Dans le cadre des actions qu’ils organisent chaque jour dans la ville en amont de la grande manifestation de la journée mondiale de lutte contre le Sida du 1er décembre, les militants d’act up Sud Ouest, ont rencontré hier la directrice de la stratégie du CHU de Toulouse. Au cours de cette entrevue, Martine Servat leur a confirmé que le projet de centre de santé sexuel défendu par Act up sera bien intégré futur hôpital de santé publique que le CHU doit créer sur le site de l’hôpital la Grave. Ce centre de santé sexuelle réunira au sein d’un même service l’unité de dépistage du VIH et les unités de dépistage et de traitement des autres maladies sexuellement transmissibles. Le dossier de son financement sera déposé en 2015 à l’agence régionale de santé (ARS). «Nous sommes prêts car dans les faits ce service existe déjà au sein de l’hôpital La Grave. Il s’agit en fait de le réorganiser», précise le docteur Servat. Une réorganisation plus qu’une création qui selon la directrice de la stratégie du CHU aurait déjà obtenu l’accord de principe de l’ARS.

Plus globalement, le futur hôpital de santé publique développera une offre de santé en direction des publics fragiles et vulnérables. Il devrait voir le jour à l’horizon 2018 et se développera autour de la permanence d’accès aux soins, de la plateforme d’évaluation de la fragilité des personnes âgées, et des services d’addictologie et de psychiatrie infanto-juvénile déjà présents sur le site.

Mr le Directeur des Ressources Humaines
DRH CHU de Toulouse – Hotel Dieu St Jacques
2, rue Viguerie 31000 Toulouse cedex 9

26 novembre 2014.
Monsieur le Directeur,

Je désire par cette présente que vous retiriez mon numéro de téléphone, mon mail, mon compte Facebook ou twitter de l’accès à mon encadrement. Il m’est insupportable d’être appelé sur mon temps de repos pour lequel je ne suis pas à la disposition de mon employeur n’étant pas en astreinte.

Je vous rappelle qu’un agent de la fonction publique a le droit de disposer de ses repos, congés annuels ou RT, RF, RS, RK, RJ, RN quand ils ont été validés, accordés ou planifiés par l’administration.

La décision N°96PA02305 de la Cour Administrative d’Appel de Paris du 1er décembre 1998 a précisé qu’un employeur public ne peut pas mettre en demeure et sanctionner un agent qui refuse de revenir travailler pendant un congé annuel qui lui a régulièrement été accordé.

Ainsi, il n’existe aucune obligation pour un agent en congés annuels, en repos ou RTT, RF, RS, RK, RJ, RN de revenir travailler dans son établissement.

Aucune obligation légale ne m’est faite de communiquer son numéro de téléphone à mon employeur.

Un employeur public ou privé ne peut exiger d’un salarié de fournir un numéro de téléphone personnel fixe ou portable.

En effet, un salarié qui n’est pas considéré en temps de travail effectif a droit au respect de sa vie privée et dispose du droit de ne pas être dérangé par son employeur sur son temps de repos.

Ce principe s’applique pour les agents de la fonction publique hospitalière, même en cas de Plan Blanc, sauf à titre volontaire.

En cas de refus ou de nouvel appel de mon encadrement sur mon temps de repos, je saisirai la CNIL et déposerai une main courante pour harcèlement.

Ce mode de management est intolérable et empêche les embauches nécessaires au CHU de Toulouse. Pour les nombreux agents en souffrance et pour les autres postulant à un emploi au CHU de Toulouse, je vous pris de faire stopper ces pratiques.

Très Cordialement,

Signature

Présente sur le salon infirmier comme chaque année, la CGT a saisi l’occasion de la visite de la Ministre de la Santé pour l’interpeller au sujet des principales revendications exprimé-e-s par les professionnel-le-s :
– revalorisations des salaires, en adéquation avec les qualifications ;
– reconnaissance de la pénibilité avec le rétablissement de la catégorie active pour toutes les infirmières, et l’arrêt immédiat des attaques individuelles qui visent à supprimer le départ en catégorie active d’auxiliaires puéricultrices et autres paramédicaux ;

– un autre financement de la Sécurité Sociale alors que le débat sur le PLFSS s’est ouvert au parlement, avec des effectifs en nombre suffisant pour prodiguer des soins de qualité correspondant aux missions que la population est en droit d’attendre ;

– un financement des établissements hospitaliers à la hauteur des besoins, en termes d’emplois, de conditions de travail et de soins des usagers pour un Service Public Hospitalier renforcé dans ses missions ;

– le respect des engagements concernant le retrait du caractère obligatoire de l’adhésion à un Ordre professionnel pour les professions paramédicales. Les nombreux échanges et contacts que la CGT a pu développer sur le salon infirmier, marqué par les interrogations et inquiétudes des nombreux jeunes professionnels ou futurs professionnels quant à leur avenir, renforce la légitimité de ses revendications et l’action de la CGT.

La Fédération CGT Santé Action Sociale a ainsi rappelé à la Ministre qu’elle ne lâcherait sur aucun de ces sujets, pour le respect des engagements, la prise en compte de ses propositions, pour la défense et le développement de notre système de protection sociale.

Elle appelle tous les salarié-e-s de la santé et de l’action sociale des secteurs public et privé à se mobiliser pour créer les conditions de l’élargissement du rapport de force nécessaire pour la prise en compte de l’ensemble de leurs revendications.

C’est en ce sens que la Fédération CGT Santé Action Sociale appelle les personnels hospitaliers et de l’action sociale publique à s’emparer de la journée d’action du 18 novembre dans la Fonction Publique.

Conflit de pouvoirs : pour Rémi Fraisse

Je ne connaissais pas Rémi Fraisse. Et je ne pensais pas en acceptant de défendre ses parents, en qualité de parties civiles, que j’aurai également à le défendre. Car depuis une semaine, depuis le moment où il s’est effondré, touché par une grenade lancée par un membre de la gendarmerie mobile, il ne se passe pas un moment sans que l’on fasse offense à sa personne et à sa mémoire.

Casseur, djihadiste vert, ecoloterroriste…. Le discours du gouvernement ou de certains syndicats agricoles s’est établi et n’a cessé de monter en puissance. D’abord pour tenter de nier l’existence même des origines de sa mort. Rappelons-nous que dans les premiers moments, on ne parlait que d’un corps découvert dans la foret. On apprendra plus tard que le parquet, la direction de la gendarmerie et le gouvernement savaient déjà ce qu’il s’était passé puisque les gendarmes avaient quelques instants après sa mort ramassé le corps de Rémi.

Alors pourquoi pendant deux jours, ce silence assourdissant, pourquoi cette absence de réaction du parquet, du gouvernement, pourquoi le refus de dire cette vérité que l’on connait depuis le début ? Pourquoi le parquet a-t-il tenté de semer une confusion indécente sur les circonstances de sa mort en ne donnant que des bribes d’informations, en ne parlant lors de la première conférence de presse que d’une explosion, laissant croire à la possibilité d’un décès dû à un Cocktail Molotov, pourquoi avoir lancé de fausses pistes, comme celles du sac à dos disparu, volontairement récupéré par les manifestants, et qui aurait pu contenir des substances explosives ? Simplement pour discréditer un jeune homme pacifiste, militant de la fédération Nature Environnement, botaniste, qui n’a jamais fait usage de violence ou eu maille à partir avec les forces de l’ordre. Salir l’image d’un jeune homme mort qui militait pour l’environnement et pour les générations avenir ?

Y a-t-il attitude plus basse et plus veule ?

Pourquoi ne pas assumer ses responsabilités et dire : nous l’avons tué. Notre politique l’a tué. Nous n’avons pas voulu choisir la voie du dialogue, nous avons voulu montrer que nous sommes forts aux yeux des Français, et cela passe par des démonstrations de violences contre ces militants majoritairement pacifistes. Nous les avons harcelés, frappés, nous avons brulé leurs effets personnels, les avons délogés sans autorisations judiciaires, puis nous avons fait usage de Flash balls, de grenades fumigènes et de désencerclement. Et comme ils ne partaient toujours pas, nous avons fait lancer des grenades contenant des explosifs, en les jetant sans sommations, sans respecter les règles élémentaires d’usage de ces grenades, en l’air directement sur les manifestants, ou même dans des lieux clos, comme dans une caravane occupée. Nous les avons blessés, alors qu’ils tentaient simplement de sauver notre patrimoine naturel, eux qui ont cette conscience que nous n’avons plus, à force de vouloir produire et gagner toujours plus.

Je suis désolé de dire cela, je ne suis qu’avocat. Je ne devrais pas parler de ce qui me dépasse, de ce qui dépasse mon champ d’action, le droit. Mais c’est plus fort que moi. Je me dois aujourd’hui de défendre Rémi Fraisse, ou plutôt ce qu’il en reste. Un corps dans une morgue. Un corps au centre d’un conflit de pouvoir. De tous les pouvoirs, politiques, judiciaires, militaires, médicaux, médiatiques. Un corps autopsié, malmené, disséqué par la France entière qui se le déchire, comme Damiens (1) supplicié en place publique, objet de la toute-puissance de la souveraineté. Un corps auquel le pouvoir refuse de redonner un nom, une dignité. Un corps que le pouvoir refuse de rendre à ses parents qui à ce jour n’ont toujours pas pu voir leur enfant, auquel ils ont donné naissance, qu’ils ont vu faire ses premiers pas, dire ses premiers mots, crier ses premières révoltes, et qu’ils ne pensaient pas devoir inhumer, envers et contre toute logique générationnelle.

Ce n’est pas qu’un drame ou une tragédie qui s’est nouée autour de Rémi. Il est mort parce qu’il s’est retrouvé par hasard au milieu d’une déflagration de pouvoir et d’expression de la violence publique. Ce qui a tué Rémi Fraisse, ce n’est pas seulement un gendarme jetant une grenade offensive en pleine nuit en direction de jeunes manifestants, quelle que soit la violence de ceux-ci. Ce qui a tué Rémi, c’est la violence Etatique. Un Etat gouverné par des hommes dont la boussole n’est orientée que vers la prochaine échéance électorale, des hommes motivés par leur stratégie de communication, et qui en ont oublié que l’Etat dont ils sont les représentants n’était finalement qu’une simple fiction destinée en premier lieu à protéger ceux qui avaient accepté de se soumettre à sa violence légitime. Mais lorsque la violence n’est plus légitime, lorsque l’on utilise des armes de guerre non pas contre un autre Etat belligérant, mais contre sa propre population, lorsque l’Etat tue ceux qu’il est sensé protéger, alors la question de l’Etat, de son fonctionnement, de ses intérêts et de ses représentants doit inéluctablement être posée.

Dimanche à 16H00, je serai devant le mur de la paix, avec une renoncule à feuille d’ophioglosse sur le torse, et je penserai aux parents de Rémi Fraisse, je penserai à Rémi, et à toute cette vie, plus importante que tout le reste, qui s’est en allée. Pour Rémi Fraisse.

Arié Alimi 2 novembre 2014, |

Note : (1) Robert François Damiens, condamné pour avoir tenté d’assassiner Louis XV, fut la dernière personne à subir le supplice du régicide : l’écartèlement.

URL de cet article 27330 http://www.legrandsoir.info/conflit-de-pouvoirs-pour-remi-fraisse.html

Contre les violences sociales et les violences policières !!! La CGT31 appelle à cette manifestation.

Toulouse
14h30 – Compans-Caffarelli

AFFICHE_15_NOV_PLa coupe est pleine ! Le pays s’enfonce dans la crise avec son cortège de misère, de chômage, de précarité, de violentes divisions. Depuis des années la droite et, depuis 2012, François Hollande, les gouvernements Ayrault et Valls poursuivent le même but dans le cadre des traités européens et en accord avec les dirigeants de l’Europe libérale : austérité, compétitivité par la baisse du coût du travail, reculs sociaux, coupes claires dans les dépenses publiques. Ces politiques ont échoué partout comme elles échouent en France : elles nourrissent la crise, creusent tout à la fois les inégalités et les déficits.

Dans son immense majorité le peuple rejette cette politique imposée sans débat et avec autoritarisme. Cette situation crée une grave crise politique dont la droite et l’extrême-droite porteuses de graves projets de régression tentent de tirer profit.

Il est temps d’arrêter cet engrenage. Il faut dire non à la loi de finances 2015 présentée par Manuel Valls qui, pour satisfaire les cadeaux faits au CAC 40, dans le cadre du pacte de responsabilité, coupe massivement dans les dépenses publiques. Il se traduirait par le recul des services publics et de ses missions, un étranglement financier des collectivités locales et de leur capacité d’investir. Il faut aussi empêcher les reculs budgétaires de la protection sociale qui remettent en cause les acquis pour la santé, la retraite, la famille, les chômeurs.

D’autres choix sont pourtant possibles. Nous ne sommes pas condamnés à l’austérité permanente et à l’insécurité sociale. Il faut mettre en œuvre une politique qui parte des besoins sociaux, s’attaque aux inégalités. Une réforme fiscale d’ampleur permettrait une redistribution des richesses et une relance des investissements productifs au bénéfice de la grande masse de la population, s’inscrivant dans la transition écologique.

Il faut redonner du pouvoir d’achat, augmenter les salaires, créer des emplois. Il faut créer les conditions d’une véritable reconquête industrielle. Il faut s’attaquer au  capital, à la finance, à la rente des actionnaires qui est supportée par les salarié-es, les chômeurs, les précaires, les retraités et la jeunesse.

Il existe dans le pays une majorité de femmes et d’hommes disponibles pour cette alternative sociale et politique, des forces syndicales, sociales, associatives, politiques que nous voulons rassembler.

Mettre un coup d’arrêt aux politiques en cours, imposer d’autres choix, cela ne peut se faire sans la mobilisation des salarié-es, sans l’intervention citoyenne.

  • Pour dire non au budget d’austérité du gouvernement VALLS et appeler à ce qu’il soit rejeté !
  • Pour dire non aux exigences du Medef !
  • Pour rassembler et construire une alternative à la politique actuelle !
  • Nous appelons à organiser des manifestations à Paris et dans les grandes villes de France

Source : L’Humanité
Fanny Doumayrou
Vendredi, 7 Novembre, 2014
Dans son choc de simplification, le gouvernement s’est laissé dicter une réforme de la médecine du travail par le Cisme, lobby patronal des services de santé au travail. l’Humanité publie l’intégralité du document qui a servi à la dictée.

Un projet, une réforme, une politique du gouvernement « dictés par le patronat » : le propos peut parfois paraître caricatural. Las, 
la réalité confirme, jour après jour, que la caricature est bien du côté d’un gouvernement « de gauche » qui s’est engagé, bras dessus, bras dessous avec les employeurs, dans une campagne de destruction des acquis sociaux. 
La preuve, cette fois, avec le projet de 
réforme, en forme de laminage, des services de médecine du travail, annoncé dans 
le cadre du « choc de simplification » la semaine dernière . Jeudi 30 octobre, très précisément, les médecins du travail ont découvert de manière totalement brutale, dans le chapeau des 50 mesures de simplification, deux items les concernant. L’un prévoyant de mettre fin à la visite périodique obligatoire pour chaque salarié chez le médecin du travail. L’autre suggérant de supprimer la possibilité pour ce médecin de demander l’aménagement d’un poste de travail pour un salarié ayant des problèmes de santé (voir notre édition du 4 novembre). Or, le contenu et la formulation de ces mesures s’avèrent directement inspirés d’un document patronal rédigé le 23 octobre, soit sept jours plus tôt, revendiquant cette réforme et appelant les employeurs à la « mobilisation », afin de saisir « l’opportunité » du choc de simplification pour obtenir satisfaction. Pari réussi.

De quel patronat s’agit-il ?

Du Cisme, pour Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise, association qui regroupe et représente la majorité des services de médecine du travail en France, eux-mêmes associations à but non lucratif. Il s’agit en fait d’un syndicat patronal puisque, depuis leur création en 1942, les services de médecine du travail, financés par les entreprises à hauteur de 1,2 milliard d’euros par an aujourd’hui, sont dirigés et gérés par des employeurs. La réforme de 2011 prévoyait de rendre leur gestion paritaire – à 50-50 avec des représentants de syndicats de salariés –, mais un lobbying patronal intense a permis que la présidence du conseil d’administration, qui devait être alternée, soit réservée aux employeurs, qui gardent ainsi le gouvernail financier, mais aussi politique sur la question de plus en plus sensible des risques professionnels. Le Cisme, lié au Medef et à l’UIMM – le patronat de la métallurgie – est connu pour ses interventions régulières auprès des pouvoirs publics. Il milite depuis les années 1970 au moins pour réduire la place des médecins du travail dans les services, afin de lui substituer une panoplie d’intervenants (ergonomes, infirmiers, techniciens) à la fois moins coûteux, ne bénéficiant pas d’un statut protecteur, et de beaucoup moins de poids face aux employeurs. À la faveur d’une pénurie largement fabriquée de médecins du travail, cette évolution s’est déjà imposée à l’occasion des réformes de 2002 et 2011.

Des chiffres largement fantaisistes
Le 23 octobre dernier, donc, le Cisme prend la plume, et le porte-voix. Son président, Serge Lesimple, ainsi que 21 représentants régionaux de l’association signent un « appel » intitulé « Mobiliser pour traiter les difficultés des entreprises à mettre en œuvre un suivi individuel de l’état de santé des salariés adapté et conforme aux textes ». Ce document de quatre pages (à télécharger ci-dessous), transmis à l’Humanité par l’association Santé et médecine du travail, est aussi décliné sous forme d’un document « Powerpoint », reprenant le même argumentaire sous forme simplifiée. 
Il dramatise la situation de la médecine du travail pour exiger sa refonte. L’alerte consiste à dire que la pénurie de médecins du travail rend impossible le respect de la visite périodique obligatoire. Selon le Cisme, le Code du travail implique la réalisation de 30 millions de visites par an, alors que les capacités actuelles sont de 8 millions, et qu’en 2020, elles seront de 4 millions (soit 13,3 %, nous y reviendrons), compte tenu des départs en retraite massifs des médecins du travail. Des chiffres largement fantaisistes, puisqu’ils ignorent les recrutements à venir de médecins. Et parce que la loi de 2011 a justement assoupli sans limites la périodicité des visites médicales. Une mesure néfaste évidemment aux salariés, mais qui rend impossible le type de calcul sur les « besoins » avancé par le Cisme. Mise en scène, donc, dont les motivations éclatent lorsque le document pointe « des risques juridiques pour les entreprises, que la jurisprudence étend progressivement aux services de santé interentreprises ».

Deux jurisprudences concernant des condamnations d’employeurs pour défaut de visite médicale illustrent l’insécurité juridique. Une situation qui, selon le Cisme, « milite pour une modification des textes » : « Le mouvement de simplification pour les entreprises, initié dans notre pays, constitue une opportunité pour faire évoluer le Code du travail dans ce domaine. La première étape consiste à inscrire ce thème à la liste des sujets devant bénéficier d’une simplification. Des arbitrages sur cette liste pourraient intervenir dans les prochaines semaines », soulignent les auteurs, bien informés de l’actualité gouvernementale. Et d’ajouter que la « mobilisation des employeurs au niveau territorial est essentielle pour engager un travail d’élaboration des solutions en prise avec les réalités de terrain ». Avant d’inviter les employeurs à « s’adresser à leurs instances nationales et à leur environnement institutionnel (Direccte – directions régionales du travail, préfets, parlementaires) ». Le reste du texte souligne aussi que cette réforme serait « l’occasion de repenser les modalités de déclaration d’inaptitude, également source de difficultés dans l’entreprise ».

Le 30 octobre, le message a visiblement été reçu par le gouvernement. La mesure 21 de son « choc », présenté en grande pompe, prévoit de « simplifier la visite médicale » et reprend l’argumentaire et les calculs du Cisme, prétendant qu’« aujourd’hui, la visite médicale n’est réalisée que dans 15 % des cas ». « C’est un chiffre bidon, d’où sort-il ? » se demandait, lundi, Bernard Salengro, médecin du travail CFE-CGC, pour qui le chiffre réel est de 70 % de visites honorées… Le document du gouvernement qualifie ces visites de « formalité impossible », un terme utilisé dans une brochure du Medef sur les services de santé au travail consultable sur le site du Cisme. Et il insiste aussi sur la « forte insécurité juridique » dans laquelle sont placés les employeurs. La mesure 22 vise aussi à « sécuriser l’employeur » en cas de salarié déclaré « apte avec réserves » par le médecin. Il s’agirait donc de supprimer cette possibilité, afin que l’employeur n’ait plus à s’embarrasser avec des aménagements de postes pour salariés abîmés par le travail. Mais, là encore, le document sent la rédaction sur un coin de table puisque la terminologie exacte est « apte avec restrictions » ou « avec aménagement de poste », pointe, agacé, Bernard Salengro.
Des arguments sur un plateau

« On aurait pu croire que ce gouvernement aurait un projet pour la médecine du travail, mais non, dénonce Dominique Huez, vice-président de l’association Santé et médecine du travail. Ce sont les employeurs qui font les mesures, à travers plein de groupes de pression. En l’occurrence, le Cisme a apporté l’argumentation sur un plateau au gouvernement, qui a repris son analyse et ses mots mêmes. C’est la première fois qu’un gouvernement de gauche considère la protection de la santé des salariés comme une insécurité juridique. » Hier, le cabinet du secrétaire d’État à la Simplification, Thierry Mandon, n’a pas donné suite à nos sollicitations. De son côté, le service de presse du Cisme n’a pas confirmé l’authenticité du document et affirme que l’association « n’a pas participé à la rédaction » du projet gouvernemental. Mais il développe l’argumentaire contenu dans le document, avec les mêmes chiffres…
Lire aussi : Vers une offre de services aux entreprises
Document à télécharger:
 2014-10-23-appel-presidents-sst.pdf
– See more at: http://www.humanite.fr/revelation-comment-le-patronat-prescrit-valls-la-suppression-de-la-medecine-du-travail-556996#sthash.0167RVvm.dpuf

Voici la première vidéo réalisée dans le cadre de la Permanence Vidéo des Luttes Sociales (PVLS) lancé par Zin TV le 20 octobre 2014. Désormais les militants sociaux se sont dotés d’un outil de réponse citoyenne spontanée, soutenu et accompagné par l’équipe pédagogique de Zin TV.

Nous vous invitons à rejoindre prochainement les formations de la PVLS et d’intégrer les équipes de tournage qui vont tmanifestation_belgique_crise_europe432émoigner de manière créative d’un combat de longue haleine pour défendre nos acquis sociaux. La PVLS a comme but de construire une mémoire des actions collectives, lui donner également une esthétique et de stimuler le mouvement social. Cette visibilité lui permet d’exister dans notre imaginaire collectif sous la forme de vidéos conçues non « sur » le mouvement mais « avec ».

Voici donc un témoignage de la manifestation nationale du 6 novembre 2014. Un rêve en marche pour plus de 120000 personnes qui se sont rassemblées afin de défendre solidairement un meilleur avenir. [1]

Notes

[1] Nous avons bien-sûr laissé le soin à nos collègues des médias de droite de s’occuper de couvrir la partie lamentable de la manifestation.

Publié le 27/02/2014DSC_0552

Cette très large étude internationale menée auprès de plus de 400.000 patients opérés dans 300 hôpitaux de 9 pays européens ne devrait pas laisser de marbre les décideurs politiques qui recherchent à tous crins, l’efficience voire la réduction pure et simple des dépenses de santé. Car l’une des conséquences, en secteur hospitalier, des mesures d’austérité, est l’augmentation de la charge de travail des infirmières qui entraîne immanquablement une augmentation des taux de décès des patients hospitalisés. Les conclusions, publiées dans le Lancet, rappellent tout simplement l’importance, pour maintenir la qualité des soins, de la dotation en personnel et de sa qualification.

 

Les chercheurs de l’école Infirmière de l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie), de l’Université de Louvain (Belgique) et de l’Université de Southampton (UK) en collaboration avec de nombreux autres instituts de recherche européens, ont mené cette étude (RN4CAST) pour éclairer la prise de décision concernant l’organisation des soins infirmiers, dans le cadre de la gestion des dépenses hospitalières. Les chercheurs ont évalué comment l’évolution du ratio infirmières/patient et des qualifications du personnel infirmier pouvait être associée à l’évolution de la variation de la mortalité à l’hôpital, après intervention chirurgicale courante.

Les chercheurs ont analysé les données de 422.730 patients âgés de 50 ans ou plus pour estimer le taux de mortalité à 30 jours. Les rapports de 26.516 infirmières et infirmiers ont été analysés pour mesurer la dotation en personnel infirmier et la formation des infirmières. Les conclusions de l’analyse sont claires :

  • Le nombre de décès dans les 30 jours suivant l’admission reste faible en moyenne : de 1 à 1,5%, selon les pays,
  • au sein d’un même pays, ce taux de mortalité peut varier considérablement de < 1% à > 7%,
  • Toute augmentation de la charge de travail infirmier par patient augmente le risque de décès du patient de 7%, dans les 30 jours suivant son admission de 7% (OR : 1,068),
  • chaque augmentation de 10 % du niveau de qualification moyen du personnel infirmier est associée à une diminution de ce risque de 7% (OR : 0,929).

Des données qui impliquent, en pratique, que le risque de patients soignés dans des hôpitaux dotés de personnels infirmiers titulaire d’un équivalent licence à 60 % et de manière à ce qu’un infirmier soigne 6 patients en moyenne, serait réduit de 30% vs à un hôpital où seuls 30% des personnels seraient diplômés d’un équivalent licence et où chaque infirmier serait en charge de 8 patients.

Conclusion, les réductions de personnels infirmiers qui visent à économiser sont clairement néfastes aux patients. Anne Marie Rafferty, professeur à la Florence Nightingale School de soins infirmiers du King College de Londres, co-auteur de l’étude, confirme: «  L’hypothèse selon laquelle la dotation en personnel infirmier peut être réduite pour faire des économies et sans nuire aux patients est au mieux stupide et au pire fatale  ». L’étude montre également l’importance de la qualification des infirmières et rappelle l’importance de la formation infirmière pour la qualité des soins.

Source: The Lancet February 26, 2014 doi:10.1016/S0140-6736(13)62631-8 Nurse staffing and education and hospital mortality in nine European countries: a retrospective observational study (Visuel NHS)

Lire aussi:INFIRMIÈRES: Les postes prolongés font des patients insatisfaits –

Le BURN OUT des INFIRMIÈRES: Un impact mesurable sur les infections nosocomiales

Communiqué de presse CGT SUD Convergences EPSM Caen

Aujourd’hui, 4 novembre 2014, la Fédération Hospitalière de France (FHF) qui regroupe tous les patrons des Hôpitaux devait se réunir « confidentiellement » au CHU de Caen. Au programme, les « grandes orientations et évolutions attendues en Basse Normandie dans le cadre de la stratégie nationale de santé ».

Apprenant que les personnels des hôpitaux de Basse Normandie particulièrement maltraités par les décideurs des politiques de Santé avaient décidé d’interpeller la FHF sur les solutions préconisées par le Gouvernement et les Agences Régionales de Santé (ARS), le lieu prévu au CHU a été changé au dernier moment.

C’est donc au Mémorial que la réunion devait se tenir.

La convergence des Hôpitaux en lutte contre l’hôstérité s’est donc rendue au Mémorial. La FHF, qui multiplie actuellement le même discours que le MEDEF sur les 35 heures et la réorganisation du travail n’a pas pu tenir son congrès régional comme prévu. Tous les hôpitaux du Calvados étaient représentés et le collectif de défense de l’Hôpital d’Avranches Granville était lui aussi présent.

L’action a permis de dénoncer :

  • Fermeture d’hôpitaux publics,
  • Disparition des maternités de proximité,
  • Fermetures de lits et de service,
  • Marchandisation du secteur de la prise en charge des personnes âgées dépendantes,
  • Délais d’attente pouvant aller jusqu’à 6 mois pour l’obtention d’un rendez vous,
  • Activités les plus rentables abandonnées au secteur privé lucratif,
  • Réduction du nombre de personnels dans les hôpitaux et services …..

Nous nous battons pour une véritable Loi de santé publique, permettant à toutes et tous d’être bien soignés, au plus près de leur domicile.

Nous nous battons pour améliorer la qualité de prise en charge des usagers et développer de meilleures conditions de vie et de travail pour les personnels qui, actuellement, n’en peuvent plus.

Nous sommes assurés du soutien de la majorité de la population et continuons nos actions pour une santé de qualité et de proximité pour toutes et tous.

A l’issue de cette action, la Directrice de l’ARS est venue au Mémorial pour rencontrer une délégation des salariés de l’EPSM de Caen qui exige toujours le départ du Directeur, le dialogue social étant rompu avec lui.

 

Caen, le 4 novembre 2014