées de Syrie, pour leur lancer : « Vous n’êtes pas les bienvenus, vous devez partir ! » La vidéo de son ‘exploit’ a été très officiellement publiée sur le site de la mairie de Béziers. Ménard a ajouté qu’il remettait en cause la présence de deux centres d’accueil de demandeurs d’asile (gérés par l’Etat) dans la ville.

Déjà au début du mois de septembre 2015, la mairie de Béziers s’était illustrée en publiant dans le journal municipal (mensuel) cette « Une » racoleuse : « Ils arrivent ». Un photomontage, toujours à propos des migrants, montre un train bondé – la photo ayant été prise en Macédoine – devant un prétendu panneau de signalisation qui porte l’inscription suivante : « Béziers 3.865 km. Scolarité gratuité. Hébergement et allocations pour tous ! » L’Agence France Presse (AFP) a d’ailleurs assigné la ville en Justice, le 15 septembre 2015, pour contrefaçon.

Suite à ses différentes prises de position xénophobes, Robert Ménard a dû faire face à une opposition à plusieurs niveaux. Des députés socialistes ont publié le 16 septembre 2015 une pétition pour demander à François Hollande de lancer une procédure de révocation du maire de Béziers pour faute grave. En l’espace de quelques jours, la pétition aurait recueilli environ 8000 signatures.

Au plan local, le Collectif de soutien aux réfugiés syriens a tenté d’assister à la réunion du Conseil municipal du 22 septembre, afin d’y exprimer une protestation. Seuls six de ses membres ont pu entrer dans la salle, puisque les partisans du maire avaient déjà occupé tous les autres sièges. Ils ont levé des pancartes et scandé le mot d’ordre « Réfugiés à Béziers ! » et le maire a fait évacuer la salle. La police municipale a dû formé un ‘cordon de sécurité’ pour la sortie des membres du Conseil municipal.

Rapports tendus avec les musulman-e-s

La célébration de la fête musulmane d’Aïd el-Kébir, les 24 et 25 septembre 2015, a été l’occasion pour plusieurs maires FN de lancer des provocations à l’encontre de la population musulmane.

A Mantes-la-Ville, l’association cultuelle musulmane (AMMS) a dû saisir le Conseil d’Etat pour obtenir la mise à disposition d’un local. Jusqu’ici, les municipalités successives lui avaient soit mis à disposition gracieusement, soit loué le gymnase municipal Aimé-Bergeal, pour accueillir un millier de fidèles. Or, cette année, trois sollicitations successives en date du 6 mai, du 3 juin puis du 1er août 2015 n’avaient reçu aucune réponse de la part de la mairie. Considérant qu’il s’agissait d’un rejet implicite, l’association musulmane a saisi les tribunaux administratifs pour obtenir gain de cause. Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande, le 21 août. Mais en appel, le Conseil d’Etat lui a donné raison, par un arrêt du 23 septembre en considérant que «le refus de mettre à la disposition de l’association […] une salle municipale afin de permettre d’accueillir la célébration de la fête de l’Aïd-el-Kébir porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés de réunion et de culte ». Depuis, la décision de la formation des référés du même tribunal a été confirmée en appel : le gel délibéré par la municipalité FN de l’installation de la salle de prière est donc toujours « manifestement illégal ». L’affaire doit encore être jugée au fond (voir chroniques précédentes).

A Fréjus, autre ville gérée par le FN, l’association cultuelle El-Fath avait demandé en juin 2015 à la mairie de pouvoir ouvrir la mosquée (dont les travaux ont été finis à la fin de l’été) pour l’Aïd el-Kébir. Elle venait de recevoir l’aval de la Commission de sécurité ; mais plusieurs procédures judiciaires sont actuellement en cours contre le permis de construire que l’ancienne municipalité (UMP) avait accordé en 2011. Devant le refus net de la mairie de laisser ouvrir le bâtiment – que ce soit pour la fête ou par la suite -, l’association musulmane a été, là aussi, obligée de saisir les juges. Le tribunal administratif de Toulon a obligé, par une décision rendue publique le 19 septembre, la mairie de laisser ouvrir la moquée pour un jour, lors de la fête de l’Aïd, « en attendant l’autorisation définitive ». Il a par ailleurs exigé de la mairie de réexaminer la demande d’ouverture définitive, qu’elle refuse, dans un délai de 15 jours. Ceci tout en condamnant la mairie à verser 1000 euros de dommages et intérêts à l’association musulmane.

Le directeur général des services de la mairie, Philippe Lottiaux, a déclaré en réaction : « Nous prenons acte de cette décision de justice et nous ne nous opposerons pas à l’ouverture de la mosquée, le 24 septembre. (…) Mais, intellectuellement et juridiquement, je vois mal comment nous pourrions délivrer une autorisation (NDLR : dans la durée) à un bâtiment qui fait par ailleurs l’objet de plusieurs procédures… » Mais surtout, le maire, David Rachline, appela ensuite lui-même à venir manifester près de la mosquée… le jeudi 24 septembre à 18 heures, donc en pleine fête d’Aïd el-Kébir. L’élu exhorta ses partisans à venir exprimer leur refus de la mosquée, qu’il qualifia d’« illégale », et d’une « justice complaisante (…) à deux vitesses » (dans le sens qu’elle désavantagerait « la majorité silencieuse »). Le rassemblement, boulevard d’Alger, a finalement attiré entre 200 personnes (AFP) et 500 personnes (selon le maire). A cette occasion, D Rachline a annoncé la tenue d’un référendum dans la ville. La question qu’il souhaite poser aux habitant-e-s serait ainsi formulée : « Voulez-vous d’une mosquée à Fréjus ? », indique le journal Mediapart (24 septembre 15).

A Hayange (Lorraine), le maire FN Fabien Engelmann a de nouveau fait célébrer la ‘fête du cochon’ sous les auspices de sa municipalité dimanche 6 septembre 2015. Parmi les immenses vertus du cochon aux yeux de ce représentant du FN, on trouve évidemment celle-ci : les musulmans n’en mangent pas (ni les juifs d’ailleurs). L’extrême droite radicale, c’est-à-dire celle qui est ouvertement fasciste et disposée à la violence, n’a d’ailleurs pas manqué la fête. Alors qu’en 2014, c’est la présence du groupuscule ‘L’Œuvrefrançaise’ (et de quelques skinheads) qui avait défrayé la chronique, cette année c’est le site de ‘Lorraine Nationaliste’ qui a appelé à se rendre à cette ‘fête du cochon’. Ces fascistes et antisémites ont annoncé qu’ils viendraient en « véritables nationalistes », « loin des trahisons du FN », ce à quoi le maire a répondu que « l’équipe de la police municipale sera mobilisée ». Il n’y aura finalement pas eu de casse, même si l’équipe de ‘Lorraine Nationaliste’ a fait acte de présence bien visible, facilement repérable grâce à ses T-Shirts noirs.

Fabien Engelmann (dont le discours tournait tout entier autour de « l’identité » et « la tradition » françaises) semble s’être finalement remis de son absence, à l’Université d’été du FN, à Marseille. Il paraît que Marine Le Pen l’avait déclaré quelque peu indésirable.

Le point de vue maire sur l’acceptation de la consommation de viande animale semble avoir brusquement changé en l’espace de moins de quinze jours, entre la ‘Fête du cochon’ du 6 septembre et celle de l’Aïd el-Kébir, du 24. Au soir du 23 septembre, Fabien Engelmann a ainsi posté sur son compte Twitter une photo qui le montre entouré de « quatre petits rescapés d’Aïd el-Kébir », qu’il avait achetés et qui « seront redirigés vers une association de protection animale ». Se déclarant à l’occasion une nouvelle fois « sensible depuis toujours à la cause animale » (en dehors des cochons ?), il s’appuya sur des déclarations de Brigitte Bardot… dont on sait qu’elle voit rouge dès l’évocation de la fête de l’Aïd el-Kébir. Sur Facebook, il déclarera que « plus de 200 000 moutons vont être égorgés vifs dans une agonie insupportable lors de l’Aïd el-Kébir ».

Cette défense de la cause animale n’est pas anodine : depuis quelques années, l’extrême droite radicale passe par ce prisme pour stigmatiser l’abattage ‘hallal’ des bêtes. Evidemment, les formes traditionnelles d’abattage des animaux, en vigueur dans les campagnes, ne sont pas attaquées…

Méfaits en matière économique et sociale

Les méfaits sociaux ne manquent pas dans les villes dirigées par le FN (où ses cousin-e-s d’extrême droite à la « Ligue du Sud »), en toute logique, alors que la baisse de la dépense publique et de la fiscalité figure parmi les priorités de ces municipalités. Ce pseudo-impératif économique peut, cependant, servir aussi à « punir » de façon ciblée certains groupes de la population locale, ou certaines associations qui dérangent particulièrement ces mairies. Que ce soit en raison de leur point de vue critique, ou en raison des groupes d’habitant-e-s auxquelles elles sont utiles : si des populations issues de l’immigration se trouvent parmi leurs membres ou bénéficiaires, elles seront facilement taxé de « communautarisme » et privé de soutien public.

A Mantes-la-Ville, la municipalité FN se sert ainsi de la pression à la baisse de la dépense publique pour mettre à sec certaines associations. Le maire, Cyril Nauth, affiche nettement ses priorités : « Dans un contexte budgétaire contraint, on doit se recentrer sur les priorités : sécurité, école, propreté, baisse de la fiscalité ; ce n’est pas permettre le développement d’activités rap, hip-hop aux frais de la princesse ».Au même moment, il exprime le fait qu’il s’agit d’une orientation politico-idéologique : « C’est clair, on n’est pas forcément pour la médiation, je veux au contraire développer notre police municipale. » Le maire ajoute qu’il « n’hésitera pas (…) à mettre un terme aux activités qui tendent vers la communautarisation ». (Libération 11 juillet 2015). Résultat des courses, on est par exemple passé de trois fêtes de quartier dans l’année, une dans chaque quartier, à une seule « fête tournante ».

Les associations sportives ont aussi été punies, dès lors qu’elles présentent trop de joueurs d’origine immigrée au goût de la mairie FN. Le Football Club Mantois a été ciblé, avec une subvention annuelle réduite de 75 %, alors qu’il s’agit du plus gros club du secteur qui accueille de nombreux jeunes des différents quartiers, et qui compte mille licenciés. Selon la rubrique « Sports Ile-de-France » du journal « Le Parisien » du 3 octobre 2015, le club a décidé d’attaquer la mairie FN en justice. Il aurait ainsi saisi le Tribunal administratif « pour obtenir ce qui est nous dû », selon son co-président Nabil Djellali. 60450 euros avaient été budgetisés pour le club au titre de l’exercice 2015 mais seuls 15112 euros ont été versés.

A Bollène, ville du Vaucluse dirigée par la « Ligue du Sud », la situation se dégrade depuis plusieurs mois dans le quartier de la Croisière. Dans ce quartier, les parents d’élève de l’école Gabriel-Péri et l’association de quartier s’opposent farouchement à la « réorganisation » des postes de gardiens / gardiennes des écoles. En cette rentrée 2015, le nombre de postes d’ATSEM (Agents territoriaux spécialisé-e-s des écoles maternelles) a été divisée par deux. Les parents d’élèves se plaignent d’une menace pour la sécurité des enfants, le poste de concierge de l’école Gabriel-Péri ayant été concrètement supprimé. Ce gardien s’était occupé, auparavant, aussi bien de la sécurité des personnes, des locaux, mais aussi de l’entretien du quartier.

En juin 2015, la maire Marie-Claude Bompard avait promis que la sortie des élèves serait, à l’avenir, « assurée par la police municipale ». Une annonce peu rassurante en soi, au vu des agissements de cette même police municipale (voir plus haut) ; mais elle n’a, par la suite, même pas été honorée. Aucun agent n’a été vu, depuis la rentrée 2015 (et jusqu’à début octobre), aux abords de l’école. Alors que les entrées et sorties correspondent aux moments de certains arrêts de train, avec un trafic de voitures important. D’autres activités, au contraire, trouvent tout le soutien (y compris financier) de certains maires FN en place. Par exemple quand il s’agit de bétonner les villes et d’aider certains à se livrer à des opérations immobilières lucratives, comme à Fréjus et à Cogolin.

Ces deux municipalités FN situées sur la Côte d’Azur se sont ainsi alliées, selon le bulletin de l’association « Place publique » du mois de septembre 2015, en créant au cours de l’été deux Sociétés publiques locales (SPL) dont les actionnaires uniques sont les deux communes. Cette alliance et ce montage juridique particulier permettent aux municipalités de s’affranchir de certaines règles en matière de mise en concurrence, lors d’appel d’offres. Le directeur de la SPL de Cogolin n’est autre que Jean-Marc Smadja, l’ancien bétonneur de la ville de Levallois Perret sous les ordres de Patrick Balkany…

(à suivre…)

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Le personnel hier à Rangueil. Il reconduit son mouvement de grève aujourd'hui./Photo DDM Thierry Bordas
Le personnel hier à Rangueil. Il reconduit son mouvement de grève aujourd’hui./Photo DDM Thierry Bordas

C’est avec une grève que commence aujourd’hui le déménagement du service de néphrologie-transplantation de l’hôpital Rangueil. La modernisation du site (qui se poursuit jusqu’en 2018) n’est pas remise en cause. C’est plutôt la restructuration qui y est associée qui mobilise infirmier(e) s et aides soignant(e) s à l’appel du syndicat CGT. «C’est une bonne chose de moderniser Rangueil, cet hôpital est un centre de référence. Mais il ne doit pas être une vitrine. Cette restructuration amène la suppression de postes transverses, il va falloir assurer plus de nuits et de week-end. C’est encore une dégradation des conditions de travail », lance Patricia Calmettes, secrétaire CGT à Rangueil.

«Dans les nouveaux plannings, les RTT seront imposées » craint une aide soignante. «La nouvelle organisation va voir notre activité augmenter avec un service de soins continus. Le risque, c’est de fragiliser notre prise en charge des patients avec seulement une infirmière pour 21 et une aide soignante pour 6 la nuit », poursuit la gréviste.

Pour la direction du CHU de Toulouse, la restructuration de deux services jusque-là dispersés sur deux bâtiments va «améliorer la prise en charge des patients». Reste une divergence avec le syndicat sur les postes en plus/en moins. «Cette unité comptera trois lits de plus. Les soins continus existaient déjà mais n’étaient pas validés comme tels par l’ARS (agence régionale de santé). Nous avons renforcé les effectifs de 6,7 équivalents temps plein. Dans six mois, nous évaluerons ce nouveau dispositif », explique Olivier Rastouil, directeur de l’hôpital Rangueil. La grève est reconduite ce mardi.

http://www.ladepeche.fr/article/2015/10/27/2205317-rangueil-greve-au-service-de-nephrologie-transplantation.html

Communiqué de presse

Les infirmières et aides-soignantes du service de néphrologie/transplantation d’organes de l’hôpital Rangueil disent NON aux conditions de travail qui leurs sont imposées dans le cadre de la réorganisation du service.

Comment soigner et respecter des patients quand on poste une infirmière et un aide soignant pour prendre en charge 12 patients chroniques et fragiles (au lieu de 8 actuellement) et 21 patients la nuit ? Pourquoi en arrivons-nous là ? La marchandisation de la santé selon une logique financière, qui désormais structure le soin à l’Hôpital, est néfaste à l’esprit du service public. Quels sont les privilèges des soignants qui travaillent dimanche et jours fériés compris ? 365 jours par an ? 24h sur 24h ? Quand les gouvernements nous impose de « réduire les déficits publics », ils nous imposent de réduire les moyens alloués à l’Hôpital Public.  Les personnels soignants veulent avoir les moyens financiers et surtout humains de soigner dignement.

La Direction est restée sourde à la demande d’effectifs supplémentaires des soignants ; ils seront donc en grève lundi 26 octobre 2015 pour protester contre les mesures d’austérité imposées à l’Hôpital Public pour faire entendre leur désarroi et leur colère. Dites non avec eux et soyez nombreux à les soutenir.

Un rassemblement est prévu ce lundi 26 octobre de 11h à 14h dans le hall de Rangueil.

 

siteLe service de gynécologie (Récamier et consultations) de l’Hôpital Paul de Viguier du CHU de Toulouse dispose de 21 lits dont 3 de prise en charge de l’IVG. Ces 3 lits peuvent accueillir 6 patientes par jour. Le service peut donc accueillir, concernant ces 3 lits, entre 3 et 6 patientes par jour selon le type d’IVG. C’est le seul service public assurant les IVG en Haute Garonne.

Les soins réalisés par l’équipe soignante auprès des patientes hospitalisées pour une IVG chirurgicale sont d’ordre techniques, relationnels, éducatifs… et représentent une charge de travail estimée par l’équipe à 1h45m par patiente si tout se passe bien. Pour la direction c’est 10 minutes !!!???

Dans le cadre du projet de restructuration, la direction minimise voire occulte complétement la charge de travail que ces 3 lits nécessitent, et ne considère pas l’importance des soins à prodiguer à la personne soignée. La prise en charge de l’IVG n’est pas rentable dans l’hôpital « entreprise » cher au Directeur Général et au ministère, le projet est donc de se séparer progressivement de cette activité…

Soigner, accompagner les personnes de gynécologie et pour IVG médicamenteuse ou chirurgicale représente une prise en charge globale et individualisée de la personne et relève bien des missions du service public. Ce ne sont pas des prises en charge banales !!!

En agissant ainsi, la direction bafoue les valeurs professionnelles des agents du service de gynécologie Récamier et déshumanise les patientes.

En effet la restructuration qui nous est annoncée prévoit :

  • Le passage de 21 lits en semaine (comprenant les 3 lits IVG) à 15 lits (avec les 3 IVG mais sans effectifs soignants disponibles pour l’IVG donc un défaut de prise en charge)
  • Au niveau du personnel le passage de 2 infirmières et 2 aides-soignantes présentes en permanence entre 6H30 et 21H, à seulement 1 infirmière et 1 aide-soignante présentes sur le service.
  • Ce qui signifie donc une diminution de 50% du personnel pour une baisse de moins d’un tiers du nombre de lits.

Le CHSCT a été saisi et a déposé une procédure pour danger grave et imminent au vue de la violence managériale appliquée pour appliquer coute que coute la restructuration sans avis du CHSCT, ni du CTE et alors qu’un expertise CHSCT pour projet important et risque grave ce qui est totalement hors la loi.

Les agents sont en grève reconductible sur un préavis déposé par la CGT pour stopper la restructuration

Elles appellent à un Pique-nique revendicatif

Pour la défense de la gynécologie publique et de l’accès public à l’IVG en Haute Garonne

Hall de la maternité Paule de Viguier (tram Purpan)

Jeudi 29 octobre 2015 – entre 12h-14h.

Perspectives Santé n°163 – Septembre 2015

15 octobre 2015

AU SOMMAIRE :

  • pages 4-5 : FOCUS LOI SANTÉ
  • page 6 : ÉCHOS DE LUTTES ! A L’AP-HP
  • pages 8-9 L’ACTUALITÉ SUR LES NÉGOCIATIONS COLLECTIVES
  • page 10 : L’ACTUALITÉ DE L’UFMICT
  • page 11 : POINT INFO : PPCR, URGENCE AUX URGENCES
  • pages 12-13 : EN BREF : EN TERRITOIRE
  • page 14 : INTERVIEW : OPHÉLIE LABELLE

Vu sur le site, la dépêche.fr…

http://www.ladepeche.fr/article/2015/10/13/2196188-jacques-leglise-directeur-du-chu-de-toulouse-sur-le-depart.html

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Réactions des lecteurs

HoaSen, une autre infirmière en colère !
Avant de lire l’article, j’ai vu la photo … C’est fou à quel point mon cerveau associe ce cher Leglise à Gattaz.
Je repense encore aux voeux notre cher directeur se félicitant de l’offre hôtelière du CHU de Toulouse. Effectivement nous n’avons pas la même vision du soin ! Où sont les soignant-es ! Bientôt on dira aux patient-es de se faire eux/elles mêmes leurs soins ! Suppression de personnel mais c’est vrai que j’exagère: nous sommes à effectif constant! mais avec une activité en forte augmentation ! si les effectifs suivaient l’activité nous devrions être à plus de 4% de personnel en plus ! et ça en ferait des postes!
Quand au dialogue social: ce monsieur y est sourd ! Il ne connait que la menace et discrimination !
bon vent ! comme dit plus bas : votre chemise a eu chaud!

Une infirmière en colère, Bon vent !
Bizarrement, notre directeur n’a pas la même vision sur son travail que nous, soignants, travaillant au sein du CHU.
Effectivement, il y a eu des restructurations dans les services ! Toujours au détriment de la qualité des soins et des conditions de travail des agents mais avec pour un seul mot d’ordre: la rentabilité.
Pourtant rentabilité et soins ne vont pas ensemble.
Du coup, c’est du travail à la chaine, de l’abatage pur et simple car malgré plus de patients accueillis, il y a toujours moins de personnel. Déplorable pour le soit disant meilleur hôpital de France.
Le CHU n’est aujourd’hui qu’une vitrine.
Alors Monsieur le Directeur : ADIEU !!!

rossignolb3, A ccroire que la dépêche n’est pas au courant de tous les conflits sociaux qu’il y a eu ces deux dernières année
par une direction impulsé par le directeur général,sur un plan seulement financier,aucune écoute des agents sur les conditions de travail,le mal être au travail et un sentiment de maltraitance auprès des patients du fait de la charge de travail excessif par un manque de personnel croissant.
Sans compter les discriminations syndicales et j’en passe bref on ne vous regrettera pas et quand vous vous regarderez devant un miroir faites votre propre bilan humain…A JAMAIS

djedi31, Comment peux on faire les éloges d’un bilant aussi dévastateur en terme de bien être au travail mais également de qualité de soins ?
Voila un directeur qui se gargarise de réussite ,ces réussites sont celles du personnel ,un personnel dévoué au service public ,un personnel en souffrance parce que ,restriction,management agressif,discrimination ,pression et j’en passe !! Alors le seule point positif c’est qu’il parte car cette politique infâme de gestion du personnel,c’est la sienne et on peux dire qu’il a su la mettre en place…
Alors je travaille au CHU Purpan depuis treize ans et je n’ai jamais travaillé dans des conditions aussi désastreuses .
Bon vent Jacques …et pour reprendre le com de dessous
Une chemise qui a eu chaud…

Julien terrié, Ouais… Le bilan depuis 2013, c’est aussi la transformation du CHU de Toulouse en grande usine à soin, des personnels qui ne se sentent plus satisfaits des soins prodigués, des épuisements professionnels, des burn-out, 6 expertises CHSCT révélant des risques importants pour la santé physique et mentale des agents, des privatisations à gogo dont dernièrement, le nettoyage et le brancardage qui pourtant sont stratégiques, des attaques sur les syndicalistes. Environ 1000 Accidents de Travail par an, une vingtaine de préavis de grèves, 90 réunions de CHSCT !!! Bref, l’hôpital entreprise dans sa splendeur, au détriment des patients et des personnels mais au bénéfice d’une carrière. Un grand Bravo (sic) !!!! Une chemise qui a eu chaud…

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TOMBER LA CHEMISE !!!
Le travail est un droit constitutionnel
La délinquance et la violence sont du côté de ceux qui le confisquent !!
 
L’Union départementale CGT de la Haute-Garonne apporte son soutien et sa solidarité sans réserve aux salariés d’Air France en lutte pour l’emploi et le développement de leur entreprise.
Nous sommes tous des Air France !!
 
Etre DRH en 2015, consiste à être capable d’annoncer 3000 suppressions d’emplois et le massacre de vies et de familles entières sans laisser entrevoir la moindre émotion ni état d’âme, le tout coincé dans un costume et une chemise dont un smicard ne peut imaginer le prix.
Mais la manifestation du 5 octobre au CE d’air France vient rappeler que c’est devenu un métier à risque, en tant que fusible des vrais décideurs. Pouvait- il en être autrement face à tant d’inhumanité, de violence et de mépris ?
 
Rassurons-nous, avec 30 000 euros par mois, le risque et la prime d’habillement sont largement pris en compte pour ces basses besognes.
Les salariés qui pour un salaire au SMIC se tuent au travail ou meurent prématurément parce que leur santé a été sacrifiée, ne peuvent pas en dire autant !
Même chose pour ceux qui arrivent à la retraite en ayant la chance de ne pas être licenciés avant et qui s’épuisent en poursuivant une activité pour tout simplement vivoter !
Leur problème à eux, ce n’est pas la qualité et la résistance du tissu de leur chemise, leur problème c’est de pouvoir s’habiller, se nourrir et se chauffer !!
 
APPEL AUX SALARIES
L’UD CGT de la Haute-Garonne appelle l’ensemble des salariés du public et du privé, précaires ou non, privés d’emploi, retraités à ne pas se laisser impressionner par l’escalade verbale des chiens de garde qui se déverse à leur encontre. Ceux que certains traitent de « populasse en colère » sont des femmes et des hommes debout, ils sont dignes !
En lutte pour une vie meilleure, nous manifesterons unitairement le 8 octobre et poursuivrons ce mouvement dans les jours suivants!!
Toulouse, le 6 octobre 2015

Aleìda Guevara, fille d’Ernesto Che Guevara, est médecin pédiatre à l’Hôpital pour enfants William Soler à La Havane (Cuba). Elle était de passage à Toulouse le 28 septembre 2015, invitée par le poète Serge Pey à la Cave Poésie. Interview exclusive pour le site www.sante.cgt.fr.

Propos recueillis par Julien Terrié

Julien Terrié : Tout d’abord, J’aimerais savoir comment tu vois l’épisode de la vie du Che où, dans la débandade de l’arrivée du Granma sur les côtes cubaines en1956, il a dû choisir de prendre la caisse de munitions à la place de la caisse de médicaments alors qu’il était le médecin du groupe de guérilleros. Que vois-tu dans cette décision ?

Aleìda Guevara : Cela a été une décision très sérieuse. Raul Castro a présenté mon père à Fidel Castro en 1955 au Mexique. Il a été considéré immédiatement comme faisant partie du groupe de révolutionnaires, mais le groupe avait besoin de médecins, donc il a été nommé médecin de l’équipe. Pendant toute la période de préparation militaire au Mexique, Fidel s’est rendu compte que mon père était plus qu’un médecin et il l’a positionné dirigeant d’un groupe d’entraînement dans lequel était Ramiro Valdez. Ramiro (qui ne parle pas beaucoup en général) m’a raconté que mon père avait été surpris d’avoir été choisi comme chef alors que Ramiro avait vécu la Moncada (première bataille de la Révolution Cubaine en 1953). Ramiro lui a répondu que si Fidel l’avait choisi c’est qu’il y avait une raison… Il a donc été chef de ce groupe, puis a été emprisonné au Mexique. Alors que Fidel avait interdit à chacun de parler de ses opinions politiques, Il m’a dit : « Que crois-tu que ton papa a fait ? Non seulement il a dit qu’il était communiste, mais il a essayé de conscientiser le gardien de prison ». Le groupe n’est pas parti du Mexique avant de sortir mon père de prison, cela m’a marqué. Fidel a toujours eu un respect extraordinaire pour mon père : alors qu’un plan très élaboré avait été construit pour libérer un peuple entier, Fidel a chamboulé le programme pour sortir mon père de prison.

Quand ils ont pris le bateau « Granma » du Mexique vers Cuba en 1956, un seul sur les 82 guérilleros savait naviguer et ils ont pris beaucoup de retard alors que la ville de Santiago de Cuba commençait à se mettre en mouvement en Novembre. Les soldats de Batista (le dictateur cubain jusqu’en 1959) ont été alertés par le soulèvement de Santiago et ont eu le temps d’anticiper la défense côtière du fait du retard du Granma. Il arrivèrent seulement le 2 décembre et ils ont été repérés immédiatement par l’aviation. Ils ont pratiquement tous été tués dans la fameuse bataille de Alegria de Pio, dans ce moment de grande confusion, avec des guérilleros seulement protégés par des pieds de canne à sucre pendant que les soldats tiraient… A ce moment là, mon père a dû fuir avec le minimum et il y avait une caisse de balles et un sac à dos plein de médicaments et il fallait choisir, comme médecin il aurait pu choisir les médicaments mais il a choisi de défendre ses camarades et donc prendre le sac de munitions. Cela va conditionner son futur rôle dans la Révolution, car au début il s’occupait des malades et des prisonniers mais il a tellement fait ses preuves que Fidel l’a nommé premier “Commandante” de l’armée rebelle.

JT : Ce choix a été le bienvenu car c’est par la révolution que le peuple cubain a conquis le droit d’accès à un système de santé très élaboré et entièrement gratuit. Peux-tu nous le décrire ?

AG  : Depuis la bataille de la Moncada de 1953, son passage en prison et son livre/programme « L’Histoire me jugera », il est bien clair pour Fidel que le premier objectif de la Révolution est de redonner la terre aux paysans mais immédiatement sont mentionnés l’Education et la Santé comme droits fondamentaux de l’être humain que le processus révolutionnaire doit absolument garantir. Donc, dès la Sierra Maestra, les premières prises en charge médicales et d’alphabétisation ont commencé comme premiers pas vers le système que nous connaissons aujourd’hui.

Notre système actuel a trois caractéristiques principales :

1. La gratuité totale, car la santé est un droit fondamental et personne ne doit pouvoir faire commerce d’aucune manière avec la douleur et l’angoisse de quelqu’un, ce serait fondamentalement non-éthique. La Santé est un Droit pas une marchandise. Si on te pose la question un jour : « Combien tu serais prêt à payer pour la santé de ton fils ? » comment peux-tu répondre à cela ? Il est impossible de mettre un prix à la vie ! Comme elle n’a pas de prix, elle ne peut pas être dans le marché, elle ne peut pas être “marchandisée”.

2. C’est un système universel, sans distinction d’origine, de classe : quand quelqu’un arrive à l’Hôpital, nous ne demandons que le nom, l’adresse, l’âge, les antécédents médicaux et c’est tout… C’est notre devoir en tant que médecin et un droit pour les usagers.

3. La prévention : nous nous sommes rendus compte qu’il coûtait moins cher de prévenir une maladie que de la guérir. Pour la prévention, le premier chantier est l’éducation pour acquérir une culture générale et sanitaire dans la population. Il faut littéralement former, montrer aux gens pourquoi il y a des actions de prévention à connaître. Pour que tout le monde comprenne, il faut un niveau d’éducation important c’est pourquoi le droit à l’éducation, à la santé, au logement aussi sont intrinsèquement liés au droit à la vie.

Donc, nous avons un système universel, gratuit et préventif ; il manque une chose qui est apparue immédiatement après la Révolution, c’est le caractère internationaliste. Déjà, le peuple cubain est mélangé entre espagnols (galiciens), africains et chinois, ce sont les racines de la culture cubaine. Si nous sommes ce pays de mélange, le minimum est d’aider les populations qui sont comme nous hors de nos frontières. Dès 1963 (NDLR : 4 ans après la Révolution) il y a eu la Révolution algérienne et la France coloniale a quitté le pays en saccageant le système de santé pour empêcher que la population libérée se développe. Nous avons eu une demande pour envoyer des médecins en Algérie et il a fallu expliquer au peuple cubain que nous allions envoyer des médecins alors que la moitié des 12.000 médecins avaient fuit Cuba après la Révolution. A cette époque, former des médecins était fondamental car nous voulions un médecin dans chaque école, dans chaque lieu de travail pour notre projet de médecine préventive, pour qu’ils soient au plus près des patients afin de détecter les problèmes à la source.

Nous avons envoyé en 1963 notre première brigade de médecins sans même avoir eu le temps de former de nouveaux médecins. Pour moi, ce fût un geste très important car nous admirions la résistance du peuple algérien, et nous les considérions comme des frères. Nous étions en harmonie avec eux mais rends-toi bien compte que ce fût un grand sacrifice dans le projet que nous avions. Il a fallu expliquer à la population le concept de Solidarité Internationale et après avoir été mécontente de ce déficit de médecins, la population a ensuite été très fière de ses médecins.

JT : Comment fonctionne le système de Santé cubain concrètement ?

AG : Tout d’abord le système de santé (intégralement public) fonctionnait avec des grands hôpitaux et des polycliniques ; petit à petit les polycliniques ont « dispensariser » leur activités en créant des secteurs territoriaux par pathologies chroniques. Mais, dans les années 80, nous avons eu l’idée de créer un réseau de « médecins de famille » ; au début beaucoup n’étaient pas convaincus car il était difficile d’avoir une connaissance intégrale en Santé pour permettre cela. L’idée était celle des « vieux » médecins qui venaient au domicile des gens qui les connaissaient personnellement. Un médecin (qui est salarié public) a dans son secteur environ 190 familles,

il a une maison de santé avec son domicile à l’étage et son cabinet de consultation au rez-de-chaussée. On a oublié malheureusement le même dispositif pour les paramédicaux et notamment pour les infirmières : ce fût une erreur mais cela fait partie des projets futurs. Les travailleurs de santé ont un rôle aussi fondamental que le médecin dans ce système préventif. Le système fonctionne par groupe de travail, le médecin de famille est en lien avec les polycliniques en interdisciplinaire pour ne pas être isolé en tant que médecin généraliste intégral. Dans leur grande majorité (sauf la particularité de la chirurgie), les étudiants en médecine commencent en médecine générale intégrale et ensuite ont la possibilité de se spécialiser. Il est plus facile d’envoyer aussi des médecins généralistes dans les pays qui en ont besoin.

Donc le réseau est simple, du plus général au plus spécialisé : médecin de famille, polyclinques et hôpitaux. Le patient peut aller directement à l’hôpital s’il le souhaite 7j/7j, 24h/24h.

JT : Est-ce que les médecins envoyés à l’étranger manquent à Cuba ?

AG  : C’est vrai que nous envoyons beaucoup de médecins cubains à l’étranger, il y en a 11.000 au Brésil, des milliers en Angola, nous avons 32.000 travailleurs de santé au Venezuela (médecins, infirmiers, techniciens), beaucoup au Chili après l’énorme tremblement de terre de 2010, à Haïti aussi, au Nicaragua, et même depuis peu au Portugal ! C’est vrai que cela manque à Cuba mais ces pays ont plus besoin que nous… Moi-même j’ai passé des années en Équateur, au Nicaragua et j’en suis très fière.

On arrive à former beaucoup de médecins, la dernière promotion de l’université de la Havane a vu 2000 nouveaux médecins diplômés. Dans l’école latino-américaine de médecine (ELAM), 1800 médecins étrangers ont été diplômés… C’est très beau de voir cela car cette école a réussi à créer un changement au niveau latino-américain. Les médecins qui se forment avec nous viennent de milieux humbles, ce sont en général ceux qui ne peuvent pas payer des études de médecine dans leur pays, ni envisager une carrière. Ils vivent avec la population cubaine, avec les étudiants cubains, ils partagent tout et ils se font leur propre idée de ce qu’est une société comme la nôtre car nous ne faisons pas de politique dans les enseignements mais c’est la vie qui leur montre. Le plus beau que j’ai pu vivre ces derniers temps, c’est le retour de certains étudiants de l’ELAM en Argentine ; j’ai été impressionnée par le respect qu’ils avaient pour les communautés Guarani isolées dans lesquelles ils intervenaient, leur prise en charge en fonction de l’histoire de chacun.

Malgré les pressions et les difficultés économiques, chacun peut se rendre compte que Cuba forme des êtres humains très singuliers, je ne dis pas que tous les jeunes sont des gens parfaits, ou je ne sais quoi, mais j’ai le privilège de travailler avec des jeunes extraordinaires. Certes nous avons des discussions parce que la pression de la société capitaliste autour existe. Nous luttons tous les jours pour que les gens comprennent qu’il vaut mieux des transports en commun par exemple que des voitures pour chacun… Je me rappelle que mon père disait souvent « lutter contre l’impérialisme partout où il est » et c’est toujours vrai, chaque fois que nous perdons un peu d’attention, on subit le retour de bâton…

JT : Une des revendications de la CGT est de faire participer les travailleurs et la population dans la définition des besoins de santé et des budgets ; est-ce le cas à Cuba ?

AG  : J’ai oublié de te dire une chose importante : à Cuba la santé est totalement publique mais pour prévenir les maladies, nous mettons en action toute la population notamment les comités présents dans chaque quartier qui s’appellent les CDR (Comités de Défense de la Révolution). Chacun des CDR a un « secteur de femmes » et un « secteur de santé ». Quand nous faisons une campagne de vaccination, une campagne de prévention de la Dengue (maladie transmise par les moustiques) mais aussi un plan d’action en cas d’ouragan, nous le faisons en coordination avec les CDR. Le système de santé fonctionne avec toute la population et cela nous donne une capacité d’action extraordinaire. Dans la même idée, le ministère de la Santé a demandé au ministère de l’agriculture d’inciter à cultiver des plantes médicinales très utiles à la médecine préventive et qui font partie de notre culture, notamment afro et surtout aussi car le blocus nous empêche l’accès à certaines molécules et aliments que nous ne pouvons trouver que dans les plantes. Il a fallu que l’on fasse ce tournant ; je me souviens que certains patients ne comprenaient pas, un m’a dit une fois : « Docteur, votre ordonnance c’est une recette de cuisine ! ». Par exemple, il est difficile de se procurer des gouttes pour le nez, donc j’ai quasiment utilisé tout le romarin qui pousse à Cuba parce que je prescris presque toujours du Romarin dont on peut extraire le principe actif facilement en le mettant à infuser dans l’eau bouillante puis en laissant refroidir cela fait des gouttes pour le nez très très efficaces… J’ai vu ici, en France, des crèmes à l’Aloe Vera très chères, ce cactus pousse chez nous dans tous les jardins, il suffit d’appliquer l’intérieur d’une feuille comme puissant cicatrisant et antiseptique, il guérit même des maladies de peau difficiles.

En ce moment, la recherche cubaine étudie la plante qui s’appelle Moringa comme stabilisateur immunologique, cette plante est connue en Asie et mon père avait commencé des essaies cliniques lorsqu’il était ministre de l’industrie. Cette recherche médicale accrue s’est développée notamment pendant la « période spéciale » (NDLR : période de grande précarité économique à Cuba après la chute de l’URSS et la fin des échanges bilatéraux, notamment canne à sucre contre pétrole) où nous avons été obligés de produire quasiment tous nos médicaments, pour Cuba et pour les missions internationalistes… En particulier les trithérapies contre le HIV pour l’Afrique. On a réussi à faire parvenir les trithérapies en Afrique via l’OMS sachant qu’il y a 60 millions de malades en Afrique. Ceci est bien entendu en contradiction totale avec les logiques des brevets ! Nous avons été la seule nation (c’est à dire hors ONG) à avoir envoyé des médecins en Afrique de l’Ouest contre l’épidémie d’Ebola. Nous arrivons à avoir de la matière première pour nos médicaments et des technologies grâce à l’ONG Medicuba Europe et Suisse qui nous aide beaucoup.

JT : A ton avis, que va changer la nouvelle situation économique et diplomatique entre Cuba et les États-Unis ?

AG : Nous attendons réellement avec beaucoup d’impatience la fin de ce maudit blocus économique contre Cuba. Le jour où ce blocus disparaît, je suis sûre que l’économie cubaine se développera de façon gigantesque. Un seul exemple : Nous ne produisons pas de lait, nous achetons du lait en poudre pour nos enfants mais à cause de la loi de blocus, chaque fois que quelqu’un veut nous vendre du lait, le FBI, les investisseurs, les clients font pression sur cette entreprise. Or, les nord américains sont un marché de 200 millions de personnes, nous ne sommes que 11 millions. Nous arrivons à acheter du lait à la Nouvelle Zélande, et le prix du transport est énorme parce que le transporteur nous demande 3 ou 4 fois le prix normal car un bateau qui livre à Cuba ne peut plus livrer aux USA pendant 6 mois. Le jour où on n’aura plus ce poids économique, il est certain que l’économie cubaine aura une bouffée d’oxygène. La raison économique est la principale raison de mécontentement à Cuba, alors si ce problème est réglé et qu’en plus nous gardons notre système basé sur la dignité, la santé et l’éducation garanties, la société cubaine sera très attractive.

Bon, nous devons attendre car les USA n’ont pas l’air encore décidés, nous avons tous grandis aujourd’hui sous le blocus et cela ne nous a pas empêché d’avancer, d’aimer ! On continuera… Les USA ne peuvent plus reculer car s’il veulent sincèrement rétablir des relations normales avec Cuba, il faudra lever le blocus et fermer la base de Guantanamo ! Oui, car ils continuent à utiliser un bout de notre terre pour leurs saloperies, leurs interventions en république dominicaine, leurs tortures… Il faut que cela cesse.

Ce qui est clair, c’est que nous n’aurons aucun accord avec les USA sans égalité des droits, aucune relation diplomatique avec une volonté d’ingérence, et concernant les investissements étrangers, il n’y en aura pas sans bénéfices directs au peuple cubain, c’est inscrit dans la loi.

JT : J’ai entendu parlé d’un vaccin contre le cancer du poumon élaboré à Cuba, qu’en est-il ?

AG : Nous avons un pôle scientifique de plus en plus développé, par exemple l’unique vaccin contre la méningo encéphalite B qui fonctionne réellement est le nôtre. Ils n’ont jamais réussi à nous concurrencer. Nous avons beaucoup de travaux scientifiques en cours contre le cancer qui est la seconde cause de décès dans le monde. Nous avançons sur le vaccin contre certains cancers du poumon, de la prostate, de l’utérus, du sein. Ceux du poumon et de la prostate sont prêts, mais ce ne sont pas des vaccins à proprement parler ; ils servent à améliorer la réponse immunitaire en cas de maladie déclarée. Le travail se fait à partir de plantes ou d’extraits animaux de nos propres flore, faune ou plantations.

JT : Comment fonctionnent les syndicats dans la santé et dans les autres secteurs ?

AG : le syndicat de la santé (CTC salud), auquel je suis adhérente, est un des plus importants ; il regroupe les médicaux et les paramédicaux, mais aussi les ouvriers de l’hôpital comme dans votre fédération… C’est un grand syndicat, mais, dans une société socialiste, le syndicalisme a un rôle un peu différent, car il ne lutte pas contre un patronat ou une tendance capitaliste de l’Etat mais il a eu un rôle très important pendant la période spéciale où nous avons été obligés d’ouvrir certains secteurs, comme le tourisme, aux investissements de capital étranger. Dans un hôtel par exemple ou le capital est mixte, le syndicat a un rôle fondamental pour le maintien des droits. La même problématique apparaît avec les travailleurs indépendants. Par contre, nous sommes très nombreux à être syndiqués, à payer notre cotisation et à porter la voix des travailleurs quand le besoin s’en fait sentir ou en cas de consultation de l’administration. Je crois que le syndicalisme aura plus d’importance avec l’arrivée des investisseurs étrangers ; il aura un rôle fondamental à jouer.

A l’intérieur de notre système, nous avons besoin de personnes qui disent quand nous nous trompons ou que nous n’allons pas sur le bon chemin ; par exemple aujourd’hui nous devons développer plus les coopératives, car le recours au travail individuel pour son compte propre n’est pas représentatif de la société socialiste que nous voulons construire.

Je pense que nous vivons une période intéressante, notre pôle scientifique se développe dans tous les domaines, technologiques, écologiques, surtout en coopération avec les pays de l’ALBA (Alliance Bolivarienne des Amériques avec la Bolivie, l’Equateur, le Venezuela, …) grâce à des échanges justes. Nous vivons de grands changements mais nous ne devons pas perdre notre projet historique, le jour où nous perdrons ce chemin, nous disparaîtrons…