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Conflit aux Hôpitaux de Saint-Maurice (Val-de-Marne) contre un projet de gel de postes | La CGT pour un Hôpital humain, d'accès universel et 100% public

Conflit aux Hôpitaux de Saint-Maurice (Val-de-Marne) contre un projet de gel de postes

Hôpitaux-Saint-Maurice2-300x200SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 21 juin 2013 (APM) – Un conflit social s’est développé aux Hôpitaux de Saint-Maurice, marqué vendredi par l’occupation de la salle du conseil de surveillance et des actions hostiles vis-à-vis de l’équipe de direction, a-t-on appris de sources concordantes.

Les syndicats SUD santé et CGT avaient appelé les personnels à la grève vendredi pour protester contre la décision de la direction de l’établissement de geler une cinquantaine de postes afin de réaliser des économies en 2013.

Cet appel avait été lancé à l’occasion d’une réunion du conseil de surveillance de l’établissement pour examiner le projet d’état des prévisions de recettes et de dépenses (EPRD).

Dans un communiqué commun diffusé dans la journée, les syndicats indiquent que « 300 » agents ont répondu à leur appel à la grève vendredi et « se sont invités » dans la salle du conseil de surveillance « pour expliquer les conséquences de la suppression annoncée de 50 postes » et demander « le retrait » du plan.

« Le directeur, suivi des autres membres du conseil, a quitté la salle et le conseil ne s’est pas tenu », relatent les syndicats.

Ils ajoutent que les personnels, dont des cadres et des médecins, se sont ensuite rassemblés devant le pavillon Berthoumeau où se trouve le bureau du directeur.

Ils affirment que le directeur est resté « enfermé dans son bureau » et a « refusé » de les recevoir.

Contacté par l’APM vendredi en fin de journée, le directeur, Denis Fréchou, explique que le conseil de surveillance avait accepté de recevoir une délégation d’une dizaine de représentants du personnel mais que cette possibilité a été refusée et que la salle a été envahie par « 150 à 200 personnes », dont des personnes qui ne faisaient pas partie de l’établissement.

Il a indiqué que des agents avaient ensuite pénétré dans les bureaux de la direction avec des tambours et des trompettes, empêchant les directeurs de travailler jusqu’à 15 heures, heure à laquelle les manifestants ont quitté les lieux.

Denis Fréchou a affirmé que lui-même et les trois directrices adjointes qui l’accompagnaient ont été empêchés de sortir de son bureau jusqu’à cette heure, qu’on leur a crié des « insanités », que du café a été « jeté » et que les murs ont été salis.

« Nous en sommes presque venus aux mains (…). Est-ce que cela se justifie? », demande Denis Fréchou.

« A chaque fois qu’il y a un problème social, des gens se comportent comme des voyous ». Il y a un « minimum de respect à avoir », dénonce-t-il.

Sur le fond, il confirme qu’il a prévu de geler entre 50 et 60 emplois sur un effectif de 2.500 agents, afin de limiter le déficit prévu pour 2013.

Sans mesures d’économies, le déficit prévisionnel de l’établissement s’établit à « un peu moins de 3 millions d’euros ». Le gel des postes le réduirait d’environ la moitié.

Cela conduira à revenir aux effectifs de 2011, observe le directeur.

Il explique que le budget qui est alloué à son établissement ne lui permet pas de faire face à la hausse des dépenses (+2,6% environ), liée en particulier à l’application de mesures décidées au niveau national, tandis que les recettes n’augmenteront que de 0,8%.

Il précise que dans son établissement, des budgets de pôle sont négociés avec les chefs de pôle. « Ce sont eux qui décident la façon dont ils l’utilisent », souligne le directeur.

Sur les 15 pôles que compte l’établissement, cinq sont déficitaires et doivent prendre des mesures d’économies, précise-t-il.

Denis Fréchou, qui préside par ailleurs la conférence nationale des directeurs de centre hospitalier, souligne que de nombreux hôpitaux sont cette année dans une situation financière difficile du fait des réductions de budget et des mesures nationales qu’il faut appliquer mais qui sont « coûteuses ».

S’inquiétant d’une dégradation du climat social, il rappelle que les directeurs sont des fonctionnaires et non des patrons « du CAC 40 ».

SUD DEMENT LES INSULTES

Contactée par la suite, une représentante du syndicat SUD a démenti que des insultes aient été proférées et évoqué plutôt des « slogans » et des « quolibets ».

« Si quelqu’un voulait sortir du bureau du directeur, il le pouvait tout à fait », a-t-elle également assuré.

La responsable syndicale a annoncé que la grève était reconduite pour lundi et qu’une nouvelle assemblée générale se tiendrait lundi à 13h30.

« Nous savons qu’il y a une politique de rigueur nationale mais nous ne sommes pas d’accord avec les choix décidés », indique-t-elle en proposant pour sa part de réduire le nombre de postes de directeurs au sein de l’établissement.

Jeudi, lors de journées organisées par le Syncass-CFDT, plusieurs directeurs se sont inquiétés de cas de blocage du dialogue social dans les établissements hospitaliers, note-t-on (cf APM EHQFL001).

san/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com

SNQFL005 21/06/2013 19:22 ACTU

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