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« Tout nouveau, tout neuf »… pas pour les soignants… | La CGT pour un Hôpital humain, d'accès universel et 100% public

« Tout nouveau, tout neuf »… pas pour les soignants…

Depuis le 10 juin 2014, un mouvement de grève perturbe l’activité des blocs opératoires du tout nouvel hôpital Pierre-Paul Riquet (PPR) à Toulouse, dont l’emménagement s’est achevé il y a un mois. Arrêt de la polyvalence à outrance, plus de temps et d’effectifs, réoganisation du fonctionnement des blocs sont parmi les principaux motifs de revendications.

« Des conditions de travail fortement dégradées »

La polyvalence à outrance et sans formation appropriée est dénoncée par les personnels des blocs qui se disent épuisés et en danger.

Tout beau tout neuf, le nouvel hôpital toulousain Pierre-Paul Riquet, construit sur le site pavillonnaire de Purpan mais qui accueille aussi des personnels de l’hôpital Rangueil, est actuellement au cœur d’un conflit social qui vient perturber le travail au sein des 25 salles d’opérations que compte l’établissement. À ce jour, 147 opérations ont ainsi dû être déprogrammées. Le préavis de grève déposé par le syndicat CGT du CHU le 10 juin invoque des conditions de travail fortement dégradées pour les personnels des blocs opératoires de l’hôpital PPR, soit une centaine d’infirmières (IDE + Ibode) et près de 80 aides-soignantes.

La polyvalence excessive dénoncée

L’arrêt de la polyvalence à outrance est l’une des principales revendications des personnels en grève. En effet, depuis l’arrivée des équipes sur ce nouveau site, l’hyperpolyvalence est désormais de mise avec la dissolution de l’équipe bloc d’urgence auparavant dédiée. Mais après un mois de fonctionnement, la mutualisation des équipes (neurochir, traumato-orthopédie, digestif, ophtalmo…) sur les blocs d’urgences n’est pas sans poser problème, les personnels se sentant en insécurité professionnelle faute de maîtriser tous les matériels et les spécificités propres à chaque spécialité. Seules 5 IDE sur 15 ont bénéficié de stages d’immersion 3 jours par ci. Dès la semaine d’ouverture nous n’étions pas dans notre spécialité précise une IDE du bloc chirurgie maxillo-faciale. Lorsqu’on est sur le bloc ophtalmo, on ne connaît pas le nom du matériel, on ne sait pas non plus où sont rangés les boîtes, le matériel (…), renchérit l’une de ses collègues. Au lieu de 2 IDE par salle, il n’y en aura plus qu’une seule [une panseuse – NDLR] pour certaines interventions, explique Julien Terrié, représentant syndical CGT.  Or les personnels ne veulent pas d’intervention sans instrumentiste et les chirurgiens sont du même avis ajoute une IDE.

Plus de temps, plus de personnel exigés

Les personnels en grève exigent aussi d’avoir plus de temps « pour se réorganiser » et plus de personnels. Sur ce dernier point, la direction n’entend rien lâcher, arguant que ces questions ne relèvent pas de problèmes de sous-effectifs, ceux des blocs de l’hôpital PPR étant supérieurs aux recommandations de l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap).

Hôpital Pierre Paul Riquet Toulouse

Opérationnel depuis quelques semaines, l’hôpital Pierre-Paul Riquet est désormais dans une phase d’évaluation et d’amélioration des dispositifs mise en place.

Des difficultés organisationnelles et logistiques aussi…

La mauvaise organisation des locaux est aussi dénoncée. Avec pas moins de 85 000 m2, le bâtiment est grand, très grand, et contraint les personnels à marcher beaucoup et à arpenter des couloirs interminables. Ainsi, entre la réserve, le bloc d’urgences (au milieu) et l’accueil des patients, il faut parcourir près de 300 m… ce qui peut potentiellement engendrer des défauts de surveillance le temps par exemple que l’IDE soit partie chercher du matériel à la réserve, explique le représentant syndical. Malgré des préconisations suite à une expertise réalisée en amont par le CHSCT, rien n’a été pris en compte poursuit le syndicaliste. D’ores et déjà, certains personnels ont adopté la trotinette, histoire d’accélérer le mouvement !

Des ajustements en cours et à venir

Dans un communiqué du 10 juin, la direction du CHU ne conteste pas que des difficultés organisationnelles ont été identifiées inhérentes à la mise en service de ce nouvel établissement. Elle rappelle aussi qu’après un déménagement qui s’est passé dans de très bonnes conditions, elle a clairement exprimé par écrit à l’ensemble des équipes sa volonté d’accompagner les professionnels du CHU pour prendre en main ce bâtiment et mettre en place les nouvelles organisations. Concernant la mutualisation des personnels, cette dernière a ainsi récemment proposé un nouveau scénario afin de constituer une équipe d’urgences qui arrive à fonctionner pour améliorer les conditions de travail et assurer la sécurité des patients. S’agissant des problèmes de logistique, la direction du CHU entend bien notamment réajuster l’organisation des réserves et améliorer les circuits. Par ailleurs, les personnels sont invités à participer à des réunions de travail pour trouver des solutions sur nos heures de repos en heures sup précise une IDE en grève. Une période de rodage et de stabilisation devrait s’étaler jusqu’à la fin de l’année pour mettre en œuvre les ajustements nécessaires.

L’hôpital PPR en quelques chiffres

  • L’hôpital PPR est doté d’une capacité d’hospitalisation de 600 lits et places et de 900 consultations par jour.
  • Près de 2000 personnels y exercent.
  • Il compte trois pôles cliniques (céphalique, neurosciences et institut locomoteur) ainsi qu’une unité pédiatrique neuro-céphalique et un plateau technique (blocs opératoires, réanimation, imagerie).
  • Les premiers patients ont été accueillis début avril 2014.

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