Hôpital Riquet : blocs en grève, opérations reportées


 

Les infirmières des blocs opératoires de l'hôpital Pierre-Paul Riquet ont manifesté hier midi./DDM Thierry Bordas
Les infirmières des blocs opératoires de l’hôpital Pierre-Paul Riquet ont manifesté hier midi./DDM Thierry Bordas

Le personnel des blocs opératoires du nouvel hôpital Pierre-Paul Riquet s’est mis en grève hier. Les infirmières dénoncent des conditions de travail «insoutenables». Il a fallu déprogrammer 40 % des opérations.

En grève, épuisé, en colère. Le personnel des blocs opératoires de l’hôpital Pierre-Paul Riquet (nouveau bâtiment du CHU à Purpan) vient de démarrer un mouvement très suivi. Selon la direction du CHU (centre hospitalier universitaire) de Toulouse, sur les 125 agents qui devaient travailler hier dans les blocs, 90 étaient en grève, soit une mobilisation de 72 %. «Le droit de grève est un droit absolu, nous ne pouvons pas assigner tout le monde. Nous avons dû déprogrammer 40 % des opérations, près de dix salles sur vingt-cinq n’ont pas fonctionné. C’est beaucoup », concède Éric Dupeyron, directeur général adjoint du CHU.

«Patients laissés seuls »

Au front, les infirmières. Dans l’immense hôpital, qui fonctionne à pleine capacité depuis un mois, la mutualisation des moyens ne prend pas dans les blocs opératoires. «Le bloc reste un monde à part. Il faut plusieurs mois, parfois un an pour y être opérationnelle selon la spécialité. Dans la nouvelle organisation de Pierre-Paul Riquet, on nous demande d’intervenir dans différents blocs, dans six spécialités différentes… Et nous n’avons pas été formées pour ça. Dans la même journée, on peut se retrouver dans trois lieux différents. Nous travaillons comme dans un moulin, nous ne sommes rattachées à rien, nous passons notre temps à chercher le matériel, nous ne savons pas qui doit le ranger, qui doit passer les commandes…» témoigne une infirmière de bloc. «Et, au bout, il y a le patient ! Certains sont parfois laissés seuls pendant plusieurs heures. Le secteur des blocs est tellement gigantesque qu’on ne peut pas être à leurs côtés.», regrette une autre. «Nous multiplions les kilomètres dans les couloirs, c’est vrai, c’est dur, mais ça, c’est moins important que la sécurité des patients ! » s’emporte une gréviste. « Pour la direction, le déménagement est terminé. Pas pour nous. On ne nous a pas laissées le temps de prendre nos marques et de nous installer, on travaille encore dans les cartons », ajoute une collègue qui réclame de l’effectif qualifié pour chaque bloc et du personnel détaché pour terminer l’installation dans le bâtiment. «J’aime mon métier mais est-ce que je vais pouvoir tenir comme ça ? Nous n’en pouvons plus, nous pleurons à tour de rôle, alors pas question de lâcher ! »


Repères

Le chiffre : 25

salles >d’opérations. L’hôpital Pierre-Paul Riquet compte 25 salles d’opérations associant plusieurs spécialités : chirurgie orthopédique et traumatologique, neurochirurgie, ophtalmologie, chirurgie maxillo-faciale, ORL, l’imagerie interventionnelle et les urgences.

«On nous demande la polyvalence mais sans formation. Il faut un an pour être opérationnelle dans un bloc. C’est comme si on demandait à un jardinier de faire des piqûres».

Une infirmière de bloc


«Préoccupée », la direction du chu lance une concertation

Alors qu’une partie des grévistes a envahi hier la réunion du conseil de surveillance du CHU, la direction de l’hôpital s’est montrée préoccupée par la situation. «Une réorganisation aussi importante que l’installation dans un nouveau bâtiment ne se fait pas du jour au lendemain, nous le savions. Mais nous ne nous attendions pas à de telles difficultés aux blocs. Le niveau de polyvalence demandé était trop élevé, on arrête là. Médecins et chirurgiens se réunissent pour définir le niveau de polyvalence approprié. Un autre groupe se charge des questions liées à l’installation. L’activité a redémarré très vite à Pierre-Paul Riquet et on a demandé au personnel de fonctionner dans ce bâtiment comme s’il y était depuis des années. On comprend leur stress et on cherche le bon positionnement » déclare Éric Dupeyron, directeur général adjoint du CHU.

Emmanuelle Rey

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