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Malades psychiatriques morts de faim pendant la seconde guerre mondiale : la lettre à Hollande de l’intersyndicale du CH de St Alban | La CGT pour un Hôpital humain, d'accès universel et 100% public

Malades psychiatriques morts de faim pendant la seconde guerre mondiale : la lettre à Hollande de l’intersyndicale du CH de St Alban

> Les organisations syndicales CGT, FO, CFDT
>       Les élus CTE CGT, FO, CFDT
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>       Centre Hospitalier François Tosquelles
>       48120 Saint Alban sur Limagnole
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>       à
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>        Monsieur le Président de la République Française,
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> Nous avons appris votre désir, dans le cadre du 70ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, de rendre hommage aux handicapés mentaux morts de faim pendant la guerre.
> Je partage votre volonté (…) qu’à ce délaissement la République n’ajoute pas le silence de l’oubli. Il est important que, dans les principaux lieux où cette tragédie s’est déroulée, des gestes puissent être effectués afin d’en rappeler le souvenir et d’en honorer les victimes. »
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>       Les soignants de l’Hôpital Saint Alban ont protégé leurs patients, apparaissant comme le seul hôpital psychiatrique de France à avoir considéré les personnes dont ils avaient la charge comme des êtres humains à part entière.
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> Il vous a semblé important de rappeler que face à ce délaissement la République n’ajoute pas le silence de l’oubli. Le symbole que peut représenter Saint Alban est menacé par une vision comptable que l’agence régionale de santé exerce actuellement au niveau de la psychiatrie.
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> Alors que partout ailleurs en France l’abandon de cette population vulnérable était la règle, ici à saint Alban les soignants et la population ont pu faire survivre l’idée de solidarité.
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> L’hôpital abritait un mouvement de résistance clandestin, animé par les docteurs Tosquelles et Bonnafé. Les religieuses, les médecins, le personnel et les patients accueillaient, cachaient et soignaient des maquisardsblessés et des réfugiés fuyant les régimes nazis ou franquistes.
> « Nous étions des résistants de fond et des résistants dans tous les domaines, intellectuels, militaires et psychiatriques… » (Lucien Bonnafé)
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> C’est avec le plus grand intérêt que nous avons pris connaissance de votre expression concernant les patients et les conditions de travail en psychiatrie. Nous partageons votre réflexion. C’est pourquoi vous ne pouvez pas ignorer la situation actuelle du Centre Hospitalier François Tosquelles et des établissements de la région du Languedoc- Roussillon.
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> Au sein de cette région qui connaît la croissance démographique  la plus forte sur les trente dernières années (données INSEE), nous ne pouvons que nous étonner que des moyens suffisants n’aient été mis en place afin de respecter la politique de secteur.
>       De plus, l’agence régionale de santé applique une modulation de la modification annuelle de financement qui ne tient  pas compte des besoins réels de la population.
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>       Il nous semble indispensable que des moyens suffisants soient alloués afin d’assurer une prise en charge de qualité par des professionnels formés et reconnus.
>       Votre prédécesseur avait quant à lui, lors d’un discours à Anthony, stigmatisé les patients de psychiatrie en faisant valoir une dangerosité potentielle.
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>       Alors même que la loi HPST oblige les hôpitaux psychiatriques à se regrouper et voit une partie de leur budget amputée, des cliniques privées fleurissent.
> Il apparaît que dans le cadre de la loi de santé devant être débattue prochainement la psychiatrie soit la grande absente.
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>       La conjoncture ne suffit pas à cautionner les choix politiques du Ministre de la Santé concernant la psychiatrie française. Il y a 70 ans les malades mentaux sont morts de faim dans les hôpitaux. Aujourd’hui c’est dans les prisons ou dans la rue que nous les retrouvons. Va-t-on devoir attendre 70 ans pour s’en préoccuper ?
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>       Est-il nécessaire de rappeler la phrase de Lucien Bonnafé, psychiatre durant cette période à Saint Alban :
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>       Les personnels attendent une réponse en termes de moyens. Nous restons à votre disposition afin d’ouvrir un dialogue dans l’intérêt des patients et de notre société.
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>       Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président de la République, nos salutations distinguées
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>       Saint Alban le 4 mars 2015

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