La grande misère de la dépendance


Les délégués syndicaux CGT ont appelé le personnel de gériatrie à une grève illimitée./ Photo DDM, Thierry Bordassource : la dépêche du midi
Les délégués syndicaux CGT ont appelé le personnel de gériatrie à une grève illimitée./ Photo DDM, Thierry Bordas

Les unités de gériatrie de Casselardit et de l’hôpital Garonne, qui dépendent du CHU Purpan, se mettent en grève pour dénoncer le manque de moyens et de personnels.

Où est passé le grand plan sur la dépendance annoncé par Nicolas Sarkozy comme le dernier grand chantier de son quinquennat ? Certainement pas à l’hôpital public toulousain.

Les deux unités de gériatrie du CHU de Purpan viennent de se lancer dans une grève illimitée pour dénoncer l’absence de moyens et surtout le manque cruel de personnels. À l’hôpital Garonne, comme au centre de Casselardit, les effectifs, aides-soignants ou infirmiers, sont au bout du rouleau. « Ce sont des états d’épuisement et de souffrance qui s’accumulent, explique Julien Terrié, le secrétaire du syndicat CGT Purpan-Plaine. Nous ne sommes pas assez et en plus les absences maladies ou autres ne sont pas compensées. On se retrouve avec des infirmières qui font double service et le recours à des intérimaires. Avec en bout de chaîne, des patients qui sont livrés à eux-mêmes ».

Il y a deux ans déjà qu’un audit interne avait mis en lumière ces dysfonctionnements. « Mais le rapport n’a jamais été pris en compte, regrette Julien Terrié. L’hôpital nous explique qu’il est en déficit et qu’on ne peut pas faire autrement ». Résultat, pour le seul hôpital Garonne, il manque 300 000 euros dans le budget et cinq lits sur une vingtaine ont déjà été fermés à Casselardit. Valérie Pons -Prètre, la directrice du pôle gériatrie, reconnaît les difficultés, mais pour elle, il ne s’agit pas de sous-effectifs, mais d’abord « d’une crise de l’absentéisme » chez les infirmiers et infirmières. « Nous avons des difficultés pour les remplacer, avec des malades de plus en plus lourds, souligne-t-elle. Le ratio employés-patients est bon. Et nous sommes à 0,6 personnel- soignant pour un malade, un taux supérieur à la moyenne nationale ». Les syndicalistes demandent eux un débat de fond pour sortir de ce cercle infernal dans un secteur pourtant « stratégique » au regard du vieillissement de la population. « L’unité de Casselardit fait justement de la prévention de la dépendance, pour permettre aux personnes âgées, victimes par exemple d’accidents domestiques de rester autonomes et de rentrer vivre chez elles, insiste Julien Terrié ».

À Casselardit, le mouvement de grève a commencé mardi, l’hôpital Garonne rentrera lui dans le mouvement aujourd’hui. Le service minimum étant évidemment assuré. Les grévistes participeront cet après-midi au Capitole au Parvis des Revendications organisé par le syndicat CGT. Avec l’espoir d’être enfin entendus. Valérie Pons-Prètre se veut rassurante : « Nous avons des pistes, nous allons en sortir », promet-elle.

Le chiffre : 160

lits > Gériatrie. C’est le nombre de lits réservés aux personnes âgées à l’hôpital Purpan : 140 à l’hôpital Garonne, 20 à l’unité de Casselardit pour un effectif identique de 160 agents hospitaliers au total.

« Ce sont des états d’épuisement et de souffrance qui s’accumulent. Nous ne sommes pas assez et les absences ne sont pas compensées».

Julien Terrié, secrétaire du syndicat CGT Purpan Plaine

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