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Notre lettre à l’ARS

Objet : Dysfonctionnements et mobilisation des personnels du CHU de Toulouse

M. le Directeur de l’ARS,

Plusieurs services du CHU de Toulouse se trouvent en situation très difficiles et leurs personnels mobilisés souhaitent vous en faire part. Nous sollicitons votre attention par ce courrier ainsi qu’une rencontre dans des délais brefs pour pouvoir vous transmettre les pièces prouvant tous les éléments de ce courrier et trouver des solutions.

Brancardage Hôpital des Enfants.
Les agents de brancardage de l’hôpital des enfants sont en grève depuis le 1er juin 2012. L’événement déclencheur fut malheureusement la tentative de suicide sur le lieu de travail d’un agent de ce service. L’analyse des risques de la médecine du travail a mis en évidence des risques psychosociaux et des risques de TMS très importants (indice 140 sur le Document Unique) et le travail en binôme sur les courses le nécessitant a été préconisé (ce qui ne se pratiquait pas dans ce service, le travail s’est toujours effectué à un seul brancardier depuis l’ouverture du service). Il faut des moyens supplémentaires pour que les effectifs donnent la possibilité à ces agents de travailler en binôme. Il en va de la sécurité des agents et des enfants du service. Ce service est un service reconnu qui fonctionnait bien et commence à dysfonctionner. Les solutions revendiquées par les agents sont adaptées à la situation.

UTO – Néphrologie Rangueil
Regroupement des services de néphrologie : si le rapprochement des équipes médicales de même spécialité peut faire consensus, l’improvisation et la précipitation qui ont présidé à cette restructuration n’ont pas été acceptables : restructuration menée sans concertation des personnels, information «de dernière minute». Les deux services d’hospitalisation traditionnelle ont été découpés en une unité d’hospitalisation traditionnelle et une unité d’hospitalisation de semaine. Le personnel prévu pour le fonctionnement était d’emblée insuffisant, l’intervention de la CGT avec les personnels en CHSCT a permis d’obtenir un renfort en personnel de jour et de nuit. Pour autant, tous les problèmes sont loin d’être résolus à ce jour.

Regroupement des services d’urologie : même scénario avec en plus fermetures de lits ! Le malaise induit par l’épisode déstructuration/restructuration interroge les personnels sur la lourde responsabilité qu’ils supportent et sur les efforts démesurés qu’ils doivent fournir pour assumer les conséquences de telles décisions. Là aussi, il a fallu intervenir avec les personnels.

Situation de la dialyse chronique. Quelques maternités non remplacées, un manque d’anticipation du pôle, un blocage du recrutement par la Direction Générale, une diminution du nombre d’AS, des modifications des fiches de postes, un changement des machines, tous les ingrédients sont réunis pour aboutir à un épuisement des équipes. Après un droit d’alerte et un déblocage des recrutements, les personnels «tout formés» ne pouvant pas sortir par magie du chapeau, 6 patients ont été transférés dans le secteur privé.

transformation de l’UTO1 en SOINS CONTINUS UTO/NEPHRO : 18 lits de Soins Continus, 1 équipe motivés, des plannings inacceptables, qui s’ils semblent respecter a priori les recommandations pour la prise en charge des patients, ne respectent pas le code de la Fonction Publique Hospitalière concernant les conditions de travail du personnel (2 WE/3 travaillés). Le personnel s’est inscrit dans une mobilisation dans un mouvement gréviste pour faire valoir ses droits et la sécurité des patients.

restructurations : elles se traduisent toujours par une fermeture de lits, une intensification du travail en raison de l’augmentation de la charge de travail (réduction de la durée moyenne de séjour, augmentation du nombre de patients pris en charge, multiplication des tâches…), le transfert de charge sur les autres unités ou services du Pôle, à effectif constant ou revalorisé a minima. Peut-on encore s’étonner que les personnels soient épuisés, découragés et inquiets devant l’augmentation du risque d’erreur imputable à ces conditions de travail ?

Bio-nettoyage :
Les différents secteurs du bionettoyage du CHU sont en difficulté depuis de nombreux mois : des non-renouvellements des contrats, une intensification du travail, un absentéisme important du à beaucoup de postes aménagés non …aménagés et à l’épuisement ou à des accidents de travail. Nous observons un fonctionnement à flux tendu qui n’arrange pas la situation… Malgré quelques remplacements de fin de CDD, le compte n’y est pas… Nous avons analysé en CHSCT (confirmé par deux méthodes de calcul : OAT et TST) qu’il manquait environ 56 ETP sur le seul pôle 33 (prestataires spécialisés). Avec les personnels, nous sommes inquiets pour le fonctionnement de la période d’été. N’oublions pas que depuis plusieurs années les personnels se retrouvent avec des reliquats d’heure non-prises. Le projet bionettoyage en cours prévoit une extension de la privatisation. Nous mettons en garde sur les missions qui ne seraient pas ou mal assurées. Il est capital que la notion de bionettoyage fasse partie intégrante du soin. Ce secteur est un maillon indispensable dans la prévention du risque nosocomial.

Post –Urgence – Gériatrique.
Le service de Post-Urgence Gériatrique a été ouvert à Purpan en juillet 2004 suite au « plan canicule ». Il a une capacité de 20 patients avec de multiples pathologies avec parfois des soins palliatifs alors que ce service n’est pas prévu pour ce type de prise en charge. Il accueille près d’un millier de patient à l’année.
Le personnel a décidé d’un mouvement de grève à partir du 12 juillet 2012 suite à des absences non remplacées (maternité et longue maladie), une augmentation des besoins au regard de l’augmentation de la population toulousaine. Un travail effectué a des cadences effrénées dont les conséquences sont un binôme infirmière aide soignante impossible et une équipe épuisée.
Le personnel revendique : le remplacement des absences, la création d’un poste infirmier pour les soins palliatifs. Le respect de l’obligation générale de l’employeur concernant la sécurité des agents et des patients. Le respect des périodes de repos réglementaires. Pour les infirmières, la possibilité de planifier les congés d’été comme convenu dans l’accord local du CHU.
Il est inadmissible que le CHU de Toulouse ne mettent pas tout en œuvre pour prévenir un éventuel épisode de canicule !

Hôpital Garonne
Nous constatons un déficit en personnel Infirmier et Aide Soignant et Agent de Service Hospitalier non compensé très important qui porte atteinte gravement à la santé des travailleurs de ce service et qui fait prendre des risques aux patients en terme de qualité des soins et de surveillance.

En 2010, une expertise sur les conditions de travail a été faite sur l’hôpital Garonne par le Cabinet SECAFI (Ce rapport a été transmis en main propre à Mme Agnès Marie-Egyptienne en sa qualité de directrice générale du cabinet du secrétariat d’état à la santé lors d’un de ses passages à Toulouse, en présence d’un représentant de l’ARS Midi-Pyrénées). Des préconisations pour résoudre les dysfonctionnements ont été produites (http://cgtchutoulouse.fr/wp-content/uploads/2011/04/tableau-synthèse-des-recommandations.pdf).

La direction du pôle et de l’établissement n’a pas mis en place ces recommandations malgré nos demandes répétées.

Beaucoup de patients poly-pathologiques sont accueillis à Garonne et l’effectif n’est pas suffisant pour soigner et prendre soin correctement de ces patients. La situation est aujourd’hui très dangereuse avec un nombre d’arrêt maladie de personnel critique compensé ou non et de nouveaux arrêts à craindre dans la situation actuelle.

Nous sommes très inquiets concernant les conditions sanitaires des personnels et des patients de l’Hôpital Garonne. D’autant que pendant dix jours cet été, les IDE de Garonne se retrouveront seules de nuit pour 60 patients dont 20 lits Alzheimer, parfois l’IDE pourra être un intérimaire.

Halte Santé – Lagrave
Après l’installation, il y a un an, de la Halte-Santé, sur l’hôpital La Grave, son équipe traverse aujourd’hui des difficultés majeures de fonctionnement. En effet, l’un des deux postes de travailleurs sociaux n’est pas remplacé début septembre 2011. Cet état de fait, du à un financement insuffisant de la part des tutelles (MIG), a plusieurs conséquences : – des problèmes de sécurité pour le personnel, du à une présence insuffisante sur le service : certains agents peuvent se retrouver seuls à gérer des situations de violence. – des problèmes dans la prise en charge des patients et de la gestion du quotidien : manque de temps pour accueillir les nouveaux résidents, pour réaliser les liaisons avec les partenaires, disponibilité réduite pour des temps d’écoute, impossibilité de réaliser des accompagnements nécessitant une médiation… – une difficulté à assurer les missions secondaires de type accès à la culture, animations… – une souffrance au travail : sentiment de travailler dans l’urgence avec une charge de travail accrue, dans le stress… De plus, le poste d’assistant socio-éducatif n’est pas remplacé lors de ses congés d’été, RTT, et formation. En conséquence, l’équipe de la Halte-Santé revendique la mise à niveau nécessaire des effectifs pour pouvoir fonctionner correctement avec des budgets à la hauteur des services dus aux usagers.

Jean ESCARTIN
Secrétaire Général CGT du CHU de Toulouse

Julien TERRIE
Secrétaire Général adjoint CGT du CHU de Toulouse

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