Objet : Préavis de grève reconductible des agents du service d’hospitalisation complète B3, pôle Neurosciences

M. le Directeur Général,

Les agents du service d’hospitalisation complète B3 du pôle Neurosciences ont décidé, en Assemblée Générale le 16 juillet 2014, d’un mouvement gréviste reconductible, la cessation concertée du travail prendra effet à 0 heure, ce jeudi 31 juillet.

Les revendications portent sur l’organisation du temps de travail non règlementaire et les dysfonctionnements organisationnels :

Infraction à la règlementation du temps de travail, de l’accord local sur les 35h et atteinte au droit des agents.

Non-respect du repos quotidien de 12h consécutive cf. planning IDE/ AS

Semaine de plus de 44h (47h pour une IDE)

Cycle de travail non reproductible (RQ)

Effectif journalier en dessous des effectifs du service (RQ, M*/S*)

Congés annuels RTT non remplacés

RTT imposés (RQ dans le TST) non conforme à l’accord local

Mutualisation contrainte des effectifs sur le pôle ex : TST IDE M1*/ S1*

Départ et retour des congés annuels après ou sur des Weekends travaillés

Pas de pause, ni repas possible de la journée pour une partie de l’équipe (IDE)

Pressions et menaces de la part de l’encadrement sur les agents ayant participés à l’enquête du CHSCT du 18 juillet 2014 après un DGI

L’absence d’arbitrage de la part de l’encadrement entraine une culpabilisation des agents lors de la demande de prise de jour de RTT.

Atteinte à la vie privée des agents, appel au domicile des agents, rappel sur repos, non prévisibilité du planning

Dysfonctionnements organisationnels :

Depuis le déménagement sur PPR prise en charge de patients lourds (comas), soins palliatifs, sans effectif supplémentaire.

Cinq lits supplémentaires ont été affectés au service à effectif constant

Prise en charge de patients relevant d’une autre spécialité (hébergement)

Impossibilité par manque de personnel d’encadrer les étudiants

Impossibilité de prise en charge psychologique du patient par manque de temps

Impossibilité d’accompagner les personnes en fin de vie

Sous-effectif ASH, les malades doivent parfois patienter de 2h pour être installer en chambre

Atteinte à la santé des agents :

Deux agents sont en arrêt maladie pour épuisement professionnel

Stress important lié à la crainte de commettre des erreurs dans un contexte de travail de plus en plus difficile

Turnover important 11 agents désireux de quitter le service (mutations ou disponibilités) et des nouveaux agents arrivés récemment.

Les agents sont épuisés par la charge de travail, ces dysfonctionnements portent atteinte à leur santé et à la sécurité des soins.

Risque de Tension et conflits important dans l’équipe

Nous renouvelons la volonté des personnels, de voir s’ouvrir de véritables négociations en vue du règlement des revendications portées par l’action de ces personnels à savoir :

pour l’aides-soignantes : une aides-soignantes de plus en matin, et une aide-soignante de plus en soir. Soit un planning journalier de: quatre AS en M1, une AS en M2, une AS en M3, trois AS en S1, une AS en nuit, du lundi au dimanche.

Pour les infirmières : une IDE de plus par jour en soir soit un planning journalier de trois IDE en M1, 3 IDE en S1, 2 IDE de nuit du lundi au vendredi:

le remplacement de l’agent d’accueil (en arrêt maladie pour épuisement professionnel)

Le remplacement de tous les congés annuels afin de maintenir la sécurité et la qualité des soins

Le respect de l’accord local du CHU sur la planification des congés annuels et RTT, notamment concernant le bénéfice du repos hebdomadaire avant et après les congés.

La stagiairisation des agents recrutés en CDD 25, actuellement sur des emplois statutaires.

Dans l’attente, nous vous demandons de prendre toute disposition dans le respect du droit de grève, à commencer par l’application pleine et entière de la loi de juillet 1963 en matière de négociation préalable, dans l’intérêt des patients et des personnels.

Nous attirons votre attention sur le fait que les négociations doivent se tenir en présence des agents et pour des raisons organisationnelles entre 9h et 17h. Le service et l’effectif minimum sont à négocier dans le cadre de cette réunion.

Si les négociations en matière d’effectif et de service minimum échouent, nous vous rappelons qu’une notion essentielle est prévue par la loi : «  toute réquisition ou assignation au travail doit être effectuée sous le contrôle du juge ». De fait, nous vous demandons de nous renseigner sur le nombre d’agents grévistes et assignés par grade, afin de mesurer l’étendue de celles-ci.

Dans l’attente d’une réponse dont vous saisirez l’urgence, nous vous prions, Monsieur le Directeur Général, d’agréer nos respectueuses salutations.

Syndicat CGT

 

Les personnels de neurochirurgie appellent à la grève aujourd'hui à PPR Purpan./DDM-C. Giacomel-archives
Les personnels de neurochirurgie appellent à la grève aujourd’hui à PPR Purpan./DDM-C. Giacomel-archives
 

Les personnels de l’hospitalisation complète de neurochirurgie B3 du nouvel hôpital PPR (Pierre-Paul Riquet) sont en grève illimitée à partir d’aujourd’hui jeudi 31 juillet, indique le syndicat CGT Santé Hospitaliers. Ils dénoncent dans leur service «un sous-effectif structurel et conjoncturel, des plannings toujours fluctuants, des rappels sur repos, désorganisant leur vie privée, rendant impossible la déconnexion avec le travail, dégradant les conditions de travail et de soins», précise la source syndicale.

Danger grave et imminent

La CGT ajoute que «le service compte plusieurs agents en arrêts maladie pour épuisement professionnel, et un turnover important : onze agents souhaitent quitter le service. Malgré une enquête du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) après une procédure de «danger grave et imminent», la direction est toujours dans le déni et refuse de mettre les effectifs supplémentaires au regard de la charge de travail. Soit un effectif supplémentaire de six aides-soignantes et demie et deux infirmières et demie».

Le premier d’une série de rassemblements prévus tous les jeudis et appelés «les jeudis noirs du pôle Neurosciences» aura lieu aujourd’hui, de 12heures à 14 heures à l’entrée principale de l’hôpital PPR.

Ce diagnostic établi par le syndicat CGT Santé Hospitaliers, la direction de l’établissement de soins ne le partage pas.

Directeur général adjoint du CHU de Toulouse, Eric Dupeyron constate que «la CGT a recours, quitte à la galvauder, à la procédure de danger grave et imminent dès que la direction ne partage pas son point de vue. Nous ne partageons pas le même avis sur les effectifs nécessaires dans ce service de neurochirurgie», admet Eric Dupeyron, en précisant qu’à la demande de la direction, la médecine professionnelle et l’encadrement du service ont mission de veiller sur l’état de santé des agents. «A ce jour, aucun signalement d’épuisement professionnel ne nous a été transmis», affirme le directeur général adjoint du CHU.

La Dépêche du Midi

Les personnels de l’hospitalisation complète de neurochirurgie B3 du nouvel hôpital PPR seront en grève illimitée à partir du 31 juillet2014. Ils dénoncent dans leur service un sous-effectif structurel et conjoncturel, des plannings toujours fluctuants, des rappels sur repos, désorganisant leur vie privée, rendant impossible la déconnexion avec le travail, dégradant les conditions de travail et de soins. Le service compte plusieurs agents en arrêts maladie pour épuisement professionnel, et un turnover important : 11 agents souhaitent quitter le service.

Malgré une enquête du CHSCT après une procédure de Danger Grave et Imminent, la direction est toujours dans le déni et refuse de mettre les effectifs supplémentaires au regard de la charge de travail. Soit : un effectif supplémentaire de : 6.5 aides-soignantes et 2.5 infirmières

Des rassemblements sont prévus tous les jeudis appelés « les jeudis noirs du pôle Neurosciences » de 12h à 14h à l’entrée principale de l’hôpital PPR

Le premier rassemblement aura lieu ce jeudi 31 juillet.

Contact local cgt Purpan haut : 0561777708

Le personnel des crèches du CHU (Auxiliaires de Puériculture et ASH) ainsi que les Techniciens de l’Information Médicale (IDE et IBODE) seront en grève reconductible le lundi 28 juillet à partir de zéro heure.

Cette décision fait suite à la remise en cause du statut du droit à la retraite et à la reconnaissance de leur pénibilité.

La mobilisation du 24 février à l’HOTEL DIEU pour rencontrer la direction générale n’a donné aucune réponse favorable au personnel gréviste. Suite à cette mobilisation, l’Assemblée Générale des auxiliaires de puériculture a décidé de reconduire le mouvement de grève en vue d’un rassemblement devant l’ARS le 28 juillet 2014 à 14 heures.

Les personnels du CHU de Toulouse ne lâchent rien et font signer des pétitions dans tous les Établissements du CHU.

Tout le monde est concerné par la remise en cause de nos droits à la retraite et la non reconnaissance de la pénibilité.

La CGT du CHU de TOULOUSE

17 juillet 2014 | Par Thomas Saint-Cricq – Mediapart.fr

Deux déléguées syndicales tunisiennes d’une filiale du groupe aéronautique ont obtenu mardi près de 30 000 euros d’indemnités. Fondatrices en 2011 d’une section syndicale, elles avaient été licenciées en avril 2013, après deux ans de conflit portant sur l’amélioration des conditions de travail.

Le bras de fer aura duré plus de trois ans. Il s’est achevé mardi 15 juillet par le paiement de lourdes indemnités de licenciements à des déléguées syndicales de l’usine LATelec à Fouchana, dans la banlieue de Tunis.

En mars 2011 des ouvrières de LATelec, filiale de la multinationale toulousaine Latécoère, se regroupent en syndicat pour faire améliorer leurs conditions de travail. Le régime autoritaire de Ben Ali est tombé deux mois plus tôt, et la parole est désormais libre dans la société tunisienne, y compris dans les entreprises pilotées par des actionnaires étrangers. Le groupe aéronautique français Latécoère est installé dans la capitale tunisienne depuis 2005. Il y fabrique des câblages électriques pour les avions qu’il fournit principalement à Airbus et Dassault. Jusqu’à l’apparition du syndicat en mars 2011, 430 salariés, dont 200 intérimaires, sont payés au salaire minimum en vigueur, soit autour de 120 euros par mois.

Dès le lendemain de la révolution, les salariés, constitués à 80 % de femmes, adhèrent en masse à ce nouveau syndicat directement affilié à l’UGTT, la principale centrale syndicale tunisienne. Menées par les déléguées Monia Dridi et Sonia Jbali, les ouvrières dénoncent des pratiques de « harcèlement sexuel », des heures supplémentaires non payées, et réclament des augmentations salariales conformes à leur niveau de qualification exigé – baccalauréat, bilinguisme français et arabe – ainsi qu’une extension de leurs congés payés, alors en dessous de la norme légale.

Après huit mois de bras de fer, ces revendications sont finalement acceptées par les dirigeants de LATelec qui, tout en démentant les pratiques de harcèlement sexuel après avoir diligenté une « enquête interne », ratifient le projet de classification proposé par le nouveau syndicat en mai 2012.

Mais durant l’été 2012, Latécoère opère un changement à la tête de l’usine de Fouchana. La nouvelle direction revient pas à pas sur les accords passés. « Il y a eu une volonté de nettoyer l’usine de ses syndicats », analyse-t-on du côté du comité de soutien français des ouvrières. À l’automne, 200 contractuelles sont licenciées et une centaine de titulaires sont mutées vers un autre site de production. Le groupe Latécoère rapatrie ses activités dans ses usines à Toulouse et au Mexique. La direction évoque avant tout un impératif économique : « Nous avions les carnets de commande pleins et avec les arrêts à répétition, le site de Fouchana était dans l’incapacité de produire dans nos besoins. »

Les ouvrières de LATelec durant un débrayage dans les murs de l'usine.Les ouvrières de LATelec durant un débrayage dans les murs de l’usine. © DR

Un nouveau syndicat, minoritaire, voit le jour au sein de l’entreprise et devient le principal interlocuteur de la direction. Le dialogue est alors rompu avec les déléguées affiliées à l’UGTT qui revendiquait, à sa création en 2011, près de 400 adhérents. Réduites au chômage technique durant des mois, les ouvrières tentent de médiatiser leur cause par des manifestations à Tunis et devant l’ambassade de France, le 30 mars 2013.

Un mois plus tard, dix d’entre elles, dont deux déléguées syndicales UGTT, sont licenciées. Latécoère, par l’intermédiaire de l’ancien journaliste Jean-Christophe Giesbert, consultant en communication pour le groupe, avance aujourd’hui « des violences et une atteinte à l’outil de production » pour justifier les licenciements. Des licenciements nécessaires « au vu de la gravité des faits », affirme le groupe.

Au bout d’un an de conflit, plusieurs des ouvrières mises à la porte sont réintégrées mais les évictions de quatre d’entre elles, dont les deux responsables syndicales, sont maintenues. Réclamant sans succès leur réintégration au sein de l’entreprise depuis, l’ex-salariée Houda Talgi, 29 ans, et la déléguée syndicale Sonia Jbali, 36 ans, entrent le 16 juin en grève de la faim. La méthode radicale suscite l’émoi des médias, et la demande de réintégration est largement diffusée en France par la CGT Latécoère et par deux comités de soutien très présents sur les réseaux sociaux. Le dialogue reprend fin juin 2014 entre les ouvrières et la direction de LATelec, et nécessite la médiation des secrétaires généraux nationaux de l’UGTT.

Les négociations se déroulent dans « une grande tension », selon une proche du dossier, et finissent par aboutir à un accord historique, alors que l’état de santé des grévistes se détériorait de manière inquiétante. Deux des ouvrières sont réincorporées au sein de l’usine, et les deux déléguées syndicales, Monia Dridi et Sonia Jbali, perçoivent des indemnités équivalentes à 7 années de salaire.

Une demi-victoire pour les ouvrières. Comme l’a toujours souhaité LATelec, les deux militantes Monia Dridi et Sonia Jbali ne réintégreront pas l’entreprise. Ni aucune autre d’ailleurs, selon l’aveu de Monia Dridi, 32 ans. « Jamais je ne retrouverai un emploi. Lorsqu’on dit qu’on a travaillé à LATelec, on est sûr d’être refusée », expliquait-elle par téléphone avant la signature de l’accord. 

59 mouvements sociaux en l’espace d’un mois

Pourtant, le montant des indemnités, soit une somme située aux alentours de 60 000 dinars (environ 30 000 euros) pour chacune des deux ex-déléguées, montre que le conflit n’a pas été vain et que les syndicats constitués après la révolution sont désormais capables d’instaurer un rapport de force avec des managers étrangers.

« C’est la première fois que l’on voit des indemnités de licenciement aussi importantes. C’est six fois le montant de ce que peut proposer un tribunal des prud’hommes dans un cas similaire », détaille Charfedine El Kellil, avocat pénaliste et collaborateur de l’Observatoire social tunisien.

Le conflit social de Fouchana est que le fruit d’un contexte d’explosion sociale dans le pays, où le taux de chômage reste supérieur à 15% depuis la révolution. Si les statistiques détaillées manquent dans le domaine, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux a recensé à titre d’exemple plus de 59 mouvements sociaux en l’espace d’un mois en novembre 2013.

Les déléguées syndicales Monia Diri (à droite) et Sonia JbaliLes déléguées syndicales Monia Diri (à droite) et Sonia Jbali © DR

Avec l’accord obtenu par les ouvrières de Fouchana, la tendance n’est pas près de s’inverser. D’une part, la libéralisation de la parole et l’instabilité politique observée depuis janvier 2011 confèrent une position de force jamais vue à l’UGTT, qui tenait déjà un rôle de contre-pouvoir important depuis sa création en 1946. D’autre part, la législation tunisienne n’offre que peu de garanties aux travailleurs et reste très complaisante avec les investisseurs étrangers.

« Dans chaque secteur, les syndicats procèdent à la comparaison avec un travailleur marocain et un travailleur européen, et c’est à chaque fois pour le travailleur tunisien que les conditions de travail sont le plus dégradées », explique Me El Kellil. « On a quasiment abandonné l’embauche en CDI, les entreprises enchaînent les CDD de 6 mois avec des délais de carence, et tout cela dans un cadre très légal. Le code d’incitation aux investissements promulgué sous Ben Ali avait fait de la Tunisie un paradis aux yeux des multinationales étrangères en proposant jusqu’à 80 % d’exonération fiscale. Le nouveau code adopté en 2013 promet encore plus d’avantages fiscaux ! » poursuit-il. 

Pourtant, d’après l’Observatoire social de Tunisie, près de 200 entreprises étrangères ont quitté le pays depuis la révolution, sur fond d’insécurité et surtout de l’émergence des syndicats dans le secteur privé. Des départs entrepris parfois dans la brutalité. En 2013, le groupe textile belge Jacques Bruynooghe Global fermait cinq de ses usines sans le moindre préavis, laissant 311 employés sans travail. Le groupe belge a été condamné depuis.

Avec l’émergence des syndicats du secteur privé et la multiplication des mouvements sociaux, la Tunisie gomme peu à peu son image de « paradis » des investisseurs. Mais la culture du dialogue social, « encore embryonnaire » en Tunisie, et les pratiques de management en vigueur issues des années Ben Ali promettent d’autres bras de fer aussi radicaux que médiatiquesEn avril 2013, cinq syndicalistes de Teleperformance, le leader mondial des centres d’appels téléphoniques, qui emploie 6 000 personnes en Tunisie, avaient entamé une grève de la faim pour protester contre des licenciements jugés abusifs. Aujourd’hui encore, un autre salarié tunisois refuse de s’alimenter après son licenciement par une filiale de l’entreprise française Leman Industrie.

648819_19439257_460x306

Leader de la CGT dans le Fumélois pendant trente ans, Ignace Garay est mort des suites de ses blessures hier sur une route près de chez lui. Une figure de la lutte syndicale s’en va.

Il prenait la parole d’une voix rauque de cigarettes brûlées les unes après les autres. «Il avait parlé, il avait tout dit.» Choqué, José Gonzalez, actuel représentant CGT du personnel de l’usine de Fumel. «Réflexion, intelligence, il était redoutable. C’était une de ces cheminées de haut-fourneau qu’on n’oublie pas.» Des drapeaux de la CGT sont en berne depuis hier soir devant les grilles. Une journée de deuil pourrait être respectée le jour des obsèques d’Ignace Garay décédé hier.

Pendant plus de 30 ans, il a été l’ouvrier des luttes dans le Fumélois et il était encore sur les marches du palais de justice d’Agen en mai pour soutenir le combat juridique d’anciens salariés de «Pontam’», Pont-à-Mousson, le nom de l’usine, puis de la Sadefa, puis de Fumel D. En 2003, il l’était encore là, à battre le pavé pour permettre la reprise, par ses salariés, de l’entreprise métallurgique.

«Un sacré militant, il a tenu la boîte à lui tout seul pendant des années» se souvient Marc Maisonnave, ancien secrétaire général de la CGT. La «boîte» c’était ce navire que Garay Ignace défendait car il croyait à l’avenir industriel sur les bords du Lot. L’homme dérangeait les politiques, les préfets successifs et n’hésitait pas à interpeller un député Cahuzac devenu président de la commission des finances de l’Assemblée nationale.

Un «syndicaliste forcené» en dit aussi Daniel Borie, maire de Saint-Vite, ancien métallo comme «Ignace». Ancien joueur aussi, il se souvient des matches au Caoulet à Colayrac.

Le poing levé

Ignace Garay, c’était aussi celui qui levait un poing espagnol et républicain avant le coup d’envoi, avec l’équipe. Un «défenseur infatigable et déterminé des salariés et d’une certaine idée de la justice sociale (…) Son charisme et sa générosité lui ont toujours valu un respect unanime, y compris de la part de ses adversaires.» C’est ainsi qu’en parle le président PS du conseil général Pierre Camani.

Ses camarades d’usine et de syndicat, du Nouveau Parti anticapitaliste aussi sont restés muets, se souvenant sans doute des moments passés avec ce bretteur, qui n’hésitait pas à affronter ses adversaires comme il n’avait pas hésité un instant à défier les dirigeants de la Sadefa qui sombrait dans les petits arrangements entre amis. Hier matin, il était encore avec un autre NPA, Jules Bambaggi.

C’est l’image que laissera ce pan de l’histoire syndicale du Fumélois, de Lot-et-Garonne et d’Aquitaine. Hier, vers 15 heures, Ignace Garay, 63 ans, n’a pas survécu à ses blessures à l’issue d’une collision frontale à Montayral, sur une route départementale de ce bassin fumélois qu’il connaissait par cœur. Le choc a eu lieu entre l’ancienne usine Orgex et le carrefour de Perricard, dans une légère courbe qui ne peut expliquer à elle seule la violence de la collision.

Voici un poème d’Ignace :

Un siècle passé de travail et de crise,
Un siècle passé de sueur et de fer,
Un siècle passé comme au temps des cerises,
Un siècle passé à l’ombre de Prévert.

Mur gris le long de l’avenue,
Mur gris de cette usine,
Mur gris des espoirs déçus,
Mur gris de poussière et de ruines,

Entrer, sortir des milliers de fois
… et revenir.
Entrer, sortir des milliers de fois
… et repartir.

Relève pesante du matin,
Les outils, le chef, les consignes,
Et le regard de mes copains,
Et ce besoin de rester dignes.

Peuple du Sud, du Nord mêlés,
Portugais de Mirandela,
Russes blancs et polonais,
Rouges et noirs venant d’Espagne,
Garibaldiens de Romagne,
Arabes et sénégalais
et des français de la campagne.

La coulée d’acier dans nos veines,
La fonte grise et la douleur,
La lutte, la joie, la grève,
La résistance dans nos coeurs.

Ignace Garay

juillet 9th, 2014 | by Gilles Sonderegger
Portraits troublants: Marisol TOURAINE, ministre socialiste française de la santé, imposée sur la fortune…

à Méditer
0

NOUS VOICI DEVANT UNE « GUEULE D’ANGE », comprendre, devant une personne dont le charme, le sourire, le charisme, l’air sympathique,  bref le délit de « bonne gueule » font illusion: Marisol TOURAINE est notre actuelle ministre de la santé, pour la 2ème fois puisqu’elle l’était déjà dans le gouvernement Ayrault. Ancienne élève de l’École normale supérieure de jeunes filles et agrégée de sciences économiques et sociales, elle est membre du Conseil d’État où elle a été nommée en 1991 par François Mitterrand. Elle a également étudié à Sciences Po Paris et à Harvard. Nous sommes donc bien en présence non pas d’une spécialiste de la médecine ou de la pharmacologie, mais bel et bien d’une experte de la finance.

Qu’est ce qui m’a poussé à gratter un peu plus loin et à chercher ce que cette « gueule d’ange » pouvait bien avoir à cacher?

L’actualité, tout simplement, et plus précisément la fermeture du service pédiatrique oncologique de la Doctoresse Nicole DELEPINE à l’hôpital de Garches. Qu’a donc fait de si mal le service de la Doctoresse DELEPINE ? RIEN. Par contre, ce service a fait quelque chose de BIEN, et est le seul de France à l’avoir fait: adapter les soins au cas par cas à l’enfant malade, et utiliser des médicament et des thérapies ayant fait leurs preuves depuis les années 1870/ 80. Ainsi, le service d’oncologie pédiatrique de l’hôpital de Garches a pu éviter l’amputation et assurer la guérison à une forte proportion de ses patients, contrairement aux services équivalents des autres hôpitaux de France.

Selon toute logique, un tel service n’aurait non seulement pas du être fermé, mais aurait surtout être DEVELO=PPE et agrandit, pour donner plus de chances à un maximum d’enfants atteints d’un cancer osseux d’éviter l’amputation, voir d’être directement dirigés vers les soins paliatifs, antichambres de la mort programmée.

Le fond du traitement de ce service, est l’utilisation de médicaments américains mis au points il y a plus de 30 ans, et ayant permis des résultats spectaculairement positifs. Ces médicaments sont aujourd’hui tombés « dans le domaine public », à savoir que des génériques peuvent être fabriqués n’importe ou et par n’importe quelle entreprise de médicaments, à des prix 10 fois inférieurs, puisque qu’il n’y a plus besoin d’acquérir et donc d’amortir des licences pour ce faire.

Un silence médiatique assourdissant (à part une émission lundi sur Arte) et une impitoyabilité sans précédents des forces de l’ordre soumises au ministère de l’intérieur, malgré des engagements des gouvernements précédents ceux de Hollande, assurant la pérennité de ce service même après le départ à la retraite de la doctoresse DELEPINE (ce 18 juillet 2014), m’ont donc incité à comprendre un peu mieux le « pourquoi » de cette décision inepte.

Marisol TOURAINE n’est pas médecin et n’a jamais suivi de formation médicale d’aucune sorte. Par contre, son  oncle René TOURAINE a été un précurseur des essaie thérapeutiques en Europe (comprendre: utiliser les patients comme cobayes, souvent au détriment de médicaments existants et fonctionnant), et sa mère travaillait elle aussi dans la recherche. Ainsi, notre ministre de la santé est plus une ministre du business que de la santé, et semble très impliquée dans le n°1 européen de l’industrie pharmaceutique: Sanofi-Aventis. Son frère est quant à lui endocrinologue à la « Pitié-Salpétrière ».

http://www.leparisien.fr/toulouse-31000/marisol-touraine-sanofi-ne-doit-pas-quitter-toulouse-04-04-2013-2697323.php

Je vous propose un autre lien beaucoup plus amusant, qui entretient le « flou »…vous comprendrez pourquoi en cliquant dessus:

( TRÈS INSTRUCTIF, recherchez sur google le document PDF suivant…: EDC836F6-1066-4495-A760-6680287D3FDD.pdf )

 Un autre lien vous montrera plus clairement les liaisons dangereuses entretenues entre le gouvernement et Sanofi-Aventis:http://mobile.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-lobbying-de-sanofi-s-intensifie-124852

Certains médias n’hésitent pas à qualifier Marisol TOURAINE de « Machine de guerre déguisée en Saint-Thérèse »:http://www.grand-pressigny.com/marisol-touraine-portrait-demmanuel-ratier/

Enfin, voici 2 liens qui vous permettra de vous faire une conviction intime de la moralité de Sanofi-Aventis:http://www.viva.presse.fr/sanofi-aventis-condamne-pour-avoir-tire-sur-les-generiques-167492http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Actualite/Hepatite-B-Le-vaccin-en-proces-97770

Lettre ouverte à Marisol TOURAINE: il semble clair que cette femme charmante ne fasse pas l’unanimité dans le monde de la médecine…:http://www.sylviesimonrevelations.com/article-lettre-ouverte-a-la-ministre-de-la-sante-marisol-touraine-111940294.html

Marisol TOURAINE, TOUT ET SON CONTRAIRE !

Voici donc une ministre qui s’engage dans une politique visant à réduire la facture sociale (facture, pas fracture…), et qui très paradoxalement exige la fermeture d’un service utilisant des thérapies peu coûteuses, et la prise en charge des enfants malades par les hôpitaux pratiquant les essais thérapeutiques ( offrir gratuitement des cobayes aux frais de la sécurité sociale, aux laboratoire en quête désespérée de nouveaux brevet en or) http://www.pharmaceutiques.com/archive/une/art_1481.html

CONCLUSION: Pour ceux qui savent lire entre les lignes des faits divers, il y a fort à parier que Marisol TOURAINE devienne dès la fin de son mandat de ministre, administrateur de Sanofi-Aventis. J’en prends le pari ! Encore deux mots sur notre si charmante ministre de la santé: ELLE EST SOUMISE A L’IMPÔT SUR LA FORTUNE, ET EST MEMBRE DU « SIÈCLE » ainsi que de la « French American Fondation » (FAF), club ayant une réputation encore plus sulfureuse que le Bilderberg. En attendant sa nomination, il est particulièrement important de veiller au respect de la « Déclaration du droit des enfants », incluant le droit à l’accès aux soins (et non pas aux essais thérapeutiques systématiques !). IL FAUDRA DONC TOUS VEILLER A LA PÉRENNITÉ DU SERVICE PÉDIATRIQUE ONCOLOGIQUE DE GARCHE, seule alternative aux essais thérapeutiques. Il faudra aussi veiller à ce que la menace de fermeture de centres de recherches SANOFI-AVENTIS ne cache pas l’ouverture de centres équivalents en Inde, Afrique ou Madagascar, ou les être humains sont considérés comme des insectes.

Déclaration des Droits de l’Enfant du 20 Novembre 1959 – Texte intégral

Gilles SONDEREGGER


Chant composé pour la manifestation des personnels de santé de l’hôpital de Creil et des usagers qui apportaient leur soutien à leur lutte face à une direction qui ne veut les entendre. sur l’air du chant des partisans…

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Ami, entends-tu les cris sourds de l’hôpital qu’on enchaîne ?

Ohé, partisans, personnels et soignants, c’est l’alarme.

Ce soir la direction entendra la force des cris et des larmes.

Montez des ateliers, descendez des services, camarades !

Sortez des services les malades, les seringues et les brancards.

Ohé, les décideurs du fond de votre bureau changez vite !

Ohé, directeur, attention à ton bureau : dynamite…

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.

Le doute à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.

Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.

Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on sue, on galère…

Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.

Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.

Demain de l’écoute, de l’espoir, abolira tous nos doutes.

Chantez, compagnons, solidaire et tous ensembles coûte que coûte…

Ami, entends-tu ces cris sourds de l’hôpital qu’on enchaîne ?

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh

Ce chant peut être reproduit partout où les luttes s’engagent contre la réforme et les casses des hôpitaux publics

Frédéric Schaeffer / Journaliste |

La Cour des comptes prône la suppression de 30.000 postes par an, en ciblant davantage les hôpitaux et les collectivités. Elle estime que cette mesure devrait s’accompagner d’une augmentation de la durée du travail et des salaires.

Revenir sur la promesse présidentielle d’une stabilité globale du nombre de fonctionnaires sur le quinquennat. L’exécutif y avait sérieusement songé dans le cadre de la préparation de son plan de 50 milliards d’économies pour 2015-2017, avant d’y renoncer dans la dernière ligne droite. Dans son rapport annuel sur les finances publiques publié ce mardi matin (voir document ci-dessous), la Cour des comptes a, elle, décidé de remettre le sujet sur la table : doutant fortement de la capacité de la France à tenir ses objectifs de déficit , elle suggère sans détour au gouvernement de ne pas se priver du levier de la baisse des effectifs dans la fonction publique (Etat, collectivité locale, hospitalière). Une telle baisse « est porteuse d’économies importantes et durables », souligne Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes.

Supprimer un peu plus de 10.000 postes par an

Pour les magistrats de la rue Cambon, cela ne fait aucun doute : pour maîtriser la masse salariale publique (23 % de la dépense publique), les mesures d’économies décidées jusqu’à présent ne suffiront pas. Le maintien du gel du point d’indice des fonctionnaires jusqu’en 2017 est certes un «impératif », mais une mesure « insuffisante » au vu des objectifs d’économies planifiés. Quant aux mesures catégorielles pour les fonctionnaires d’Etat, elles ont déjà été réduites de moitié depuis 2012 et peuvent « difficilement » l’être beaucoup plus.

Dans le champ de l’Etat, les magistrats préconisent donc de poursuivre la baisse des effectifs dans les ministères « non prioritaires » (Défense, Bercy, etc.) et de geler les embauches dans les ministères « prioritaires » (Education, Justice, Intérieur). Ce qui reviendrait à supprimer un peu plus de 10.000 postes par an. Avec à la clef, une économie de 450 millions d’euros par an. L’an passé, la Cour des comptes avait déjà critiqué l’engagement présidentiel de 60.000 créations de postes dans l’éducation.

« L’Etat a déjà consenti beaucoup plus d’effort que les autres administrations publiques », admet tout de même Didier Migaud (150.000 postes ont été supprimé entre 2007 et 2012). C’est donc aux effectifs des collectivités locales et des hôpitaux que les magistrats préconisent de s’attaquer le plus fortement. Ils recommandent de ne pas y remplacer un fonctionnaire sur trois partant à la retraite. De quoi économiser 400 millions d’euros supplémentaires.

Au total, cela reviendrait à réduire le nombre de fonctionnaires d’environ 30.000 postes par an (soit 0,5 % des effectifs totaux). « L’effort globalement réalisé serait équivalent à celui porté par le seul Etat entre 2008 et 2012 [lors de la RGPP de Nicolas Sarkozy, NDLR] mais il serait partagé cette fois avec l’ensemble des administrations publiques », plaide la Cour.

Une hausse de la durée effective du travail

Cette dernière juge ces réductions possibles sans dégrader le service public à condition, autre proposition choc, de les accompagner d’une hausse de la durée effective du travail. « La durée réelle du travail ne correspond pas toujours à la durée légale », estime Didier Migaud, qui appelle à dresser « sans délai un état de lieux » en la matière. Les évolutions pourraient prendre des formes diverses : «  alignement de la durée effective sur la durée légale, réduction du nombre de jours d’absence (par exemple en rétablissant la journée de carence en cas de maladie), éventuellement augmentation de la durée légale ».

La Cour estime qu’une augmentation du temps de travail effectif de 1 % (soit la suppression de 2 jours de congés) générerait une économie de 700 millions. « Un allongement du temps de travail permettrait probablement aussi de dégager des économies à travers la baisse du nombre d’heures supplémentaires effectuées ou le moindre rachat de jours de congés épargnés ».

Pour la Cour, ces économies sont d’autant plus incontournables qu’il faut retrouver des marges de manoeuvre salariales « pour conserver une fonction publique attractive ».

En savoir plus sur http://patrimoine.lesechos.fr/patrimoine/retraite/0203572122037-fonctionnaires-les-remedes-choc-de-la-cour-des-comptes-1013881.php?DZix0gpVcrPey7tT.99

eventopompeia2014didatico

En ce début de la coupe du monde de football au Brésil, des heurts ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre. Ces accrochages se sont produits à São Paulo, non loin du stade où avait lieu la cérémonie d’ouverture ainsi que le premier match entre le Brésil et la Croatie. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Une journaliste présente sur place a été blessée. Plusieurs militants ont également été interpellés.

La grève des travailleurs du métro a défrayé la chronique en menaçant de paralyser la ville pour la cérémonie d’ouverture, l’assemblée générale a décidé de ne pas reprendre le 12 juin, mais n’exclu pas de poursuivre avant le 13 juillet.

Une petite victoire est passée inaperçue dans les média, la FIFA a été obligée de rémunérer les 13.000 volontaires de la coupe. Cette décision fera sûrement jurisprudence pour les autres coupes du monde. En prime, les volontaires se partageront 6,6 millions d’euros pour préjudice moral.

L’Etat brésilien généralise la militarisation du pays. Les « Unités de Police Pacificatrice » aux méthodes paramilitaires terrorisent la population des favelas. Le gouvernement soutient une « loi anti-terrorisme » qui, aux yeux d’Amnesty International, « met à mal la liberté d’expression et le droit de réunion ». Il veut légaliser l’arrestation des syndicalistes et des animateurs-trices des mouvements sociaux qui résistent ; l’interdiction même des grèves est envisagée… 170000 agents de sécurité mobilisés dont 57 000 militaires

Amnesty International dénonce aussi « l’utilisation excessive de la force par la police lors des manifestations, l’occupation de favelas par des forces militaires et de police, un mépris total envers les droits humains lors des expulsions opérées pour les chantiers de la Coupe du monde et des J.O. ».
Pour défendre les intérêts économiques de tous les investisseurs privés qui ont misé gros sur la Coupe du monde, le gouvernement brésilien bafoue les libertés fondamentales, syndicales et politiques. Triste manière de rappeler les 50 ans de l’instauration de la dictature militaire (1964/1985) au Brésil !

Voici un rappel du contexte :

Brésil : Sorry Seleção !

Le 12 juin, contre la Croatie, l’équipe de foot du Brésil ouvrira à São Paulo une Coupe du monde à 10 milliards d’euros marquée par de nombreuses polémiques. L’un des tournois sportifs les plus suivis du monde est en train de se faire dans la douleur, au rythme de controverses successives et surtout dans le contexte d’un réveil politique de la jeunesse brésilienne contre les conséquences des mégas évènements prévus au Brésil (Coupe et J.O.)
Un réveil inattendu
En juin 2013, des millions de brésiliens sont descendus dans la rue à l’appel du mouvement “Passe livre” (liberté de circulation) contre l’augmentation de 20 centavos du prix du bus et pour les transports gratuits. Ce réveil spontané a surpris les puissants mouvements sociaux brésiliens qui perdaient de plus en plus d’influence du fait de l’illusion de croissance économique redistributive que partageaient jusque-là les brésiliens .
Il y a quelques mois, les professeurs de l’État de Rio ont mené une lutte très dure et victorieuse malgré une répression très violente. Autre énorme surprise au Brésil, la Coupe des confédérations a été fortement perturbée par les manifestants, le pays du foot serait-il en train de basculer ? A l’approche de la coupe du monde les observateurs s’affolent : selon un sondage publié début avril, seulement 48 % des Brésiliens seraient favorables à la tenue du Mondial dans leur pays, contre près de 80 % en 2008, lorsque le Brésil venait d’être désigné par la FIFA.
Au cœur du problème réside le sentiment que le gouvernement brésilien a privilégié la construction de stades et la rénovation d’aéroports au détriment des programmes sociaux (éducation, santé, transports, etc) . À elle seule, la facture des stades s’élèverait à huit milliards de réaux brésiliens (près de 2.6 milliards d’euros), soit des dépenses quatre fois supérieures à ce qu’on avait estimé en 2007. « Nous souhaiterions voir les mêmes investissements dans les hôpitaux, les écoles ou le logement que dans les stades », explique dans O Globo un membre du mouvement Não Vai Ter Copa (il n’y aura pas de Coupe), installé à Rio de Janeiro, qui critique les méthodes du gouvernement fédéral et de la FIFA.
Autour de la “Copa”, de graves bouleversements
Renato Cinco, conseiller municipal d’opposition, membre du parti du Socialisme et des Libertés à Rio a déclaré dans le journal O Globo : « La coupe du monde et les jeux olympiques ont été utilisés pour favoriser les entreprises qui travaillent dans la construction des stades (…) Il s’agit d’argent public, de l’argent du peuple brésilien qui est dépensé pour un évènement qui va seulement profiter à certains groupes d’entrepreneurs« . Le déplacement de familles pauvres a été extrêmement durement vécu par la population, 170.000 personnes sont concernées, certaines familles ont été déplacées à plus de 50 kms de leur travail. Des incendies suspects dans les favelas ont eu lieu exactement à l’endroit où des projets de “super hôtel” étaient prévus. Aussi, le processus de “pacification” des favelas est devenu à certains endroits un processus d’extermination pure et simple des dealers avec son lot de bavure et notamment la mort du danseur et DJ de la favela Pavao-Pavaozinho, Douglas Rafael da Silva, meurtre policier qui a embrasé la favela en avril dernier. A ceci s’ajoute le prix de l’immobilier qui explose ! La situation est plus que tendue.
Les accidents mortels sur les chantiers de construction ont alimenté l’indignation populaire. Le 8 mai 2014, le Brésil a enregistré sa huitième victime sur les chantiers du Mondial, lorsqu’un technicien de 32 ans est mort électrocuté alors qu’il travaillait à l’installation d’un réseau de télécommunications à l’aréna Pantanal, à Cuiabá, capitale de l’État du Mato Grosso. L’aréna Corinthians, à São Paulo, a été le théâtre de deux accidents majeurs, qui ont coûté la vie à trois ouvriers.
D’innombrables mobilisations naissantes et à venir
À quatre kilomètres de l’aréna Corinthians, où s’ouvrira la compétition, le Mouvement des sans-terre (MST) avec le mouvement des sans toit viennent d’installer un camp regroupant plus de 2 500 familles sur un terrain abandonné. Surnommé «la Coupe du monde du peuple», le campement a pour objectif de «démontrer que les investissements de la Coupe du monde ne répondent pas aux demandes de ceux qui sont le plus dans le besoin». À quelques semaines du Mondial, le ton est donné.
A l’approche du jour de l’ouverture les mobilisations populaires explosent. Les grèves éclatent comme le pop-corn que va ingurgiter la planète entière. La semaine dernière plusieurs manifestations se sont croisées, celles des conducteurs de bus, des profs de l’université, des conducteurs de métro en même temps qu’une nouvelle marche contre le Mondial.
Je sens que nous sommes dans un moment crucial pour porter notre plateforme de revendication dans tous les espaces possibles. Quand va commencer la Coupe, les négociations risquent de stopper” explique Jussara Basso, coordinatrice du mouvement des sans toit.
Elle poursuit : “il n’est pas sûr que nous vivions une répétition du formidable mouvement de mobilisation de juin 2013 mais les brésiliens ont acquis un niveau de conscience supérieur et les luttes pour les droits fondamentaux fleurissent partout alors que nous n’y croyions plus
Tout porte à croire que les protestations vont continuer car beaucoup de travailleurs n’ont plus peur. La liste est innombrable des secteurs en lutte et le paysage politique va considérablement changer au Brésil à quelques mois des futures élections présidentielles.
Enjeux
Un représentant des indignés grecs au Forum Social Thématique de Porto Alegre 2012 disait : «Attention à vous, le coup d’envoi de la crise économique grecque a bel et bien été l’endettement pour financement des J.O d’Athènes en 2004» Les brésiliens ont aujourd’hui bien conscience des problématiques à venir : Que vont devenir les milliers d’ouvriers du bâtiment après la Copa et les J.O. ? Quelle sera l’ampleur de la dette ? Que va-t-on faire ensuite des stades et méga installations et hôtels ? Quelles seront les priorités de l’État Brésilien ?
Après le réveil de type « indignados » de 2013, la mutation en mouvements sociaux plus « classique » a été rapide et peut peser durablement sur le rapport de force. Les mouvements sociaux ont su « recoller » au mouvement indigné et proposer des formes d’actions efficaces notamment contre la répression.
Enfin, le niveau de conscience s’étant considérablement élever au Brésil avec un fort niveau d’analyse des discours officiels, notamment, concernant les chiffrages des projets, les mouvements sociaux pensent que le vote de la Présidentielle (obligatoire au Brésil) se fera avec plus de discernement que précédemment.
Pour finir en chanson, voici le refrain du dernier tube brésilien : Je jure que je ne vais pas vous supporter, Sorry Seleção ! Je suis brésilienne, je veux un nouveau Brésil… Sorry Seleção !

Julien Terrié – Syndicaliste. Auteur du documentaire « Comuna » sur une occupation urbaine liée aux expulsions dues aux grands travaux a Fortaleza. http://vimeo.com/m/21040885